BRADENTON, Floride – « Allez Sam! Vas-y, mon frère! »
« Get up Viking, I need you! »
« Bravo! Bellissimo! »
Il ne s’agit peut-être que d’un match simulé à sept contre sept disputé sur une demi-surface au milieu du camp d’entraînement du CF Montréal, mais Sébastian Breza s’époumone avec une intensité surprenante pour quelqu’un qui est sur le terrain depuis plus de deux heures.
Le gardien de but québécois a un mot à dire sur chacune des actions qui se déroulent devant lui. Un mot impérativement positif, pratiquement toujours dans la langue maternelle de son coéquipier, qui parvient résolument à alléger l’atmosphère parfois tendue qui règne en ce mercredi midi ensoleillé sur l’un des nombreux terrains de la très impressionnante IMG Academy située à Bradenton, en Floride, à environ trente minutes au nord de Sarasota.
Breza passe du français à l’anglais et de l’espagnol à l’italien avec aisance et en une fraction de seconde, ce qui lui permet d’interagir avec absolument tout le monde. L’exubérance qu’il affiche devant sa cage contraste avec le calme qui l’envahit dès que l’action est terminée et qu’il se retrouve sur les lignes de touche pour profiter d’une très courte pause bien méritée.
Il est alors facile de comprendre pourquoi ses coéquipiers lui ont décerné le trophée Jason-Di-Tullio, remis au joueur ayant démontré le plus l’état d’esprit de la « grinta », la saison dernière, même s’il n’a pris part qu’à seulement 3 rencontres pour un total de 270 minutes.
Sébastian Breza a toujours eu La Grinta 😤
— CF Montréal (@cfmontreal) October 22, 2025
Breza always had La Grinta 👊#CFMTL pic.twitter.com/SkXgzmI6vo
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Avec le départ de Jonathan Sirois pour le FC Dallas, qui a été officialisé en début de semaine, Breza est présentement le gardien numéro deux du Club derrière Thomas Gillier. Il en demeurera ainsi, du moins, jusqu’à ce que le CF Montréal ajoute un troisième portier à son équipe première. Pour le moment, c’est l’académicien Samsy Keita qui occupe ce rôle.
Ce changement dans la hiérarchie aurait vraisemblablement ravi la quasi-totalité des athlètes dans sa situation, heureux devant la perspective de jouer davantage, mais ce n’est pas son cas. À vrai dire, depuis qu’il est revenu dans le giron de l’équipe en 2024, après une saison passée en Italie et en Suisse, Breza n’est pas en quête de minutes. Il se plaît dans cette vocation de coéquipier modèle et ne cherche surtout pas à prouver quoi que ce soit.
« Il y a vraiment des choses plus importantes que mon ego personnel, a expliqué Breza à RDS.ca après l’entraînement de mercredi. Je suis à la disposition du Club pour faire partie du projet. J’ai d’ailleurs toujours pensé que c’était un beau projet de la famille Saputo. Si demain, c’est jouer... c’est jouer. Et si demain, c’est être deuxième... c’est être deuxième. »
À quelques semaines de célébrer son 28e anniversaire de naissance, Breza voit les choses d’une manière complètement différente par rapport à l’époque où il était un jeune joueur ambitieux qui mettait le cap sur l’Italie et qui a ultimement signé une entente avec Bologne.
Plus question d’engueuler un coéquipier qui a raté une couverture ou encore d’afficher une mine déconfite parce qu’il n’a pas reçu le ballon exactement au moment où il l’a demandé.
« Plus jeune, tu penses que tu es valorisé par les matchs, s’est rappelé Breza. Maintenant, je suis valorisé par tout ce que je peux faire pour aider et être à la disposition de l’équipe. Je suis ainsi toujours prêt quand le “coach” a besoin de moi et quand l’équipe a besoin de moi.
« Dans le sport professionnel, l’objectif ne peut pas s’arrêter sur le prochain match. Tout se joue sur le long terme, sur une vie. Ce que je peux offrir, c’est de compétitionner. Toujours. »
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En l’espace de quatre ans avec le Club, Breza a été au cœur de grands moments – un but marqué en tirs de barrage pour donner la victoire en demi-finale du Championnat canadien en 2021 – en plus d’être témoin d’amères déceptions – comme la saison de seulement six maigres victoires obtenues sur l’ensemble de la saison en Major League Soccer – en 2025.
Tout comme l’entraîneur-chef Marco Donadel, Breza espère voir une progression par rapport à l’année dernière, mais tout comme c’est le cas pour ses ambitions personnelles, il refuse de quantifier d’hypothétiques objectifs collectifs, puisque rien ne sera jamais parfait.
« La vérité, c’est que si tu regardes la saison et que tu te donnes comme objectif, je ne sais pas, finir troisième ou quatrième ou encore participer aux éliminatoires, cela signifie déjà que tu conçois que tu vas perdre des matchs, a philosophé Breza. Il n’y a aucun athlète professionnel qui se dit : “aujourd’hui, je n’ai pas envie, je ne pense pas que je vais gagner.”
« Il faut vraiment avoir une vision sur le long terme. C’est en compétitionnant match après match que les victoires vont finir par s’enchaîner. Mais ça prend énormément de hargne. »
Cela dit, Breza est néanmoins encouragé par ce qu’il voit depuis le commencement du camp. Il fallait voir les joueurs s’obstiner pendant un long moment sur le pointage d’un match simulé qui ne compte pas pour mesurer le degré d’intensité qui est déjà très élevé.
Aussitôt atterris, aussitôt décisifs 🔥
— CF Montréal (@cfmontreal) February 4, 2026
Bunch of goals in Florida 🌴#CFMTL @AllstateCanada pic.twitter.com/oMF57vNunW
« Il y a une bonne ambiance, a-t-il juré. Tous les gars veulent compétitionner, et peut-être plus important encore, tous les gars veulent travailler. Nous avons un très beau groupe. »
Breza n’a fondamentalement aucune idée de ce qui l’attend pour la prochaine saison, mais il assure qu’il sera prêt à enfiler ses gants ainsi qu’à défendre la cage du CF Montréal quand Donaldel fera appel à ses services. D’ici là, il continuera de tout donner pendant les entraînements, étant donné que c’est la seule chose sur laquelle il a totalement le contrôle.





