MONTRÉAL – À l'aube de l'ouverture du marché des joueurs autonomes, Tobie Paquette-Bisson avait quelques options sur la table. Et un « deal » avec sa conjointe à respecter.
L'Europe, avec un enfant âgé d'à peine un mois, ce ne serait pas pour maintenant, avait convenu le couple nouvellement marié.
Le Lightning de Tampa Bay lui offrait bien un autre pacte d'une saison à deux volets après une campagne passée exclusivement dans la Ligue américaine, et d'autres formations le courtisaient aussi, mais rien ne lui apparaissait aussi tentant qu'un autre séjour chez le Rocket de Laval.
Un troisième (!) après ceux de 2020 à 2022 et de 2023-2024.
Advenant que le vétéran défenseur Tyler Wotherspoon n'accepte pas le contrat que le club-école du Canadien lui offrait, celui-ci serait proposé à Paquette-Bisson, lui a-t-on fait comprendre.
« Quand l'offre est venue, je me suis assis avec ma femme. Ça faisait quelques jours qu'on en parlait. Avec le bébé et tout ça, c'était un no-brainer pour nous autres. »
C'est ainsi que l'arrière de 28 ans originaire de Rosemère a signé le 1er juillet dernier une entente d'une saison valide que pour la Ligue américaine. Un an à peine après avoir pourtant affirmé à la conclusion de son deuxième mandat à la Place Bell qu'il « serait un peu bâtard de revenir une autre fois » s'il quittait à nouveau.
« C'était une tactique de négociation » nuançait-il mardi en entretien avec le RDS.ca. « J'ai toujours adoré Laval et je voulais rester, mais ça niaisait un peu. Je voulais un contrat de la LNH pour avoir ma chance. C'est pour ça que je suis parti. »
Paquette-Bisson n'a finalement pas goûté à la LNH avec le Lightning. Ennuyé par des problèmes au dos dès son arrivée au camp d'entraînement à Tampa, le Québécois n'a pu se faire justice, lui qui peinait même à marcher tellement il avait d'inflammation dans la région du bassin.
« J'ai quand même fait le camp et on dirait que parce que je n'ai pas pris ce temps-là pour m'en remettre, je me suis battu contre mon corps toute l'année. »
À la période des fêtes, Paquette-Bisson a finalement abdiqué et été retiré de la formation du club-école, le Crunch de Syracuse, afin de prendre du repos et recevoir des injections dans le dos. C'est ce qui lui a permis de compléter la saison avec 59 matchs du calendrier régulier à sa fiche, et trois autres en séries.
« Quand tu joues quelque part et que tu n'as pas une bonne saison, il faut parfois que tu changes d'air. J'aurais eu de la misère à retourner là-bas, même avec un contrat à deux volets », confie celui qui a récolté trois buts et 11 passes.
« En étudiant toutes les autres options, je me disais que tant qu'à aller ailleurs, aussi bien aller à la maison. On est tellement heureux ici. Ça aurait été niaiseux d'aller ailleurs. »
Paquette-Bisson est donc assuré d'une chose : la prochaine saison, il la passera dans son entièreté dans l'uniforme du Rocket, sans se demander s'il recevra enfin l'appel dont il se prépare de plus en plus à en faire le deuil.
« Depuis le début de ma carrière pro, j'ai tout le temps eu de bons contrats de la Ligue américaine, des contrats à deux volets valides pour la LNH, mais j'étais tout le temps après chialer : "Ça fait chier, je ne suis pas call-up... Tel gars a été rappelé... Lui joue en haut..."
« Ça a quand même un impact sur ta vie personnelle, expose-t-il. C'est dur et on dirait que tu ne profites pas de tes années. Là, je reviens à Laval et je sais que j'ai un contrat de la Ligue américaine. [...] On est bien traités ici. Je suis tellement heureux. Je veux juste avoir du fun et je veux profiter de ma saison. »

Renouer avec Reinbacher
À Laval, où il a joué 152 de ses 268 matchs en carrière dans la LAH, Paquette-Bisson renouera avec la fonction de grand frère qu'il jouait en 2023-2024 au sein de la brigade défensive.
« C'est un rôle que j'ai toujours aimé et c'est celui que tout le monde s'attend que je joue. En plus, on a de bons jeunes défenseurs. J'aime ça jouer avec les jeunes. »
À l'arrivée de l'espoir David Reinbacher chez le Rocket à la fin de la campagne 2023-2024, c'est Paquette-Bisson qui avait été flanqué à la gauche du prometteur Autrichien, une position qu'il pourrait fort bien occuper à nouveau dès l'automne prochain.
« Il a beaucoup plus de confiance, observe Paquette-Bisson de celui sur qui il a gardé un œil dans la dernière année. Dans les séries, il prenait un peu plus de place et il essayait plus de jeux. C'était le fun à voir. [...] J'ai hâte de voir ce qu'il va amener cette année. »
En plus de veiller sur les Reinbacher, Adam Engström et cie, le colosse de 6 pi 3 po et 207 lb promet de plus de faire bon usage de son jeu physique. Un atout sur lequel le Rocket n'aurait sans doute pas craché durant la dernière finale de l'Association de l'Est, perdue par balayage contre les hargneux Checkers de Charlotte.
Huge hit by Tobie Paquette Bisson pic.twitter.com/XexCc0dCol
— Marc Dumont (@MarcPDumont) December 9, 2023
« La première rencontre [du Rocket] que je suis venu voir en personne, c'était le match no 1 contre Charlotte. C'était flagrant, il se faisait malmener un peu. Ils étaient solides, Charlotte. Ça faisait chier d'être dans les estrades, j'aurais aimé ça être là pour amener ce qu'il manquait un peu. »
Le retour au bercail, déjà, était écrit dans le ciel.






