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Consécration pour Kingsbury à ses derniers JO

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Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury (Gregory Bull/AP)

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TABLEAU DES MÉDAILLES| SECTION SPÉCIALE| HORAIRE DE DIFFUSION

Le ‘King des bosses’ a retrouvé son trône. Et de façon historique. Mikaël Kingsbury a remporté dimanche le premier concours de bosses en parallèle de l’histoire des Olympiques, quand il a battu son grand rival, le Japonais Ikuma Horishima, en grande finale aux Jeux de Milan-Cortina.

Comme ça lui arrive trop souvent, Horishima a voulu en mettre un peu trop et s’est retrouvé débordé. Il entrait si vite au deuxième saut qu’il a décidé de ne pas le prendre.

« Quand je l’ai vu sortir sur le côté et que j’ai fait mon périlleux arrière, j’ai paniqué. Je me suis dit : ‘Merde, tu l’as fait!’, a raconté un Kingsbury radieux, mais aussi émotif dans la zone mixte du Parc de bosses et de sauts de Livigno. J’ai franchi le fil et j’ai tellement crié fort que je n’ai pas été capable de freiner et suis entré dans le mur.

« Je ne pouvais demander meilleur scénario que d’affronter Ikuma en finale. Non seulement je gagne les Olympiques, mais je le fais contre le meilleur skieur de bosses au monde présentement. Après moi! »

L’Australien Matt Graham a remporté la médaille de bronze, aux dépens du Japonais Takuya Shimakawa.

Les trois médaillés sont père de famille et ils ont tous trois pris la pause avec leurs bambins avant la cérémonie du podium.

« Nous l’avions fait en Coupe du monde et aux duels aux derniers Mondiaux, a rappelé Kingsbury. J’avais alors dit qu’on pourrait bien le refaire aux Jeux. En haut de la piste, j’ai fait un clin d’oeil à Matt. Aussi bon soit Takuya, je savais que Matt allait le battre et que nous aurions un autre podium de papas! »

Cinq médailles en autant de départs

Kingsbury, quadruple champion du monde en titre de la discipline, retrouve ainsi la plus haute marche du podium olympique pour la première fois depuis sa victoire aux Jeux de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018. À Sotchi, en 2014, ainsi qu’à Pékin, en 2022, et pas plus tard que jeudi dernier — au bris d’égalité — il avait dû se contenter de la médaille d’argent.

« Tu ne peux pas passer plus proche que ça de gagner une médaille d’or, a-t-il rappelé. (…) Je pense avoir eu un peu plus le couteau entre les dents que tout le monde en raison de cette médaille d’argent. 

« Je voulais vraiment être le premier champion olympique en duels de l’histoire, a dis Kingsbury. C’est vraiment spécial. Je savais que c’était ma dernière course olympique et je voulais tout donner, ne pas avoir de regret. J’ai l’impression qu’à chaque ronde, j’étais capable d’être meilleur. En grande finale, c’est là où je me suis senti le mieux. »

On a aussi l’impression que Kingsbury a intimidé ses adversaires tout au long de la journée. Les trois derniers n’ont pas été en mesure de compléter leur course dans les règles: le Sud-Coréen Jung Dae-yoon, Shimakawa et Horishima.

« Ils savent que contre moi, il faut qu’ils poussent, a dit Kingsbury. Après toutes ces années, j’ai un peu cette prestance que j’ai en haut du parcours. Ils savent que ça va être difficile, alors ils y vont peut-être en haut de leur 100 % en se disant que si ça passe, ils vont me battre.

« J’ai eu de bons départs aujourd’hui. J’étais capable de mettre la pression tôt dans le parcours. S’ils voulaient passer en avant de moi, je savais à quelle vitesse aller pour provoquer les erreurs. Je me concentrais sur le ski, les virages, pour faire le moins d’erreurs possibles. »

Son entraîneur, Michel Hamelin, a vu un athlète plus déterminé qu’à l’habitude. Si cela est chose possible.

« Aujourd’hui, ‘Mik’ était comme un guépard. Il se prélassait au soleil avant de fondre sur ses proies dans les descentes », a imagé celui qui le dirige de façon discontinue depuis 25 ans. 

Cette médaille d’or est ainsi la cinquième du ‘King’ en autant de départs aux Jeux olympiques. Elle vient s’ajouter à un palmarès déjà bien garni, avec neuf championnats du monde, 29 globes de cristal et 100 victoires en Coupe du monde. Ses records seront-ils battus?

« Je ne sais pas. Les records sont faits pour être battus, mais j’aime bien que les miens soient difficiles à battre. Est-ce que (Wayne) Gretzky, son record va être battu? »

Il s’agissait aussi de la première médaille d’or du Canada à ces Jeux, après trois d’argent et cinq de bronze.

« Je suis content d’avoir peut-être enlevé un peu de pression des épaules de mes compatriotes », a raconté le skieur de 33 ans de Deux-Montagnes.

À court

Les deux autres Québécois en lice, Julien Viel et Elliot Vaillancourt, n’ont pas connu la journée espérée. Les deux ont été éliminés à leur première course, par Shimakawa: Vaillancourt en 16es de finale; Viel en huitièmes, quand il a violemment chuté avant le deuxième saut.

Pour l’athlète de Québec, il s’agit d’un dénouement décevant, lui qui avait bénéficié d’un laissez-passer directement à la deuxième ronde et qui avait gagné l’unique épreuve de duels cette saison, à Val-St-Côme.

« J’ai juste raté un timing de bosses et il est arrivé ce qui est arrivé, a expliqué Viel. Je n’ai pas poussé hors de ma zone de confort, mais ce sont les duels, ça arrive. (...) J’ai très hâte de m’entraîner cet été pour devenir encore meilleur. »

Quant à Vaillancourt, il aurait souhaité que ses Jeux se poursuivent, mais il a adoré son expérience.

« Je me disais de profiter de chaque moment, car je savais que ça allait se terminer plus vite que voulu. Je souhaite à tout le monde de vivre une expérience olympique. C’est une expérience qui a un peu plus de sriracha, qui est plus épicée. »