Le Bayern Munich a rejoint mercredi soir le Paris Saint-Germain en demi-finales de la Ligue des champions en éliminant le Real Madrid à l’issue d’un quart de finale retour de légende (victoire 4-3, 6-4 au pointage cumulé), qui plonge les Madrilènes vers le vide.
L’affiche alléchante du dernier carré de la compétition reine du soccer européen opposera donc ce qui ressemble aux deux meilleures équipes actuelles du continent, en forme de finale avant l’heure.
D’un côté le Bayern, rouleau compresseur qui marche sur l’Allemagne et l’Europe depuis août (149 buts en 45 matches), et de l’autre le tenant du titre parisien et sa courbe ascendante ces dernières semaines.
Le Real Madrid regardera cette affiche au sommet devant la télévision, mais les formules magiques répétées comme « On est le Real » ou « S’il y a bien un club qui peut le faire, c’est le Real », depuis la défaite contre le Bayern à domicile (2-1) à l’aller, ont bien failli fonctionner, avec un match d’exception devant les 75 000 spectateurs de l’Allianz Arena.
Les Madrilènes ont mené à trois reprises dans la rencontre. Après seulement 37 secondes, ils ont profité d’une énorme erreur de relance de Manuel Neuer sur Arda Güler dont la reprise instantanée parfaite est venue finir sa course dans le but munichois. Et l’international turc y est allé de son doublé à la demi-heure de jeu d’un magnifique coup franc en pleine lucarne (29e).
La première période a été complètement folle, avec un Bayern qui a égalisé à la 6e minute par Aleksandar Pavlovic sur un coup de pied de coin tiré par Joshua Kimmich, alors que le gardien du Real Andriy Lunin est passé à côté de sa sortie. Puis grâce à son buteur Harry Kane (38e), trouvé dans la surface par Dayot Upamecano, pour inscrire son 50e but de la saison en club.
K.-O. en deux temps
Avant la pause, sur une contre-attaque rapide de Vinicius Junior, Kylian Mbappé a redonné l’avantage au Real (42e) et remis les deux équipes à égalité avant la pause.
En seconde période, à l’image de deux boxeurs, Bayern et Real se sont rendus coups pour coups en cherchant le K.-O. Les Madrilènes ont laissé la possession de la balle aux Munichois et ont procédé en contre-attaque avec leurs deux flèches Vinicius et Mbappé.
Le Real est allé une première fois au sol avec l’exclusion d’Eduardo Camavinga à la 86e minute pour un second carton jaune, huit minutes après le premier, complètement logique pour avoir voulu gagner du temps en emmenant la balle avec lui.
Et le K.-O. est venu en deux temps, d’abord par Luis Diaz à la 89e qui a remis le Bayern devant au cumul des deux matches, d’une superbe frappe enroulée du pied droit dans la lucarne opposée de Lunin, puis par Olise, d’une frappe enroulée elle aussi, de son pied gauche cette fois-ci (90+4).
Les Madrilènes se dirigent vers une saison blanche et une deuxième sans un trophée national ou européen, une première depuis la saison 2005/06. Les Munichois sont eux encore engagés sur trois tableaux, avec un 35e titre de champion d’Allemagne qui leur tend les bras, et des demi-finales à venir en Coupe (à Leverkusen le 22 avril) et en Ligue des champions (au Parc des Princes le 28 avril et à l’Allianz Arena le 6 mai).
Le Bayern, qui a rangé les quatre éliminations consécutives en C1 contre le Real (2014, 2017, 2018 et 2024) au placard des mauvais souvenirs, disputera la 22e demi-finale de son histoire en C1 et peut encore rêver d’un septième sacre européen.
Arsenal minimaliste et demi-finaliste
Arsenal, sans briller, a contenu le Sporting (0-0) mercredi à Londres et profité du succès de l’aller (1-0) pour rejoindre les demi-finales de la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive, une performance inédite pour le club anglais.
Le club au canon tentera d’éliminer l’Atlético Madrid d’Antoine Griezmann pour se hisser en finale de la compétition, vingt ans après sa seule et unique, perdue contre le FC Barcelone en 2006.
L’actuel meneur de Premier League avait surclassé les Colchoneros (4-0) en octobre à la maison en phase de ligue, mais l’ivresse des sommets et la forme actuelle d’Arsenal rendent les retrouvailles assez incertaines.
Mercredi, les Gunners n’ont pas fait parler la poudre, ni tout maîtrisé face aux Portugais du Sporting, mais ils ont assuré le service minimum pour obtenir le billet tant espéré et attendu, au regard de leur statut d’ultra-favori.
L’équipe de Mikel Arteta s’est reposée sur le but de Kai Havertz inscrit dans le temps additionnel, la semaine dernière à Lisbonne, pour se débarrasser de Lions accrocheurs, qui ont fait trembler l’Émirates jusqu’à l’ultime seconde sur une frappe échouée dans le petit filet.
La qualification européenne va peut-être donner du réconfort et de l’élan à l’entraîneur espagnol et à ses joueurs, malmenés sur le plan domestique après trois défaites d’affilée en Coupe de la Ligue, Coupe d’Angleterre et Premier League.
C’était devenu une nécessité avant le déplacement périlleux chez Manchester City, dimanche, dans ce qui ressemble à une « finale » pour le titre en championnat.





