Suivez le premier match de la saison du CF Montréal sur les ondes de RDS samedi le 21 février dès 22 h avec l’avant-match.
En route pour la Floride où j’assisterai à la dernière semaine de préparation du CF Montréal, je me questionne sur la saison à venir. Une campagne qui débutera samedi, à San Diego.
La saison 2026 présente quelques défis bien connus et certaines nouveautés à naviguer. Voici quatre éléments qui me semblent particulièrement importants si le XI montréalais désire réussir la reconstruction qu’il a entamée l’été dernier.
Début de saison
Aussi bon soit-il, aucun club de MLS ne gagnera sa place en éliminatoires avant la mi-avril. En revanche, un mauvais début de saison peut sérieusement hypothéquer la suite. Surtout lorsqu’on joue les deux premiers mois sur la route. Au-delà des points à prendre, c’est la mentalité de l’équipe qui est mise à rude épreuve dans pareilles circonstances.
En ce sens, les deux dernières années ont été riches en enseignements.
L’an dernier, une récolte désertique a mené au limogeage de Laurent Courtois après seulement cinq matchs. Marco Donadel prenait la barre par intérim, mais le mal était fait. Le XI montréalais a pris 8 maigres points sur les 17 premiers matchs. Ce n’est qu’à la mi-saison que les choses ont pris une tournure pour le mieux.
En 2024, Courtois et les siens étaient partis pour la gloire avec 7 points sur une possibilité de 9 lors des trois premiers matchs. Ils ont cependant perdu les trois suivants, encaissant 10 buts au passage. Une défaite de 4-3 à Chicago (alors que Montréal menait 3-1 avec 8 minutes) a semé une fragilité qui n’a jamais quitté l’équipe pour le reste de la saison.
Morale de l’histoire pour le CF Montréal?
Sachant qu’il débute avec 6 matchs à l’étranger, la récolte de points en soi n’est pas la chose la plus importante.
Deux éléments de mesure ont selon moi plus de poids si l’on veut jeter de vraies bases pour la saison. Question de ne pas effriter sa confiance d’entrée de jeu, l’équipe doit d’abord éviter d’encaisser trois revers de suite. Elle doit ensuite prendre des points dans un minimum de trois matchs (idéalement quatre).
Si ces deux critères sont remplis, les Montréalais auront le sentiment d’avoir fait un pas vers l’avant plutôt qu’un tour de sécheuse.
Heureux déséquilibre
Avec la tenue de la Coupe du monde en sol américain cet été, le calendrier de la MLS sera chamboulé. Le CF Montréal aura une trêve de près de deux mois entre son match à Washington le 23 mai et son duel face à Toronto le 16 juillet.
Au moment de la reprise du championnat, les hommes de Marco Donadel auront encore 20 rencontres à disputer. Il n’en restait que 12 sur la même période l’an dernier.
Pour une équipe en reconstruction et un entraîneur qui en est à sa première saison complète, ce déséquilibre dans le calendrier pourrait être un avantage notable. En fonction du début de saison, la trêve sera une période cruciale pour apporter les ajustements pour la seconde portion de championnat. Les joueurs recrutés au mercato d’été auront aussi plus de matchs pour influencer une course aux séries.
En mode rétention
Depuis 2022, le club nous a habitué à voir ses joueurs les plus prometteurs ou performants quitter rapidement. Tantôt pour empocher des sommes de transferts appréciables, tantôt pour économiser des salaires qu’on jugeait trop onéreux.
Avec la lettre aux partisans publiée l’été dernier, cette réalité doit changer. On ne peut à la fois parler de victoire et monnayer systématiquement ses meilleurs actifs.
Je comprends que certaines offres seront trop alléchantes pour les refuser. Efrain Morales pourrait être au cœur d’une telle situation cet été. Il y aura tout de même un sacrifice financier à faire si on souhaite véritablement remettre la victoire au cœur du projet.
En ce sens, le nouveau contrat offert à Prince Owusu dans l’entre-saison est encourageant. Il témoigne d’une volonté de faire sa part comme organisation. On a récompensé un joueur qui a livré la marchandise et qui voulait s’inscrire dans un projet à long terme dans la Métropole.
Ce genre de rétention était loin d’être la marque de commerce du club ces dernières années.
Apprendre des moines
En novembre dernier, Marco Donadel est allé dans un monastère néerlandais pour un cours d’immersion française.
Au-delà d’une plus grande maîtrise de la langue de Molière, espérons que l’Italien de 42 ans ait aussi absorbé quelques notions de zénitude monastique. Elles pourraient être particulièrement utiles quand viendra le temps de piquer sa jasette hebdomadaire avec le quatrième officiel aux abords du terrain.
Dans une saison à l’eau, les suspensions de Donadel n’ont pas eu de grande incidence l’an dernier. Les pétages de coche pourraient être beaucoup plus lourds de conséquences cette saison. Ils pourraient aussi développer une réputation nuisible à son équipe.
Je suis le premier à apprécier une bonne dose d’émotion chez un entraîneur. Un trop plein de cette même émotion mène toutefois à un manque de contrôle qui peut s’avérer contagieux, surtout pour un groupe encore très jeune.
Je sais que la direction du CF Montréal apprécie l’exubérance d’un entraîneur engagé émotionnellement, mais il ne faudrait pas perdre de vue qu’un coach a beaucoup plus d’influence sur la ligne de touche que dans les tribunes.




