LAVAL — Il n’est pas toujours facile d’être si près et à la fois si loin d’un objectif, mais les attaquants Florian Xhekaj et Owen Beck ainsi que le défenseur Adam Engström ont l’impression d’avoir tiré le maximum de leur passage au camp du Canadien de Montréal.
Les chances de percer la formation du Tricolore pour l’ouverture de la saison 2025-26 étaient assurément très minces, mais jusqu’à samedi soir, tous les espoirs étaient permis.
Devant des milliers de partisans au Centre Bell, les trois joueurs ont tenté une dernière fois de forcer la main de la direction du Canadien, mais ils ont connu leur sort le lendemain. Malgré de vaillants efforts, c’est le Rocket de Laval et la Ligue américaine de hockey qui les attendaient.
On ne peut pas dire que les trois jeunots de 21 ans ont été sous le choc d’apprendre la nouvelle, mais on ne peut également pas dire qu’ils étaient rongés par la déception lorsqu’ils ont repris l’entraînement avec leurs coéquipiers, mardi, au Complexe sportif Guimond.
Tour à tour, Engström, Beck et Xhekaj ont reconnu qu’ils devaient encore en apprendre beaucoup avant de faire leur place dans la LNH, mais qu’ils étaient sur la bonne voie.
« J’ai l’impression d’avoir eu un bon camp et j’y ai mis tous les efforts, a mentionné Beck. Pour rester dans la LNH, tu dois simplement trouver de la constance dans ton jeu et d’avoir un impact lors de chaque présence. Je vais travailler là-dessus cette saison. »
« C’est le plus loin que je me suis rendu dans un camp professionnel. Il y a eu du positif et (la direction) a dit beaucoup de bonnes choses à mon sujet, a noté Xhekaj. Il y a beaucoup de bons joueurs et tout le monde se bat pour une place. Je dois garder la tête haute, continuer à travailler et mon tour viendra. »
La bonne nouvelle pour eux, c’est qu’ils seront de retour dans un environnement qu’ils connaissent bien, et avec des entraîneurs qui les considèrent comme des rouages importants du Rocket.
On peut donc s’attendre à ce que leur deuxième campagne dans la Ligue américaine soit encore plus satisfaisante que leur première.
Beck avait mené les recrues du club-école du Canadien au chapitre des points (44), Xhekaj avait terminé au troisième rang des recrues de la ligue pour les buts (24) et Engström s’est hissé dans le top-10 de plusieurs catégories offensives du circuit pour un défenseur de première année.
« J’en connais un peu plus sur la ligue maintenant et je sais à quoi m’attendre. Je suis prêt pour la saison et pour tout ce qui peut se passer, a affirmé Engström. J’ai hâte que notre saison commence. Je veux simplement aller sur la patinoire et jouer au meilleur de mes habiletés. »
Voyant déjà devant lui une équipe talentueuse et hargneuse, qui cherchera à défendre sa conquête du trophée Macgregor Kilpatrick, l’entraîneur-chef Pascal Vincent est devenu plus riche de trois joueurs d’impact et il ne s’en plaindra pas.
Vincent a aimé leur jeu pendant les matchs préparatoires du Bleu-blanc-rouge, mais il est conscient de ce qu’ils auront à accomplir pour rester dans la LNH.
« Tout est dans les détails, dans les petites choses, a-t-il soutenu. Je pense que c’est de trouver ta propre identité et d’être un peu différent. Si tu joues le même style qu’un joueur qui est déjà dans la formation du Canadien, tu dois trouver une façon d’amener quelque chose de différent. La pression est forte à Montréal, mais il y en a aussi à Laval. Il y a plusieurs petits facteurs comme ça. »
Le Rocket lancera sa saison vendredi, contre le Moose au Manitoba. Les deux équipes croiseront le fer à nouveau dimanche.
Fowler au sommet de la pyramide?
À travers tous les mouvements de joueurs, le camp du jeune gardien Jacob Fowler avec le Tricolore et son club-école est légèrement passé sous le radar. Pourtant, il semble que c’est lui qui agira à titre de gardien numéro un des Lavallois en début de saison.
Après avoir terminé son passage universitaire à Boston College, l’Américain de 20 ans a rejoint le Rocket en avril. Il a pu disputer quelques matchs éliminatoires pendant le parcours de l’équipe jusqu’en finale de l’Association Est et il s’est plutôt bien tiré d’affaire.
Considéré comme l’un des plus beaux espoirs de la LNH devant le filet, Fowler espère maintenant profiter de cette expérience pour bien progresser chez les professionnels.
« C’est bien parce que j’ai déjà écarté certaines premières et j’ai acquis un peu de confiance d’avoir joué à ce niveau lors de la dernière saison, a-t-il expliqué. Le simple fait de m’entraîner avec les gars ici, ça me rend meilleur et je pense que ça va engendrer un départ plus en douceur plutôt que de se faire envoyer abruptement dans la mêlée. Je tente simplement de maintenir mon éthique de travail et mon niveau de compétition élevé. »
Fowler fera équipe devant le filet avec le vétéran Kaapo Kahkonen, qui avait brillé avec les Checkers de Charlotte pour éliminer le Rocket, au printemps dernier. Le Finlandais de 29 ans possède une expérience de 140 matchs dans la LNH et il devrait être le premier rappelé à Montréal s’il y a une blessure à Samuel Montembeault ou Jakub Dobes.
Vincent a indiqué qu’il n’y avait pas encore de plan établi en ce qui concerne l’utilisation de Fowler cette saison, mais il s’attend à ce que les deux gardiens se poussent à se dépasser.
« Je pense que les deux, ensemble, peuvent créer une belle chimie et s’entraider, a dit l’entraîneur-chef. Souvent, ce n’est pas nécessairement qui apprend plus de l’autre. Ça nous donne l’occasion d’avoir deux bons gardiens. Quand tu as un jeune gardien, ce n’est pas toujours de lui rendre service de l’utiliser trop souvent. Nous allons gérer le nombre de matchs et l’énergie de Fowler et nous allons travailler avec Kahkonen parce que les deux veulent jouer. Je pense que nous sommes dans une bonne position avec eux. »






