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MILAN — La douleur de la défaite en finale des Jeux olympiques de Milan-Cortina était encore vive et l’attaquante canadienne Marie-Philip Poulin n’a pas voulu se compromettre au sujet du prochain cycle olympique, jeudi.
Poulin, qui est âgée de 34 ans, participait aux Jeux olympiques pour une cinquième fois. Elle compte désormais à sa collection trois médailles d’or et deux d’argent, après un revers en prolongation de 2-1 face aux États-Unis.
« Je ne sais pas encore », a-t-elle simplement répondu lorsqu’elle a été interrogée afin de savoir si elle avait disputé son dernier match en carrière aux Jeux olympiques.
Poulin, qui évolue aussi pour la Victoire de Montréal dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), s’est blessée lors du deuxième match du tournoi olympique. Elle a raté deux rencontres avant de revenir au début de matchs éliminatoires.
« C’était dommage de subir une blessure, mais ça fait partie de la réalité du sport. Et ce n’était pas une excuse, a-t-elle insisté. Je suis chanceuse d’être entourée par des physiothérapeutes et des médecins extraordinaires. Ils se sont assurés que je puisse revenir au jeu lors des quarts de finale.
« Évidemment, je ne me sentais pas au sommet de ma forme. C’est comme ça. C’est aussi pour cette raison que vous avez des coéquipières », a-t-elle ajouté.
Poulin a inscrit trois buts et une aide durant le tournoi. Elle a marqué les deux buts du Canada dans une victoire de 2-1 contre la Suisse en demi-finale, atteignant le plateau des 20 buts en carrière aux Jeux. Elle a ainsi fracassé le record olympique de 18 buts appartenant à Hayley Wickenheiser.
Elle a aussi obtenu quelques occasions d’inscrire ce qui aurait été un huitième but pour elle lors d’une finale olympique.
« C’est une grande joueuse de hockey et une grande personne, a dit la gardienne Ann-Renée Desbiens. C’est probablement la meilleure ambassadrice que le hockey féminin aura dans son histoire.
« La façon qu’elle s’est comportée. La façon qu’elle s’est relevée de sa blessure. Ça n’a pas toujours été facile. C’est une meneuse exceptionnelle. J’espère qu’il lui reste encore de bonnes années. Mais peu importe ce qu’elle décide de faire, elle pourra toujours avoir la tête haute. »
Poulin n’a pas voulu s’étirer sur la nature ou la gravité de sa blessure au genou. Elle a même gardé ses coéquipières dans le noir « afin d’éviter de devenir une distraction », a-t-elle expliqué.
L’attaquante Laura Stacey, qui est la conjointe de Poulin, a eu de la difficulté à contenir ses émotions en abordant ce sujet.
« C’est notre meneuse et elle est une guerrière. C’est difficile de la voir souffrir, même si elle essaie de le cacher, a-t-elle dit. Elle s’est battue. Elle est notre roc, notre meneuse et elle l’a démontré.
« Elle a tout donné pour ce groupe et je pense que l’équipe l’a suivie à chaque étape. Chacune d’entre nous peut être fière d’elle et de toute l’équipe », a poursuivi Stacey.
Si la douleur était si forte après la défaite contre les États-Unis, c’est notamment en raison des quatre années de labeur depuis le triomphe aux Jeux de Pékin, en 2022.
Le monde du hockey féminin a beaucoup évolué durant le cycle olympique, surtout avec la création de la LPHF. C’est notamment en raison de la présence de ce circuit que Hockey Canada n’a pas centralisé son noyau de joueuses à Calgary durant la saison olympique.
L’entraîneur-chef Troy Ryan a rejeté toutes notions selon lesquelles ce facteur avait eu un impact sur le résultat final des Jeux olympiques.
Démontrant encore une fois ses qualités de meneuses, Poulin a trouvé le mot juste pour expliquer les émotions ressenties par les joueuses canadiennes.
« Ce sont ces joueuses, ces amies, avec qui vous partagez les bons et les mauvais moments. Ce groupe a traversé des hauts et des bas durant les quatre dernières années et nous étions bien sûr un groupe tissé serré », a dit Poulin, qui a fait une accolade à chacune de ses coéquipières après la défaite.
« Je voulais qu’elles sachent que ce résultat-là ne les définit pas. Je suis fière d’elles, de la manière dont elles ont joué. Malheureusement, nous avons perdu en prolongation. Mais nous pouvons garder la tête haute parce que c’était un honneur de jouer à leurs côtés. »
Il faudra maintenant attendre un peu avant de savoir si c’était la dernière fois que Poulin jouait aux côtés des meilleures joueuses au Canada.





