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Après la surprise, une effervescence contrôlée chez le FC Supra

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« On est venu pour gagner, pas juste pour faire partie de la ligue »

« On est venu pour gagner, pas juste pour faire partie de la ligue »

« Je ne suis pas quelqu'un de nerveux, mais là je l'étais »

« Je ne suis pas quelqu'un de nerveux, mais là je l'étais »

« Je me devais de redonner au Québec »

« Je me devais de redonner au Québec »

« Peu importe qui est là s'il est prêt à tout faire pour le Québec et le Supra »

« Peu importe qui est là s'il est prêt à tout faire pour le Québec et le Supra »

LAVAL – La voix de Laurent Ciman s’élevait au-dessus de toutes les autres mercredi à l’entraînement du FC Supra du Québec. À l’échauffement, le vieux Diable Rouge n’attendait qu’un joueur fasse avorter un exercice pour lui tomber gentiment sur la tomate. Plus tard, c’est encore lui qu’on entendait crier directives, réprimandes et encouragements pendant un match intra-équipe sur petit terrain.

Toujours en retrait, une main sur la hanche, Nick Razzaghi se contentait souvent d’observer en silence.

On apprend tranquillement à connaître l’entraîneur-chef de la nouvelle équipe d’expansion de la Première Ligue Canadienne. Dimanche, quand Alexandre Marcoux a marqué à la 97e minute pour procurer une victoire historique au Supra, une caméra a capté la réaction du président Rocco Placentino dans une loge du Starlight Stadium. Son mélange d’enthousiasme, de nervosité et d’incrédulité donnait l’impression qu’il venait de survivre à la roulette russe.

Sur le banc de touche, Razzaghi célébrait comme s’il venait de réussir son troisième sudoku de la journée.

« Pour moi, c’était une grosse réaction. Normalement, je ne réagis pas autant que ça », sourit le coach lorsque placé devant le contraste.

« Il est calme puis quand les gars s’excitent trop - ce qui est normal, on va s’exciter, on est des joueurs, on a plein d’adrénaline – Il est capable de ramener le groupe sur terre puis dire : ‘On a fait un bon travail, mais là c’est le temps de passer à la prochaine’ », apprécie le milieu de terrain Sean Rea.

Dans l’effervescence d’un début de saison inespéré, le FC Supra aura besoin du calme de Razzaghi. Après un calendrier présaison qui a soulevé sa part de doutes, la jeune pousse québécoise a dû traverser le pays pour aller s’y frotter à un Pacific FC qui s’était renforcé durant l’entre-saison et qui avait l’avantage de s’être déjà fait les jambes dans un premier vrai match une semaine plus tôt.

Elle s’est présentée au test sans complexe, prenant les devants deux fois et restant inébranlable devant autant d’égalisations de l’adversaire. Le but de Marcoux est arrivé comme un point d’exclamation inattendu, un électrochoc dont on ressentait encore clairement les effets quelques jours plus tard.

« La star! », s’est écrié Diyaeddine Abzi en croisant Marcoux dans un couloir du Complexe Multi-Sports de Laval.

Mais Abzi, un vétéran respecté dans cette verte équipe, avait résumé la situation plus sérieusement devant notre caméra quelques minutes plus tôt.

« Je pense que là, déjà, dans les vestiaires, on n’en parle déjà plus. Pour nous, c’est déjà passé. On a pris nos trois points, on a fait la job, on passe à autre chose. »

« Garder cette énergie » à domicile

Cette « autre chose », c’est le premier match à domicile de l’histoire du club. Comme le Stade Boréale n’est toujours pas prêt à accueillir ses locataires, le Supra brisera la glace au CEPSUM de l’Université de Montréal. Dimanche, à 14h, il y recevra la visite de l’Atlético Ottawa (présenté en direct sur le RDS.ca).

Le stade de l’UdeM peut recevoir près de 5500 spectateurs. En début de semaine, le Supra a communiqué que 80% des sièges avaient trouvé preneurs.

« Tout le monde est excité de jouer devant nos partisans pour la première fois. Après, en termes de préparation, c’est dur parce que beaucoup de ces gars-là n’ont jamais joué devant 5000 ou 6000 personnes qui sont en train de crier à fond », anticipe Razzaghi.

« Quand le match commence, c’est sûr qu’il y a dix, quinze minutes où tout le monde va ressentir l’émotion, tout le monde va être énervé, nerveux et tout, comme à Pacific mais encore plus. C’est juste une question d’avoir des gars d’expérience sur le terrain qui savent mener, qui gardent les choses simples. Éventuellement, on va grandir dans le match et on espère donner un bon spectacle. »

Les joueurs du Supra ont l’impression d’avoir envoyé un message au reste de la Ligue en réussissant leur premier déplacement de la saison. « Je pense qu’il y en a beaucoup qui ne nous attendaient pas du tout, même qui voulaient qu’on perde », a senti Alexandre Marcoux.

Mais ils savent aussi qu’une trame narrative peut vite changer dans une saison.

« On a attiré l’attention, c’est déjà quelque chose de bon, mais je pense qu’on n’a rien fait encore, renchérit Marcoux. On a fait la première étape, mais il nous revient d’en faire le thème de notre saison, de continuer à faire des bonnes performances comme ça. »

Le club d’Ottawa est un adversaire dangereux. Il est le champion en titre de la PLC et arrivera à Montréal blessé dans son orgueil, car battu à ses deux premiers matchs de la saison. De plus, il pourra lui aussi compter sur la contribution de joueurs du Québec dans ce que Nick Razzaghi voit comme le premier face-à-face de ce qui pourrait devenir un derby relevé. Ballou Tabla, Jean-Aniel Assi, Loïc Cloutier et Gabriel Antinoro, notamment, ont grandi dans l’Académie de l’Impact de Montréal avant de poursuivre une carrière professionnelle sous d’autres cieux.

« Pour moi, pas te mentir, les matchs à domicile, ce sont les plus importants. La maison, il faut la protéger, il faut qu’on soit toujours dans les bonnes conditions chez nous, priorise Abzi. Au dernier match, d’accord, les attentes n’étaient peut-être pas très élevées, mais là on a donné le ton. Il faut garder ce momentum, garder cette énergie. »