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MONTRÉAL - On clame souvent, avec raison, que les meilleurs joueurs d’une équipe doivent s’imposer pour qu’une équipe gagne.
L’un des principaux fers de lance de l’attaque dévastatrice du Canada, Nathan MacKinnon a donné raison à cette vérité du hockey en marquant le but qui a propulsé son équipe vers une victoire de 3-2 aux dépens de la Finlande alors qu’il ne restait que 36 secondes à faire en troisième période.
Vers le match de médaille d’or qui sera disputé dimanche matin.
Deux minutes plus tôt, MacKinnon, encore lui, était passé à un cheveu de briser l’égalité et de mousser grandement les chances de victoire de son pays. Un grand honneur, une grande joie dont la portion étroite du bâton du gardien Juuse Saros l’a privé. Mais comme MacKinnon est un train qui ne s’arrête jamais, il a poursuivi la rondelle jusque dans le coin de la patinoire où Niko Mikkola a écopé la pénalité qui a mené au but.
Mais pendant cette attaque massive, MacKinnon et sa «gang» ont pris le plein contrôle du territoire finlandais. On n’attendait plus que le but qu’on sentait venir comme on sent approcher un putois en santé!
À l’image de Nathan MacKinnon, les autres meilleurs du Canada ont été à la hauteur de leur réputation :
Connor McDavid a survolé la patinoire avec une vitesse que personne ne peut égaler, ajoutant au passage deux passes aux 11 points qu’il avait récoltés au fil des quatre premières rencontres du Canada. Ses 13 points (deux buts) amassés en cinq rencontres représentent déjà un record en matière de production individuelle par un joueur de la LNH aux Jeux olympiques. Il vient de dépasser Teemu Selanne (six buts, cinq passes) et Saku Koivu (trois buts, huit mentions d’aide) qui avaient tous deux récolté 11 points en huit matchs aux JO de 2006 à Turin.
Macklin Celebrini qui a doublé MacKinnon et McDavid avec ses huit tirs au but – il en a décoché au moins trois autres qui ont raté la cible – a démontré à ceux et celles qui en doutaient peut-être encore – en reste-t-il vraiment? – qu’il a non seulement sa place au sein de la meilleure équipe jamais envoyée au JO par le Canada, mais qu’il a sa place avec les meilleurs joueurs de cette grande équipe.
Si MacKinnon et McDavid assurent la succession à Sidney Crosby, Celebrini démontre qu’il pourra prendre la relève de ses compagnons de trio dans le match de vendredi. On pourrait même ajouter qu’il est déjà en mesure de le faire!
J’ajouterai ici le nom de Sidney Crosby à la liste des meilleurs qui ont été les meilleurs de leur clan.
Oui, je sais! Il n’a pas joué. Il a même dû céder son titre de capitaine à Connor McDavid en vertu des règles de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF).
Mais mon admiration sans borne et même débordante à son endroit m’incite à croire que Sidney a rempli son rôle de capitaine à la limite de ce qu’il pouvait faire sans chausser les patins. Qu’il a été une source d’inspiration, une source de motivation dans laquelle ses coéquipiers ont pu s’abreuver à satiété !
À l’arrivée d’Équipe-Canada à Milan, j’étais convaincu que ses 24 coéquipiers avaient comme mantra : tous derrière Sidney! Vendredi alors qu’ils ont dû puiser dans leurs réserves pour venir coiffer les fiers et coriaces Finlandais, je suis convaincu que ces mêmes 24 coéquipiers ont ajusté leur mantra en répétant : tous devant Sidney!
Avec les résultats qu’on connaît.
Qu’il soit, ou non, en uniforme dimanche matin pour le match de médaille d’or, Crosby aura encore un rôle de premier plan à remplir. Et il sera encore le meilleur, parmi les autres meilleurs.
Marchand-Bennett-Wilson
Derrière les meilleurs qui ont été les meilleurs, ceux qui ont été sélectionnés pour les appuyer se sont aussi grandement distingués.
À commencer par Sam Bennett!
Coupable d’une pénalité d’indiscipline écopée en première période alors qu’il a foncé dans le gardien finlandais, une pénalité coûteuse dont a profité Mikko Rantanen pour lancer son équipe en avant 1-0, Bennett avait des choses à se faire pardonner.
Il l’a fait alors que lui, Brad Marchand et Tom Wilson, une fois regroupé au sein d’un quatrième trio de choc, ont pris d’assaut la patinoire à chacune de leur présence, pressant avec grande efficacité les Finlandais avec un échec-avant imposant et efficace.
Du groupe, seul Wilson a récolté un point. Une passe sur le but de Shea Theodore qui a permis au Canada de niveler les chances en milieu de troisième période.
Mais ces trois joueurs ont rempli leur rôle à la perfection. Et leur contribution dans la victoire dépasse largement le point récolté par Wilson.
Si Sam Bennett a pu racheter sa pénalité coûteuse, écopée en première, c’est parce que l’entraîneur-chef Jon Cooper lui a permis de le faire.
Avec une formation aussi bien nantie en matière de talent et de caractère, avec 13 attaquants à sa disposition comme le lui permettent les règles, Cooper aurait pu clouer Bennett au banc et compter malgré tout sur quatre trios complets.
Mais non!
Le meilleur entraîneur-chef de la LNH nous a donné une leçon de gestion de ses joueurs. Sam Bennett n’est pas un joueur de quatrième trio qui a plus de chances de mettre son club dans le trouble que de le sortir du pétrin.
Il est un rouage important des champions de la coupe Stanley.
Pourquoi alors Cooper se serait passé de lui comme bien des amateurs, ajoutez mon nom à la liste – ont cru un moment qu’il allait le faire?
Cooper a donc envoyé un message de soutien très clair à son centre en l’envoyant disputer la première mise en jeu de la période médiane. Il lui a fait confiance jusqu’à la toute fin. C’est même lui qui a disputé la dernière mise en jeu à la gauche de Jordan Binnington alors que les Finlandais espéraient gagner le duel pour profiter de la seconde et des poussières qu’il restait au cadran pour envoyer le match en prolongation.
Ce qui est vrai pour Bennett l’a aussi été pour Sam Reinhart qui a fait taire les murmures associés à ses performances en marquant un premier but ô combien nécessaire pour le Canada qui tirait alors de l’arrière 0-2.
Encore Binnington!
On dira ce qu’on voudra de Jordan Binnington, on soulèvera tous les doutes qu’on voudra en rappelant sa piètre saison avec les Blues à St.Louis, mais il est le meilleur gardien de l’équipe canadienne.
Et comme les autres meilleurs de son club, il a encore fait sa part avec des arrêts importants et opportuns pour garder son équipe dans le match, maintenir des espoirs de remontée quand la Finlande était en avant 1-0 et 2-0 et maintenir les espoirs de victoire avec un score égal en fin de rencontre.
Certains diront que Juuse Saros, avec ses 36 arrêts sur le barrage de 39 tirs du Canada, a été meilleur que Binnington vendredi. Comme Lukas Dostal lui a été supérieur mercredi alors que la Tchéquie a servi, elle aussi, une grosse frousse au Canada tout entier.
Et c’est tout à fait vrai.
Mais Binnington a encore fait ce que son équipe attend de lui : il n’a pas donné de mauvais but et a effectué les arrêts nécessaires pour gagner.
Le voilà à un gain d’une médaille d’or!
Tout sera à faire, ou à refaire dans son cas, dimanche matin alors qu’on se demandera une fois encore s’il pourra tenir le coup contre les Américains. Ou s’il gâchera la fête olympique en hockey masculin.
On le saura bien assez vite.
Mais d’ici là, il mérite certainement les excuses des uns et les compliments des autres pour ce qu’il a accompli jusqu’ici.
Canada-USA : le duel attendu et espéré
La grande finale olympique marquant le retour des hockeyeurs de la LNH opposera donc le Canada et les États-Unis.
Tant mieux!
La Finlande, la Tchéquie, la Slovaquie et même la Suède qui s’est reprise un brin en donnant une petite frayeur aux USA en match de quart de finale méritent l’admiration de tous les amateurs de hockey.
Les joueurs de ces nations ont démontré toute l’importance qu’ils accordent au tournoi olympique, comme ils le font annuellement lors du Championnat du monde.
Mais après le choc Canada-USA d’il y a un an en finale de la Confrontation des quatre nations, il me semble que tout le monde souhaitait une reprise de ce duel de titans.
Les Américains ont eu la vie bien plus facile contre Juraj Slafkovsky et sa Slovaquie natale que le Canada face à la Finlande.
Je me demande même s’ils ne l’ont pas eu trop facile.
Ils sont bons les Américains. Vraiment. Ils seront même meilleurs que l’an dernier, à Boston, alors que Charlie McAvoy – cet excellent défenseur ne reçoit pas toute l’attention qu’il mérite au sein de l’élite des défenseurs de la LNH – était tombé au combat.
Jack Hughes est bien meilleur à Milan qu’il ne l’avait été l’an dernier à pareille date à Montréal et Boston.
Les frères Tkachuk sont fidèles à eux-mêmes. Et ils le seront assurément encore dimanche en finale contre le Canada. Matthew qui jouait sur une jambe l’an dernier est plus solide sur ses patins cette année.
Ce qui aidera les USA à n’en pas douter.
Comme la soif de vengeance.
Mais l’attaque des Américains demeure, à mes yeux, inférieure à celle du Canada. Pas mal à part ça. Matthews, Eichel et Jack Hughes sont très bons. Mais ils sont une coche derrière Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini. Et je préfère la profondeur apportée par les autres attaquants du Canada à celle des USA. J’aime aussi l’apport physique qu’apportera Tom Wilson pour faire contrepoids aux frères Tkachuk.
C’est à la ligne bleue que les Américains sont les plus avantagés. Cale Makar et Devon Toews forment l’un des meilleurs duos d’arrières de la LNH. Peut-être même le meilleur.
Mais avec Quinn Hughes et Zach Werenski, les Américains ne sont pas loin derrière pour la qualité de défenseurs. Globalement, la brigade américaine est plus rapide, plus talentueuse et simplement meilleure que celle du Canada.
Devant les buts?
Il est facile de lancer sans risque de se tromper que Connor Hellebuyck jouit d’une bien meilleure réputation que Jordan Binnington.
Il est tout aussi facile de lancer, sans grand risque de se tromper, que Binnington a connu de bien meilleures performances que Hellebuyck dans les matchs importants. Sa conquête de la coupe Stanley avec les Blues et sa victoire en finale du duel Canada-USA en février dernier en témoignent de façon assez éloquente.
Est-ce que cela garantit une victoire canadienne et la médaille d’or qui l’auréolera pour autant?
Non!
Mais ça met la table à un match qui devrait être un grand match. Un très grand match! Un match intense, serré, rapide. Un match dont on se souviendra longtemps. Du moins je l’espère.
Et pour le bien du hockey, on ne peut que souhaiter que la Finlande et la Slovaquie disputent un match de médaille de bronze qui sera tout aussi intense, serré et rapide samedi après-midi.
Juraj Slafkovsky et les Slovaques pourront confirmer, s’ils battent la Finlande pour une deuxième fois de suite qu’ils méritent leur place au sein de l’élite mondiale du hockey… en l’absence de la Russie. Mais quand même, une médaille de bronze, alors que les joueurs de la LNH sont présents, après leur médaille de bronze obtenue il y a quatre ans, confirmerait une progression fulgurante aux dépens de la Tchéquie, de la Suède et de la Finlande.
Mais les Finlandais, s’ils jouent comme ils l’ont fait vendredi contre le Canada, compliqueront grandement la quête des Slovaques.
Peu importe les résultats des matchs de médaille de bronze et de médaille d’or, le retour des joueurs de la LNH après une absence trop longue des Jeux olympiques nous a donné le tournoi enlevant auquel tous les amateurs de hockey rêvaient.
Bons matchs!






