MONTRÉAL – Le deuil de certains partisans du Rocket de Laval était déjà amorcé.
Xavier Simoneau, leur petit guerrier de Saint-André-Avellin, allait devoir se trouver un nouveau champ de bataille.
C'est le sort qui, à première vue, attendait l'infatigable attaquant après n'avoir pu obtenir d'offre qualificative de la part du Canadien. Quatre ans après avoir été une sélection de 6e tour du club montréalais (191e) en 2021, Simoneau est devenu joueur autonome le 1er juillet dernier.
« Mon agent avait parlé avec l'organisation et on s'attendait à ça », confiait-il mercredi au RDS.ca.
« Il y a tellement de jeunes qui arrivent, en plus de ceux qui sont déjà là, et ils ont une limite de contrats à donner. Ils voulaient me garder dans l'organisation, mais peut-être pas sur un contrat de la Ligue nationale à deux volets. »
Un contrat valide que pour la Ligue américaine. Voilà ce que le Tricolore était disposé à lui offrir.
Malgré des pourparlers avec quelques camps ennemis, la réflexion de Simoneau ne s'est pas étirée. D'abord parce qu'il avait son mariage à célébrer samedi dernier, mais aussi parce que dans les circonstances, l'offre était trop belle pour la rejeter.
C'est ainsi qu'à la veille de prononcer ses vœux pour sa douce, Simoneau a d'abord dit oui au Rocket et à sa proposition d'une saison.
« C'est sûr que c'était un stress de plus. Quand c'est devenu officiel, officiel, on était vraiment contents », se réjouit-il de l'annonce faite dans les heures précédant la cérémonie.
« Pour moi, c'est loin d'être un mauvais contrat. Au contraire, je suis vraiment reconnaissant. »
La petite peste 5 pi 7 po et 178 lb a en effet plus d'une bonne raison de l'être. Avant toute chose, il reste à la maison. Sa conjointe, enseignante au primaire dans une école de Laval, pourra ainsi y poursuivre sa carrière.
« Je ne sais pas pour les années futures, mais pour l'année qui s'en vient, c'était la meilleure décision pour nous, c'est sûr. »
En restant dans le jardin arrière du Canadien, Simoneau continuera aussi d'y cultiver son souhait le plus cher.
« Quand tu joues au hockey et qu'un jour tu n'as plus de rêve, plus d'ambition, je pense que tu n'es plus à la bonne place. Mon rêve, c'est encore de jouer dans la LNH. Je veux forcer l'organisation dans les années futures à me donner un contrat de la LNH. Ça c'est certain. »
L'entonnoir
Simoneau est cependant réaliste. S'il est de retour à Laval, c'est pour épauler la relève. Lui montrer la voie, à sa façon.
« Je comprends mon rôle. Je suis un jeune vétéran, même si je n'ai que 24 ans. J'aime ça donner l'exemple, être un bon coéquipier. C'est tout ce que je peux apprendre aux jeunes. C'est sûr que je suis là pour ces raisons. »
Ça, et se sacrifier. Toujours.
Si la dernière campagne l'a quelque peu épargné sur le plan des blessures comparativement aux précédentes, l'attaquant qui ne recule jamais devant plus grand que lui n'a pu livrer bataille jusqu'à la toute fin.
Alors que le Rocket était en proie au balayage face aux Checkers de Charlotte en finale de l'Association de l'Est, Simoneau n'était plus en état de contribuer. Déchirure à un muscle de l'épaule droite, des problèmes à l'aine, un inconfort au bassin...
« J'étais assez magané », confirme-t-il aujourd'hui. « Rendu à la fin, mon corps n'était plus capable de suivre. C'est pour ça que je n'ai pu jouer le dernier match, à contrecœur. »
Après une discussion avec le personnel médical au terme de la campagne, Simoneau a décidé de renforcer son épaule droite pendant la saison morte plutôt que d'opter pour l'opération. Un scénario qui semblait pourtant comme le plus probable après l'élimination de l'équipe au début juin.
« C'est une grosse opération. On a fait une grosse run en séries et ça m'aurait amené vers un retour au jeu qu'en février. Ce sont des choses qui entrent en ligne de compte. »
Simoneau affirme aujourd'hui que « tous les bobos sont guéris » et dit se sentir à « 100 % physiquement ». Si bien qu'au prochain camp d'entraînement, il sera prêt à reprendre son rôle. Un mandat qu'il a vite appris à « adorer » l'an dernier à sa troisième saison chez le Rocket.
« Lors de mes deux premières années, je jouais sur l'avantage numérique. Mais cette année, on avait une grosse équipe. [L'entraîneur-chef] Pascal Vincent m'a rencontré et a mis cartes sur table. J'allais avoir un rôle plus défensif. J'ai souvent joué contre les meilleurs trios adverses et j'étais rendu sur le désavantage numérique », expose celui qui a récolté 5 buts et 16 passes en 58 matchs, tout en affichant un différentiel de plus-11.
« Quand tu arrives à un niveau comme ça, tous les gars ont déjà joué sur le powerplay dans le passé et ont amassé beaucoup de points », rappelle celui qui a inscrit 38 et 37 points à sa fiche lors de ses deux premières années professionnelles.
« Plus tu chemines chez les pros, plus l'entonnoir se resserre. J'ai compris que si je voulais avoir une carrière professionnelle de longue durée, c'était ça mon rôle maintenant. »
Et il l'assume pleinement.
« Je ne suis pas un gars qui chiale ben, ben. J'arrive à l'aréna, j'ai du fun et je souris. Je fais ma job. »





