Jeux olympiques

Un casque devient un symbole de ralliement pour l’Ukraine

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Une manifestante pour l'Ukraine tient un casque orné de photos d'athlètes ukrainiens décédés lors d'un rassemblement sur la colline du Parlement à Ottawa, le dimanche 22 février 2026. Ce casque est une réplique de celui porté par le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych, disqualifié lors des Jeux olympiques d'hiver de 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby (Spencer Colby)

TABLEAU DES MÉDAILLES| SECTION SPÉCIALE

OTTAWA — Alors que les Jeux olympiques d’hiver de Milan se terminaient dimanche, la disqualification du skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych pour avoir porté un casque commémorant les athlètes et les entraîneurs ukrainiens tombés au combat a rallié quelque 300 manifestants sur la colline du Parlement, à Ottawa.

Le Congrès ukrainien canadien a organisé un événement pour marquer le quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il s’agissait de l’un des 60 rassemblements prévus à travers le pays dans les jours entourant ce triste anniversaire.

Le 24 février 2022, la Russie a lancé une attaque non provoquée contre l’Ukraine, par voie terrestre, maritime et aérienne. Quatre ans plus tard, plus d’un million de personnes ont été tuées et des millions d’autres déplacées.

Maryna Shum a quitté Kyiv pour le Canada en 2022 et figurait parmi les manifestants sur la colline du Parlement dimanche.

En marge de la scène, elle brandissait un grand casque, une réplique de celui qu’Heraskevych avait prévu de porter, ce qui a entraîné sa disqualification de l’épreuve de skeleton aux Jeux olympiques.

« C’est une question d’honneur. C’est une question de courage », a soutenu Mme Shum à La Presse Canadienne pour expliquer pourquoi ce casque – qu’elle a confectionné en deux jours, avec un ballon et un rouleau de ruban adhésif – est un symbole important à apporter au rassemblement.

« Il a eu le courage de sacrifier ses possibles médailles. Ce n’est pas une capitulation. »

Le Comité international olympique (CIO) et le Tribunal arbitral du sport ont interdit à Heraskevych de concourir après avoir jugé que son casque, représentant plus de 20 athlètes et entraîneurs tués depuis l’invasion russe, violait le règlement du CIO sur la liberté d’expression des athlètes.

« Un athlète qui a choisi le souvenir plutôt que les médailles… c’est aussi le prix de cette guerre », a affirmé Maryna Vyatkina, présidente de la section d’Ottawa du Congrès ukrainien canadien.

« Quand on parle des Jeux olympiques, des interdictions de participation, de la neutralité dans le sport, il faut se souvenir de ce casque. Il n’y a pas de neutralité face à l’agression. Et il n’y a pas de neutralité face à l’injustice. »

La sénatrice Rebecca Patterson figurait parmi les nombreuses personnalités politiques canadiennes présentes au rassemblement de dimanche.

Des représentants – dont des ambassadeurs – des ambassades d’Espagne, de Lettonie, de Suède, de Bulgarie, de Roumanie, du Portugal, de Slovaquie, de Lituanie, du Danemark et de Grèce étaient également présents, ont indiqué les organisateurs.

Mme Patterson a souligné que le casque de fortune de Mme Shum était un « message de vérité essentiel » : « La guerre est dévastatrice. »

« Honorer les morts ne devrait pas être un sujet de controverse. Se souvenir des coéquipiers tombés au combat n’est ni de la propagande ni de la politique », a déclaré Mme Patterson à la foule.

« C’est la douleur rendue visible. Et ce casque, ce casque-ci, porte une vérité que les statistiques ne peuvent exprimer: chaque perte est personnelle, chaque visage est une vie brisée. Honte au CIO pour une décision aussi scandaleuse. »

La semaine dernière s’est tenue la troisième ronde de négociations entre la Russie et l’Ukraine, organisées avec l’aide des États-Unis. Pour la Russie, le contrôle de territoires en Ukraine est essentiel à un accord de paix, et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déjà affirmé que son pays ne céderait pas ces territoires.

« Une paix durable est bien plus complexe qu’une simple transaction immobilière », a dit Mme Patterson à la foule rassemblée sur la colline du Parlement.

La députée libérale Mona Fortier figurait également parmi les orateurs. Elle a souligné l’aide de plus de 20 milliards $ que le gouvernement canadien a fournie à l’Ukraine. Mme Fortier a qualifié d’« abjecte » le ciblage par la Russie des infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Le député conservateur Shuvaloy Majumdar a pris la parole après Mme Fortier, affirmant que le soutien du Canada à l’Ukraine « demeure inébranlable et absolu ».