C’était prévisible vu le niveau actuel de Monaco : l’ASM a explosé mardi en Ligue des champions dans un revers de 6-1 face au Real Madrid, porté par Kylian Mbappé, auteur d’un doublé. Monaco devra prendre un point lors de la dernière journée pour espérer jouer les barrages.
Semaine après semaine, Monaco continue de battre ses records de médiocrité. Après avoir réalisé la pire série de l’histoire du club en Ligue 1, avec sept défaite en huit matches, série en cours, depuis la défaite de vendredi dernier à domicile contre Lorient (3-1), les hommes de Sébastien Pocognoli ont enregistré au Stade Santiago-Bernabeu la pire défaite de l’histoire du club en Coupe d’Europe.
Jusqu’alors, c’était un 0-4 contre Bruges, le 6 novembre 2018 à domicile, sous la direction de Thierry Henry. Par la suite, le futur sélectionneur de l’équipe de France vice-championne olympique en 2024 n’avait pas fait long feu sur le banc du club princier.
Après cette nouvelle gifle, le président russe Dmitry Rybolovlev, qui avait fait le déplacement la veille avec l’équipe, pourrait entrer dans une colère froide dont il a le secret et qui le pousse souvent à prendre des décisions radicales pour ses entraîneurs.
Forcément, va très rapidement se poser la question du maintien de Sébastien Pocognoli à la tête de cette équipe, qui ne semble plus en être une dès qu’elle prend un but. Et à Madrid, ce but est arrivé dès la 5e minute au terme d’une action où les Monégasques ont systématiquement été dépassés individuellement et qui a été ponctuée par un Mbappé des grand soir, destructeur pour son ancien club (1-0, 5e).
Ce résultat oblige désormais Monaco, qui reste englué au-delà de la 20e place avec 9 points et dont la différence de buts est très mauvaise (-6), à marquer un moins un point le 28 janvier prochain pour la dernière journée de la phase de ligue de la compétition.
Ce sera au Stade Louis-II contre la Juventus Turin, adversaire historiquement très hostile à la formation de la Principauté. En effet, la Vieille Dame a toujours éliminé Monaco en Ligue des champions: deux fois en demi-finale (1998 et 2017) et une fois en quarts de finale (2015).
La crise s’exporte
Denis Zakaria et ses partenaires devront donc être capables de se relever de cette humiliation logique en terre madrilène. Mais surtout, entre temps, ils devront être capables de renouer enfin avec la victoire. Ce sera samedi soir au Havre.
Emmené par un Kylian Mbappé dont la blessure au genou gauche ne semble déjà plus qu’un lointain souvenir, Madrid n’a fait qu’une bouchée de Monaco. Et pour un club en crise, tous les voyants semblent être passés au vert dans la capitale espagnole. Avec 15 points, et une différence de buts très favorable (+11), les Madrilènes se sont quasiment assurés une place dans le Top 8.
Mbappé, lui, plane sur le classement des buteurs. Son doublé lui permet d’accentuer son avance sur ses poursuivants. Avec onze réalisations, il a cinq buts d’avance sur tout autre joueur.
Enfin, Vinicius Jr., copieusement sifflé contre Levante (2-0) samedi dernier, a grandement participé à cette démonstration. Ses deux passes décisives pour Mbappé (2-0, 26e) et Franco Mastantuono (3-0, 51e), son centre que Thilo Kehrer a transformé en but contre son camp (4-0, 55e) et son but tout en dribbles et en puissance (5-0, 63e) l’ont réconcilié avec son public.
Monaco, en revanche, continue sa crise. L’équipe a arrêté de jouer après le troisième but encaissé. Et même si Jordan Teze est parvenu à marquer (5-1, 72e), Jude Bellingham n’a rien lâché (6-1, 80e).
Pire, mardi soir, Monaco a exporté les problèmes relationnels entre les supporters et la direction du club jusqu’au Stade Santiago-Bernabeu. « Bougez-vous ou cassez-vous », « Scuro (le directeur général, ndlr) démission », « direction démission » ont été les seuls chants des 2500 supporteurs des Rouge et Blanc durant la première période. À Monaco c’est la crise à tous les étages...
Arsenal s’offre l’Inter Milan
Grâce à un doublé de Gabriel Jesus, Arsenal a enchaîné une septième victoire consécutive en Ligue des champions mardi à San Siro face à l’Inter Milan (3-1) pour décrocher son billet pour les huitièmes de finale.
Pour la première fois dans leur histoire, les Gunners, irrésistibles, ont remporté sept matches de suite en C1, compétition qu’ils n’ont jamais encore gagnée. Jusqu’au 30 mai prochain?
Avec leur carton-plein de 21 points, ils sont assurés de terminer à l’une des huit premières places de la phase de ligue de la C1 et aborderont en toute confiance la phase à élimination directe en mars, sans passer par les barrages de février.
Les affaires de l’Inter continuent en revanche de se dégrader avec cette troisième défaite de suite : les vice-champions d’Europe 2025 sont désormais huitièmes (12 pts) et ont de nouveau montré leur incapacité à inquiéter une équipe de leur classement après leur revers contre l’Atlético et Liverpool.
Il leur faudra aller chercher la qualification directe pour les huitièmes de finale à Dortmund la semaine prochaine.
Dans ce duel entre meneurs de la Serie A et de la Premier League, ce sont les visiteurs qui ont pris le meilleur départ : les Londoniens, particulièrement saignants, ont confisqué le ballon aux Nerazzurri d’entrée et les ont fait céder au bout de dix minutes.
Après une série de passes dans la surface, Jurrien Timber s’est retrouvé en position de tir mais le Néerlandais a écrasé sa frappe. Bien placé dans l’axe, Gabriel Jesus a propulsé le ballon dans le but de Yann Sommer en jetant sa jambe (10e).
L’attaquant brésilien, absent sur blessure à un genou de janvier à décembre 2025, n’avait fait mouche qu’une seule fois en onze matches depuis son retour sur les terrains.
Le PSG se complique la tâche
Dominateur mais peu efficace, le Paris SG a essuyé une défaite qui fait mal à Lisbonne contre le Sporting Portugal (2-1) mardi en Ligue des champions, et voit menacée sa place dans le top 8 de la phase de ligue.
Avec 13 points, et la victoire concomitante du Real Madrid et de Tottenham, le PSG recule à la 5e place provisoire avant les matches de mercredi - talonné par le Sporting. La réception de Newcastle dans huit jours va décider si les Parisiens s’éviteront le barrage aller-retour de février.
Mardi au stade José Alvalade, on s’est cru 15 mois en arrière, quand le PSG enchaînait les dominations stériles avant de finir par craquer contre une équipe supposément plus faible.
L’attaquant lisboète Luis Suarez a d’abord enflammé le public - qui en avait à peine besoin - en décochant une frappe chirurgicale pour tromper Lucas Chevalier (74e). Un corner mal repoussé puis une déviation malchanceuse ont été fatals à l’arrière-garde parisienne, jusqu’ici intraitable.
Puis il a touché un poteau rentrant après avoir repris adroitement un ballon repoussé par Chevalier après une frappe de Francisco Trincao (90e). Le portier parisien ne va pas éteindre les débats sur son niveau avec ce genre d’action...
Paris pensait pourtant avoir fait le plus dur lorsque Khvicha Kvarastkhelia, tout juste sorti du banc, où il avait été laissé de manière surprenante au coup d’envoi par son entraîneur, avait immédiatement remis son équipe d’équerre, après l’ouverture du pointage, sur une splendide frappe enroulée vers la lucarne opposée (79e).
L’égalisation reflétait davantage la physionomie du match. Mais c’était avant de craquer juste avant le temps additionnel. Luis Enrique et ses troupes ont encore bien du travail avant d’être lancés aussi puissamment que début 2025.





