L’ancien joueur des Alouettes de Montréal Matthieu Proulx n’est pas tombé en bas de sa chaise en apprenant que le maraudeur Marc-Antoine Dequoy avait opté pour la retraite.
De passage dans les studios du 5 à 7, notre collègue a pu revivre un moment marquant qu’il a partagé avec l’athlète.
Marc-Antoine Dequoy est devenu une personnalité publique instantanée dans les minutes qui ont suivi la conquête de la coupe Grey par les Alouettes face aux Blue Bombers de Winnipeg lors de l’édition 2023, qui a été présenté à Hamilton. Tout le Québec se souvient de son cri du cœur pour dénoncer la quasi-inexistence du français en marge de l’événement en répondant aux questions de Matthieu Proulx sur la pelouse synthétique du Tim Hortons Field.
« Quel moment épique et certainement que ça va rester dans les annales du sport. C’était incroyable », a décrit Matthieu Proulx en voyant à nouveau la vidéo de l’entrevue.
« Ça l’a propulsé. Il m’avait dit qu’il ne savait pas ce qu’il allait dire et finalement, il avait quelque chose à dire. Son message a été entendu. Je dois lui lever mon chapeau parce qu’il a été tout un ambassadeur et le visage québécois de cette organisation. Ce message lancé à la LCF a été reçu parce que lors de la dernière coupe Grey, c’était 50-50 pour la langue. »
Cette visibilité devrait l’aider à épouser une deuxième carrière. Matthieu Proulx croit que les portes du monde des médias s’ouvriront devant lui. « Ça l’a propulsé dans sa notoriété et je pense que ça va lui donner un coup de main pour sa prochaine carrière. »
Pour en revenir à la décision de Dequoy d’accrocher ses crampons, Matthieu Proulx a expliqué que de toute évidence, le joueur défensif ne voulait pas jouer ailleurs qu’à Montréal où il aurait eu la saison prochaine à faire face à une compétition importante pour conserver son poste de partant.
« Je ne suis pas nécessairement surpris en raison de la longueur des discussions. Je sais qu’il y a eu une offre de contrat avant Noël. Il hésitait parce qu’il voulait jouer à Montréal, mais il était probablement déchiré à savoir s’il continuait dans ces conditions avec son corps qui a beaucoup subi au fil des années ou s’il prenait sa retraite. »
C’est une grosse page qui se tourne chez les Alouettes, lui qui a été le visage de l’équipe au cours des dernières années. Compte tenu de son âge, c’était une possibilité qui était plausible d’envisager. « J’imaginais que c’était une possibilité pour lui d’arrêter. Il a quand même 31 ans et en termes de football, ça commence à être vieux. »
Le marché des joueurs autonomes s’ouvre le 10 février, mais les formations de la LCF ont déjà l’opportunité de proposer des contrats aux joueurs. Selon Matthieu Proulx, Dequoy a été sollicité par quelques formations. « Il aurait eu des offres d’autres formations durant la période de maraudage d’une semaine. Il y avait de l’intérêt, mais il n’avait pas vraiment d’intérêt d’aller jouer ailleurs. Il est un Alouette pur et dur. C’est tatoué sur son cœur. »
La décision de Dequoy n’a pas été prise à la légère. Matthieu Proulx, qui est passé par là à l’âge de 29 ans, est convaincu que Dequoy était tenaillé par plusieurs questions et tiraillé à l’idée de trancher. « C’est très difficile d’arrêter. Est-ce que je continue ou je décide d’arrêter? Il y a peu de gens qui s’arrêtent au sommet. C’est souvent le football qui dicte à quel moment tu vas arrêter de jouer. Je crois que Danny Maciocia a été très transparent avec lui en lui présentant la situation. De son propre aveu, il n’a pas joué son meilleur football la saison dernière. On le sentait peut-être plus timide avec les contacts et il faisait moins de gros jeux. Je pense qu’il avait une vision assez lucide de ce qui s’amenait devant lui. »
La réalité du sport étant ce qu’elle est, le poste de Dequoy n’était pas assuré pour l’an prochain. Il aurait dû livrer bataille pour s’assurer d’obtenir le temps de jeu qu’il estimait être en droit de réclamer. Les Alouettes ont annoncé la mise sous contrat de Jonathan Sutherland, le repêchage l’an dernier de Nate Beauchemin par le club, qui mise aussi sur Arthur Hamlin sont tous des options à la même position. « C’est le constat triste qu’il devait avoir à se battre pour sa place. Je ne pense pas qu’il soit amer parce qu’un contrat lui a été offert immédiatement après les joueurs que l’on disait prioritaires. »
Dequoy rencontrera les médias en avant-midi mardi pour expliquer ses motivations.





