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Certains bosseurs n’ont pas saisi leur chance à la Coupe du monde de Val-St-Côme

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Le Québécois Julien Viel, à droite, pendant son duel pour la première place contre le Japonais Ikuma Horishima. (Sean Kilpatrick)

SAINT-CÔME — Si Julien Viel a confirmé sa place sur l’équipe canadienne de ski acrobatique en vue des Jeux olympiques de Milan-Cortina avec sa victoire en bosses en parallèle, samedi, à la Coupe du monde de Val-St-Côme, d’autres athlètes ont raté de belles opportunités selon l’entraîneur-chef Michel Hamelin.

«Je ne suis pas 100 % satisfait des résultats chez les gars. Les filles, elles m’ont surpris (samedi) dans des conditions vraiment difficiles. Les gars essaient fort. Parfois, ils essaient une coche de trop», a déclaré Hamelin samedi.

Le processus de qualification est complexe, car il ne s’agit pas que d’être parmi les quatre meilleurs athlètes de sa discipline pour obtenir son laissez-passer pour l’Italie. Les athlètes sont en opposition à toutes les disciplines du ski acrobatique, soit les bosses, les sauts, le slopestyle, la demi-lune, le grand saut et le ski cross.

«Il y en a qui ont saisi l’opportunité et qui sont restés calmes. Il y en a d’autres qui sont un peu sortis de leur ‘game’ et qui ont joué le tout pour le tout», a précisé Hamelin.

L’entraîneur a notamment identifié Elliot Vaillancourt (30e au classement du globe de cristal), Gabriel Dufresne (31e) et Joey Dubuc (35e), qui ont ouvert la machine ce week-end, mais qui n’ont pas obtenu de bons classements. Vaillancourt a obtenu une 17e place en simple et une 47e en duels; Dufresne a terminé 50e et 25e; et Dubuc n’a pas complété sa descente en simple et a pris le 41e rang en parallèle.

«Ils regardent les points. Si un athlète termine parfois 12e, parfois 10e, il sait qu’il doit sortir de ses culottes pour battre cette moyenne, a imagé Hamelin. Ils veulent améliorer leurs trois performances qui servent à déterminer leur classement. Ils se disent qu’ils doivent battre une 10e place et ils y vont à fond. Si ça passe, tu le fais. Si tu ne le fais pas assez, tu gardes ton score moyen et si tu y vas trop, tu peux commettre une grosse erreur, chuter et ça ne donne rien.»

Les bosseurs — on peut ajouter Samuel Goodison, Charles Beaulieu et Louis-David Chalifoux à cette liste — auront donc fort à faire à Waterville Valley, dans le New Hampshire, les 15 et 16 janvier, alors que sera disputée la dernière Coupe du monde donnant accès aux Olympiques. Comme à Val-St-Côme, un simple et un des duels seront disputés.

«Julien et Mik (Kingsbury) sont sur une lancée, ils font des podiums. Ça, c’est vraiment bon pour Équipe Canada. Pour les places no 3 et 4, c’est quand même très serré en ce moment. Elliot, Gabriel et Joey spécialement doivent faire un petit quelque chose de spécial quand on va arriver à Waterville», a souligné Hamelin.

Chez les femmes, Maia Schwinghammer est assurée de sa participation, elle qui a terminé troisième aux derniers Mondiaux, devant Laurianne Desmarais-Gilbert. Mais après cette quatrième place, et une 10e en duels en Suisse, Desmarais-Gilbert a éprouvé des ennuis depuis et elle pointe au 27e rang du classement cette saison.

Toutefois, Jessica Linton, avec une 10e et une huitième places ce week-end, a grandement amélioré ses chances.

«Jessica, avec son top-8 (samedi) vient de gagner de gros points, a confirmé Hamelin. Si elle en fait un autre à Waterville, elle montera de groupe de sélection. Elle doit être assez haute (au classement canadien en ce moment).

«Ça change vite. L’information que je vous donne présentement changera très rapidement, a prévenu l’entraîneur. Présentement il y a Maia, Jess et Laurianne. Laurianne n’a pas bien fait ici, mais elle a encore quelque chose en elle et elle compte sur sa quatrième place (aux Mondiaux) de l’an dernier qui l’aide énormément. (...) Elle est encore dans le coup pour une qualification. À Waterville, elle pourrait certifier sa place. Mais il y a aussi d’autres filles qui pourraient (se faufiler).»

Tout comme les sauteurs, qui sont à Lake Placid dimanche et lundi, la dernière Coupe du monde des bosseurs pourrait faire toute la différence entre une participation olympique ou devoir se lancer dans une nouvelle olympiade, pour ceux qui décideront de poursuivre l’aventure.

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne