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Une 100e victoire pour Mikaël Kingsbury en Coupe du monde

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Il était déjà le plus grand athlète de l’histoire de son sport. Il a maintenant atteint une marque magique. Le Québécois Mikaël Kingsbury n’aurait pu espérer meilleur scénario pour récolter sa 100e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde, alors qu’il a remporté vendredi l’épreuve de Val-St-Côme devant les siens.

Troisième à l’issue des qualifications, le «King des Bosses» a dévalé à fond de train la piste Alexandre-Bilodeau pour sa dernière descente de la journée, réussissant un sans-faute sur ses deux sauts. Cette performance lui a valu un pointage de 85,83, lui permettant de passer devant l’Australien Matt Graham (83,50) et l’Américain Nick Page (80,96).

« Quand je me suis installé en haut, je me sentais bien, mon état d’esprit était au bon endroit, a-t-il raconté. J’ai laissé mes habiletés et mon expérience [parler]. Je me suis dit qu’il ne me restait peut-être plus d’expérience comme ça devant ma foule. Je n’en ai pas nécessairement mis beaucoup plus, mais j’ai fait les bonnes choses. »

Le Québécois de 33 ans n’était toutefois pas au bout de ses peines, puisque le Japonais et meneur au classement du globe de cristal Ikuma Horishima et le Sud-Coréen Daeyoon Jung, impérial en qualifications, devaient toujours s’élancer.

« Ça me stressait un peu plus que d’habitude. J’avais le goût que ce soit là. C’est ce soir que ça se fait! [...] C’est la première fois depuis que je me suis fait mal que je me dis dans le portillon de départ que je peux gagner. »

C’est d’ailleurs en faisant les 100 pas dans l’aire d’attente que Kingsbury a regardé les deux descentes. Horishima a d’abord commis une descente truffée de déchets techniques et les juges l’ont relégué à la 15e place. Seul Jung pouvait maintenant le déloger. Et il a presque réussi.

Le Sud-Coréen a réussi un excellent premier saut avant d’attaquer avec beaucoup de rapidité la portion médiane. Peut-être trop rapidement: il a atterri à reculons son deuxième saut et a été déporté de sa trajectoire. Il a bien franchi le fil d’arrivée, mais cette erreur n’allait pas lui permettre de devancer Kingsbury. Il a finalement terminé 16e.

Kingsbury, qui effectue un retour à la compétition après avoir été incommodé par une blessure à l’aine, est devenu le premier bosseur à signer 100 victoires. Après avoir inscrit sa 99e à sa dernière sortie la saison dernière, il est soulagé que ce gain soit survenu avant les Jeux olympiques.

« Absolument. C’est quand même une tonne de briques qui m’est tombée des épaules. Ça fait du bien, a-t-il admis. Sachant que je peux gagner en n’étant pas à 100 %. Sachant qu’il me reste un mois [avant les JO], en comparant comment je me sentais à Ruka il y a un mois et aujourd’hui, et comme il reste un mois avant les Jeux olympiques, ça me donne espoir que je puisse me rapprocher d’être à 100 % pour les Jeux. Quand je serai à 100 %, je serai encore meilleur.

« De m’être rendu à 99 à la dernière course de la saison, je m’en suis fait parler tout l’été! Avec la blessure, ça a été des montagnes russes d’émotions. Quand je me faisais mal, je n’y croyais plus. Je me disais que ça allait être difficile. Notre sport est tellement le fun quand tu es à 100 %, mais pas tellement quand tu as un bobo. »

Kingsbury n’a pas voulu confirmer sa présence pour les duels de samedi. Son équipe et lui évalueront le tout samedi matin.

Le Québécois Julien Viel, seul autre Canadien à avoir participé à la finale, a pris le 11e rang en vertu d’un total de 75,58.

Les Canadiens Elliot Vaillancourt (17e), Charles Beaulieu (20e), Sam Cordell (25e), Louis-David Chalifoux (26e), Samuel Goodison (42e) et Gabriel Dufresne (50e) devront tous se reprendre en duels, samedi, tout comme Joey Dubuc et Simon Philippon Fugère, qui n’ont pas terminé leur descente.

Météo capricieuse

La météo est venue jouer les trouble-fête.

En raison d’un épais brouillard, le départ des qualifications des hommes a été retardé d’un peu plus de deux heures, ce qui a forcé la Fédération internationale de ski (FIS) à annuler les rondes finales chez les dames.

Cette épreuve écourtée a signifié que la Canadienne Maia Schwinghammer, victorieuse de l’épreuve l’an dernier, n’a pas pu défendre son titre. Elle a conclu la qualification féminine en sixième place sur la piste Alexandre-Bilodeau. C’est ce résultat qui tiendra.

« C’est décevant, a laissé tomber Schwinghammer. Dans notre sport, on ne skie pas les qualifications à 100 % quand on peut faire les finales avec une descente à 80, 90 %. J’ai skié les qualifs pour me mettre en bonne position de pouvoir pousser à fond (en finale). (...) On va se reprendre samedi. »

La séance a été dominée par l’Australienne Jakara Anthony (79,83), qui a ainsi hérité de la victoire. Elle a devancé les Américaines Tess Johnson (75,85), Olivia Giaccio (75,78) et Jaelin Kauf (74,61). La Kazakhe Anastassiya Gorodko (74,03) a complété le top-5.

Des autres Canadiennes en lice, seule Jessica Linton aurait pu améliorer son sort si la compétition avait conservé son format original. Linton a obtenu la 10e place à l’issue de son unique descente de la journée.

Maya Mikkelsen (20e), Berkley Brown (21e), Laurianne Desmarais-Gilbert (24e), Ashley Koehler (26e), Rowanne Godbout (36e), Florence Laroche (39e) et Sina Clegg (40e) devront toutes se reprendre avec les bosses en parallèle présentées samedi.

Après les bosses en parallèle, il ne restera plus que la Coupe du monde de Waterville Valley, les 15 et 16 janvier, afin que les bosseurs obtiennent leur laissez-passer pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina, le mois prochain.