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Kingsbury aime bien le scénario qui en train de s’écrire aux bosses

Publié le 

Mikaël Kingsbury (Sean Kilpatrick)

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LIVIGNO — Mikaël Kingsbury n’est pas habitué de se retrouver troisième après les qualifications en bosses, qui plus est, à plus de six points du meneur, le Japonais Ikuma Horishima. C’est pourtant ce qui s’est produit mardi, aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.

Kingsbury a récolté 79,11 points pour conclure derrière Horishima (85,42) et son compatriote Julien Viel, deuxième après une superbe descente lui ayant valu 79,56 points.

« Ce n’est pas mon meilleur, mais l’important, c’est juste de passer à l’autre ronde; ça repart à zéro après », a laissé tomber un Kingsbury qu’on a senti titillé par l’allure de la séance dans la zone mixte.

« Je suis vraiment satisfait de mon entraînement. La luminosité n’était pas la même aujourd’hui et ça m’a un peu surpris au premier saut, a-t-il poursuivi. J’étais un peu trop raide peut-être. Mais je suis content, car j’ai beaucoup sur lequel bâtir. J’ai eu 79 points en étant semi-satisfait de mes trucs. »

C’est quand on l’a questionné sur la performance d’Horishima qu’on en a su un peu plus sur son état d’esprit.

« Il a skié comme si c’était une finale. Ça ne se gagne pas aujourd’hui les Jeux olympiques, a-t-il rappelé. Il fait ce qu’il veut, mais j’aime le scénario qui est en train de s’écrire. Je le laisse devant, je lui mets le plus de pression sur les épaules et je le laisse partir dernier pour voir comment il va répondre. »

À un journaliste anglophone qui lui a demandé s’il avait été impressionné par son adversaire japonais, il a répondu de façon non équivoque.

« Not at all (pas du tout). »

Voilà qui promet pour jeudi.

Viel semblait quant à lui ravi, mais un peu surpris que son pointage ait été supérieur à celui de Kingsbury.

« Je ne suis pas certain. J’ai hâte de voir sa descente, je ne me suis pas senti super bien sur mes skis. Il y a plein d’améliorations que je peux apporter. On va travailler là-dessus dans les prochains jours.

« C’était un peu nuageux et on ne voyait pas bien sur la piste. J’ai atterri mes deux sauts sur les talons, mais j’ai bien camouflé. J’ai poussé mes mains en avant et les ai gardées ensemble. Les juges ont aimé, je suis bien content. »

Bonne journée

Les Canadiens ont connu une très bonne journée de qualifications au Parc de bosses et sauts de Livigno, alors que quatre des sept représentants de l’Unifolié ont évité le repêchage et directement accédé aux phases finales.

Outre Viel et Kingsbury, la Saskatchewanaise Maia Schwinghammer et Laurianne Desmarais-Gilbert ont pris les sixième et huitième places du tableau féminin.

Les 10 premiers athlètes à l’issue de cette première descente ont évité le repêchage, qui sera disputé avant les rondes finales, mercredi chez les dames et jeudi chez les hommes.

Schwinghammer a récolté 74,90 points, contre 74,13 pour Desmarais-Gilbert.

« C’était quand même bon; je suis contente avec cette descente, a dit Schwinghammer dans un français impeccable. Je sais que j’en ai encore beaucoup plus dans le réservoir. C’était propre; j’ai poussé où il le fallait, mais je sais que je peux repousser mes limites et repousser les limites du sport (mercredi). »

« Je me sens vraiment bien, je n’avais pas d’attente de résultats, je voulais bien skier, ce que j’ai fait, a déclaré Desmarais-Gilbert. C’est un de mes meilleurs scores de ma carrière et de pouvoir le réaliser alors que le calibre est si fort, ça me donne une bonne dose de confiance. Je suis un peu sans mot. De réaliser cette performance sur la plus grande scène au monde, c’est vraiment incroyable. »

La séance a été l’affaire de la championne olympique en titre, l’Australienne Jakara Anthony (81,65), devant les Américaines Elizabeth Lemley (80,95) et Olivia Giaccio (80,74). La double championne du monde Perrine Laffont, de la France, a pris le quatrième rang à 79,47 points.

Les trois autres bosseurs canadiens en lice n’ont pas connu une mauvaise journée pour autant.

Le Québécois Elliot Vaillancourt a obtenu 73,48 points pour conclure en 16e place. La Québécoise Ashley Koehler (70,70) est 13e chez les dames, deux rangs devant la Britanno-Colombienne Jessica Linton (69,21).

Au repêchage, le pointage inscrit en qualifications peut être utilisé si les athlètes ne sont pas en mesure d’améliorer leur sort ou sont victimes d’une chute. Les pointages engrangés par Vaillancourt, Koehler et Linton ce mardi pourraient ainsi compter pour beaucoup.

Nervosité

Pour tous les skieurs canadiens, sauf Kingsbury, il s’agissait de leur première expérience olympique. Tous, ou presque, ont admis ressentir beaucoup de nervosité.

« J’avais les jambes qui ‘shakaient’ en ti-père en haut! », a imagé Vaillancourt, premier skieur à s’élancer.

« Le bout plus difficile est que j’ai passé deux minutes et demie dans le portillon à entendre tout le monde crier en bas. C’était une discussion constante avec moi-même. Je me disais: ‘Reste en contrôle, tout va bien. C’est un privilège, pas une obligation’ », a-t-il ajouté.

« J’étais tellement stressée que j’étais juste contente d’avoir fait une descente notée. Je n’ai jamais été aussi stressée de ma vie », a noté Koehler, dont la qualification pour Milan-Cortina a été une surprise pour elle. Elle a même été frappée d’insomnie à son arrivée au Village olympique, ce qui l’a forcée à rater une séance et demie d’entraînement.

« J’aime toujours faire de la respiration pour me calmer en haut du parcours. Aujourd’hui, ç’a pris beaucoup de respirations avant d’y parvenir! » a pour sa part raconté Linton, qui a pris le temps de nous montrer son casque, où elle a écrit « I ski for Brayden », son ami le skieur acrobatique Brayden Kuroda, décédé subitement en 2020, et dont c’était le rêve de participer aux JO.

Pour Desmarais-Gilbert, c’était tout le contraire.

« J’étais très calme. (...) J’ai fait beaucoup de travail avec ma préparatrice mentale. En haut, j’étais juste calme, prête à attaquer la piste. Je sentais que j’avais ma place ici. »