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La préparation du CF Montréal enfin terminée

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Le CF Montréal a officiellement complété sa préparation en vue de sa 15e saison de MLS. Mon passage à St. Petersburg m’a permis de mieux prendre le pouls d’une équipe que l’on a dû suivre à distance pendant son camp d’entraînement.

Un camp qui commençait à s’éterniser pour un groupe qui a partagé les sept dernières semaines entre l’Espagne et la Floride. Conscient du sacrifice que cela représente pour les joueurs et le staff, le club a d’ailleurs permis aux familles qui le désiraient de rejoindre le groupe au cours de la dernière semaine.

Pas de prisonniers

Une chose est évidente lorsqu’on regarde la mouture 2026 du CF Montréal, sa défense a du mordant.

De grands défenseurs ont porté le maillot montréalais. Cela dit, je ne me souviens pas d’une brigade défensive avec le même potentiel d’agressivité.

Des tribunes du Al Lang Stadium, où l’équipe s’affairait aux derniers entraînements du camp, on aurait pu confondre Brayan Vera pour un kamikaze en terrain ennemi. Il a autant de retenue avec ses coéquipiers qu’un enfant devant un plat de bonbons. On ne peut qu’imaginer ce que ça donnera face à de vrais adversaires.

Depuis l’arrivée de Marco Donadel à la barre l’an dernier, cette notion d’esprit kamikaze revient souvent. L’Italien de 42 ans veut des joueurs prêts à s’imposer physiquement et se sacrifier sans calcul. Ayant eu l’occasion de discuter avec lui, Efrain Morales se fait lui aussi une fierté d’avoir cette mentalité d’inspiration japonaise.

Cette injection d’agressivité sera la bienvenue pour une équipe qui a été bousculée ces dernières années. Il faudra tout de même savoir choisir ses moments. Si on tire du 12 sur tout, en tout temps, il y aura inévitablement des dommages collatéraux. Pour une équipe avec une marge d’erreur aussi mince que le CF Montréal, les fautes évitables et les expulsions peuvent faire un monde de différence dans une course aux séries.

Même longueur d’onde

Comme le veut le dicton, c’est n’est pas tout d’avoir les bonnes personnes dans l’autobus, il faut les assoir dans les bons sièges.

Ajoutons qu’il faut aussi avoir une conception commune desdites personnes et chaises.

À l’époque d’Olivier Renard, les carrés de sable étaient très clairement définis. Le directeur sportif assemblait l’équipe en fonction du budget et la philosophie du club. Le coach, lui, avait la tâche de maximiser le potentiel du groupe qu’on lui confiait.

En 2026, les rôles sont plus fluides. L’opinion de Donadel semble peser plus lourd que celles de Wilfried Nancy, Hernan Losada ou Laurent Courtois ne pouvaient le faire.

Luca Saputo souligne, avec raison, que cette nouvelle approche évite d’opérer en silos ***. En revanche, la collégialité peut aussi mener à une démultiplication des opinions sur les joueurs, leurs rôles et le poste qu’on croit qu’ils devraient occuper.

Ivan Jaime, Dagür Thoralsson, Brayan Vera, Fabian Herbers et Wiki Carmona sont tous des exemples de joueurs pouvant opérer à des postes différents.

Voilà où tous les membres du collège devront se mettre sur la même longueur d’onde. Sans tomber dans une rigidité qui empêcherait d’expérimenter, il faudra rapidement statuer sur le poste de prédilection de chacun.

Autrement, la polyvalence du groupe pourrait se transformer en source d’indécision et de doute. Puisque le club est en mode reconstruction, l’objectif est plutôt d’accumuler le plus de certitudes possible avant le mercato d’été.

Pépite pour la relève

Depuis quelques années, je peine à me réjouir sans retenue lors qu’un produit de l’Académie est promu en MLS. L’absence d’équipe réserve a miné le développement de trop de jeunes prometteurs qui avaient encore besoin de temps pour atteindre leur plein potentiel.

Voilà pourquoi je me suis gardé une petite gêne quand Samsy Keita a signé son contrat professionnel le 6 février dernier.

Mon passage en Floride m’a toutefois permis de saisir le niveau d’estime que le club a pour le jeune gardien de 16 ans. Peu importe à qui l’on parle, le discours est unanime. Keita a ce quelque chose de spécial qui le place dans une classe à part. C’est le même genre de discours qu’on entendait lorsque Nathan Saliba ou Ismaël Koné sont arrivés chez les pros.

Il ne semble pas tomber dans cette catégorie de joueurs qui ont besoin d’une longue période d’adaptation. Outre un physique imposant et des qualités techniques impressionnantes, on voit en lui un joueur très mature pour son âge. Éthique de travail, approche hors du terrain, hygiène de vie, tout semble y être.

Si tout ce que l’on entend est vrai, on pourrait le voir faire ses débuts avant ses 17 ans. Phénoménal pour un gardien.

Thomas Gillier est bien installé comme no.1, mais il appartient à Bologne et représente un fort potentiel de revente. En d’autres mots, il ne passera pas 10 ans à Montréal. Si on me demandait de parier sur son successeur dès aujourd’hui, mon 2$ irait sur Keita.

En fait, je mettrais probablement 5$. Maudite inflation.