MONTRÉAL – Samuel Montembeault n’a aucune idée de l’endroit où il poursuivra sa carrière, mais peu importe où il portera les jambières l’an prochain, sa priorité sera de démontrer que la saison qui vient de se conclure était pour lui l’exception et non la règle.
Montembeault portait le poids de lourdes attentes – les siennes et celles des autres – pour cette saison 2025-2026. L’année précédente, il avait pulvérisé ses sommets personnels dans un paquet de catégories statistiques. Soixante-deux départs, 31 victoires, quatre jeux blancs, une moyenne de buts alloués de 2,82.
Lui-même, lors du bilan de fin de saison du Canadien, a ajouté à cette liste son « cinquième rang » pour les « Goals Saved Above Expected », une donnée qui exprime le nombre de buts qu’un gardien a « sauvés » à son équipe comparativement à la quantité qu’il aurait dû accorder. En 2024-2025, le site Money Puck estimait que les performances de Montembeault avaient permis au Canadien de concéder 24,6 buts de moins que le prévoyait son modèle.
Ce rendement lui avait permis d’entrer dans l’environnement de Hockey Canada à la Confrontation des 4 nation. Son but était de cimenter ce statut en vue des Jeux olympiques de Milan-Cortina.
Avec beaucoup de transparence, Montembeault a reconnu lundi que dans ce contexte, il s’en était probablement trop mis sur les épaules.
« Peut-être que je ne suis pas arrivé avec le bon mindset. Peut-être que je me mettais un petit peu trop de pression en arrivant, et quand ça s’est mis à mal aller, je suis vraiment tombé beaucoup trop dans ma tête. En tant que gardien de but, je pense que c’est la pire chose que tu peux faire. Après ça, j’arrivais dans les matchs, évidemment que mes habiletés ne sortaient pas parce que je pensais beaucoup trop. »
« Je n’entrais pas dans les matchs en sachant que je pouvais arrêter la rondelle et faire la différence. J’allais plus là en pensant qu’il ne fallait pas que je me fasse scorer, a illustré le gardien québécois. Quand tu t’en vas dans les matchs comme ça, c’est sûr que tu ne peux pas t’attendre à ce que ça aille bien. »
Les choses ont effectivement pris une mauvaise tangente très tôt pour Montembeault. Dans quatre de ses cinq départs au mois d’octobre, il a affiché un taux d’efficacité inférieur à ,900. Après un mois de novembre pas plus reluisant, ses sorties ont été plus espacées, tellement qu’à la mi-décembre, ses patrons l’ont envoyé joueur deux matchs dans la Ligue américaine à des fins de conditionnement.
Il a démontré des signes encourageants à son retour. Il a pensé qu’il avait peut-être réussi à laisser ses ennuis derrière, mais ça n’a pas duré.
« Quand je suis revenu, j’ai eu une bonne séquence de quatre ou cinq matchs où ça avait super bien été. Après, j’ai eu deux moins bons matchs. Là, j’ai peut-être recommencé à penser à ça. »
« J’ai eu des bons matchs ici et là, mais comparativement aux trois années précédentes, je n’ai pas été capable d’aller chercher la constance. Je dirais même la constance dans un même match. J’ai l’impression que je pouvais bien jouer pendant disons 54, 55 minutes, mais il y avait un trois ou quatre minutes où je perdais le focus. »
« Ce n’est pas une saison à mettre aux poubelles »
Montembeault a révélé avoir fait appel aux services d’un psychologue sportif « à partir de Noël ». L’arrivée en janvier de l’entraîneur des gardiens Marco Marciano, un collaborateur de longue date, l’a aussi aidé à concentrer ses efforts aux bons endroits.
Néanmoins, au retour d’un voyage en Californie au cours duquel il avait connu une sortie laborieuse à Anaheim, il a reçu l’heure juste pendant une conversation avec Kent Hughes. Le directeur général lui a annoncé qu’il s’apprêtait à rappeler Jacob Fowler du club-école. Le glas était sonné sur sa saison.
« J’ai vraiment apprécié qu’il me mette au courant avant que le rappel de Jacob soit annoncé. Il m’a donné l’exemple de Jeremy Swayman, qui n’a pas joué du très bon hockey l’an dernier mais qui est revenu pour être finaliste au trophée Vézina. Il m’a dit que ça n’allait peut-être pas comme je l’aurais souhaité cette année, mais que je n’aurais pas un si bon contrat si je ne l’avais pas mérité dans le passé. »
Dès lors, Montembeault a commencé à « tourner la page ». En gardant une jambière dans le présent, il a commencé à préparer la suite, notamment en mettant les bouchées doubles en gymnase. « Comme je n’ai pas rejoué, c’est comme si mon entraînement estival était déjà commencé », a comparé l’athlète de 29 ans. Hughes a dit lundi que le gardien était dans la meilleure forme de sa vie.
« C’est beaucoup d’apprentissage à faire cette année. Même si c’est une mauvaise saison côté statistique et côté hockey, ce n’est pas une saison à mettre aux poubelles directement. Il y a beaucoup d’apprentissage à faire. Il faut apprendre et revenir plus fort l’année prochaine. »
Mais revenir où? À différentes versions de cette question, l’homme masqué de Bécancour s’est contenté de répondre que la décision ne lui revenait pas. Son contrat, qui est accompagné d’un poids de 3,15 M$ sur la masse salariale de son équipe, prendra fin à l’été 2027.
Si le Canadien n’est plus intéressé à le garder dans ses livres, il trouvera sans doute une équipe qui y verra une aubaine.





