En 2025, les États-Unis et le Canada se livrent une lutte acharnée au sommet du hockey féminin. Leur rivalité est constante, mais l’enjeu s’intensifie l’année précédant les Jeux olympiques d’hiver.
Les représentantes de l’Unifolié n’ont remporté qu’une seule de leurs huit confrontations contre leurs rivales de toujours, en 2025.
Les Américaines ont battu le Canada deux fois au Championnat mondial de hockey féminin, en avril, dont une en finale. Elles ont ensuite balayé les quatre matchs de la Série de la rivalité, en novembre et décembre, par la marque de 24-7.
Les deux pays ont croisé le fer lors de toutes les finales aux Jeux olympiques, à l’exception de 2006, quand la Suède a causé la surprise en éliminant les États-Unis en demi-finale.
L’attaquante canadienne Brianne Jenner, vétérane de trois finales olympiques tendues contre les États-Unis, a affirmé que ses coéquipières et elle restent en confiance de pouvoir défendre leur médaille d’or olympique aux Jeux de Milan-Cortina, en Italie, en février.
« Nous avons confiance en nous et nous croyons les unes envers les autres », a-t-elle déclaré.
La capitaine du Canada, Marie-Philip Poulin, élue joueuse de l’année en 2025 par la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG), se montre également déterminée.
« Nous savons qu’il y a du travail à faire », a-t-elle indiqué.
La Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), qui a entamé sa troisième saison en novembre, a complètement bouleversé la préparation olympique des deux pays.
Le jeu collectif, autrefois forgé par six mois d’entraînement et 20 à 30 matchs disputés ensemble, n’est plus possible pour le Canada.
« C’est simplement le nouveau paysage changeant du hockey féminin, et nous servons un peu de cobayes pour cette première collaboration entre la LPHF et l’équipe nationale, a expliqué Troy Ryan, l’entraîneur-chef du Canada. Même en 2022, année marquée par la pandémie de COVID-19, nous avons probablement disputé plus de matchs en équipe ».
Parmi les 30 joueuses invitées aux trois camps de deux semaines organisés par le Canada en septembre, octobre et novembre, avant le début de la saison régulière de la LPHF, et qui ont également participé à la Série de la rivalité, seules deux n’évoluaient pas au sein de la LPHF.
Les États-Unis comptent 21 joueuses de la LPHF parmi leurs 30 sélectionnées, et neuf de la NCAA.
L’expérience acquise avec l’équipe nationale lors des matchs et des camps, ainsi que les performances individuelles des joueuses dans la LPHF, détermineront la formation olympique canadienne de 23 joueuses, composée de trois gardiennes et 20 patineuses. L’équipe sera annoncée la semaine prochaine.
La directrice générale du Canada, Gina Kingsbury, s’est réservé le droit de sélectionner une joueuse en dehors de son groupe de 30 si l’une d’entre elles brille dans la LPHF.
« Chaque match est visionné par plusieurs entraîneurs, et des rapports sont établis afin de documenter quotidiennement nos observations sur nos athlètes, a fait savoir Kingsbury. Les performances dans la LPHF seront un indicateur important pour notre sélection des joueuses à Milan ».
L’équipe dirigeante féminine est composée de Kingsbury, de Ryan, de Cherie Piper, qui est directrice principale du développement et du recrutement des joueuses, des entraîneuses adjointes Kori Cheverie, Caroline Ouellette et Britni Smith, ainsi que Brad Kirkwood, consultant pour les gardiennes.
Les formations pour le Championnat mondial de hockey féminin sont passés de 23 à 25 joueuses en 2025, comme pour les hommes, mais il était trop tard dans le calendrier quadriennal pour que la FIHG puisse demander au Comité international olympique l’ajout de joueuses à Milan.
Compte tenu de l’intensité de la compétition entre les joueuses de la LPHF, qui s’interrompt le 28 janvier pour les Jeux olympiques, le risque de blessure est omniprésent.
Kingsbury est également directrice générale des Sceptres de Toronto, dans la LPHF, et Ryan est son entraîneur-chef.
Si les blessures représentaient un danger lorsque les joueuses se regroupaient à Calgary durant les mois qui ont mené aux précédents Jeux olympiques d’hiver, Kingsbury est plus inquiète cette fois-ci.
« J’avais l’impression que nous avions peut-être plus de contrôle, mais c’est peut-être une illusion, a-t-elle dit en riant. J’ai l’impression d’avoir moins de contrôle dans cette ligue, car il y a peut-être plus de matchs, plus d’occasions que quelque chose se produise, mais c’est un problème auquel toutes les équipes sont confrontées, pas seulement le Canada. C’est vraiment ce qui nous préoccupe le plus ».
Le Canada peut modifier sa formation jusqu’à son premier match du tournoi olympique, le 4 février, contre la Finlande.
« S’il y a des blessures après la date de sélection, au moins les joueuses qui seront ajoutées seront celles qui ont fait partie de notre groupe depuis le début », a insisté Ryan.
Les joueuses non retenues pour l’équipe olympique seront averties que leur statut pourrait changer en cas de blessure, a souligné Kingsbury.
« Ce message sera transmis à toutes les joueuses, a-t-elle noté. Soyez prêtes. Vous pourriez être sélectionnées à la dernière minute pour les Jeux ».






