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Une 1re année réussie pour les Roses et la SLN

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MONTRÉAL — Avec la création de la Super Ligue du Nord (SLN), le soccer féminin canadien a sans contredit vécu un grand essor en 2025. Maintenant que la première saison est terminée, les six équipes du circuit, parmi lesquelles figurent les Roses de Montréal, sont prêtes à prendre du galon.

Après une première finale qui a permis de couronner le Rise de Vancouver, le 15 novembre au BMO Field de Toronto couvert d’un manteau blanc de circonstance pour une ligue 100 % canadienne – et regardée par 1,1 million de téléspectateurs –, les dirigeants auront maintenant un produit à présenter aux joueuses qui hésitaient jusque-là à faire le saut.

Déjà, 47 joueuses nées à l’extérieur du Canada, représentant 19 pays, se sont entendues avec l’une ou l’autre des formations du circuit, avant même de connaître le niveau de jeu ou la solidité des fondations d’une ligue naissante.

À ces pionnières devraient s’ajouter d’autres joueuses de talent. La directrice sportive des Roses, Marinette Pichon, a en effet révélé, lors du bilan de fin de saison des Roses, que la dynamique de recrutement avait changé.

Alors qu’elle amorçait les discussions avec de potentielles joueuses avant la saison, ce sont maintenant les athlètes qui contactent le club.

« Il y a un écart frappant, a lancé Pichon. On a renversé la vapeur à 200 %. […] Le projet est rendu attractif. »

Au-delà de l’attrait pour les joueuses internationales, la SLN offre également aux joueuses canadiennes de meilleures perspectives de faire de leur passion un gagne-pain. Le développement du talent québécois fait d’ailleurs «partie intégrante» de la mission des Roses, selon Pichon.

L’attaquante Kaylee Hunter, de l’AFC Toronto, est un exemple frappant du développement du soccer canadien. À seulement 17 ans, elle a inscrit 16 buts pour se classer au deuxième rang du circuit, derrière sa compatriote de 28 ans Delaney Baie Pridham (20 buts), du Rapide d’Ottawa.

Chez les Roses, la milieu de terrain Félicia Roy et la défenseuse Stéphanie Hill sont deux joueuses originaire de l’île de Montréal à s’être fait une place au sein de l’organisation et à avoir connu du succès au cours de la saison.

« On veut continuer de contribuer à la jeunesse, a déclaré l’entraîneur-chef Roberto Rositoiu. On veut continuer de s’impliquer dans les clubs ici. C’est important. Il y a beaucoup de joueuses québécoises qui ont du beau potentiel. On ne pourra pas toutes les avoir, mais on les surveille toutes. On espère qu’on pourra se renforcer avec plusieurs femmes d’ici qui vont commencer leur carrière et qui vont en faire une belle. »

Des problématiques ciblées

D’un point de vue sportif, les Roses estiment pouvoir dire « mission accomplie », puisqu’elles ont participé aux éliminatoires en vertu de leur quatrième place au classement final. Elles ont toutefois été éliminées par l’AFC Toronto en demi-finale.

Rositoiu et son personnel technique ont mis en place un système de jeu axé sur la possession et la construction du jeu, et cette stratégie a porté ses fruits au point de vue défensif. L’équipe a terminé au premier rang de la ligue avec seulement 23 buts alloués en 25 matchs.

Les joueuses ont toutefois eu de la difficulté à convertir cette possession et les occasions de marquer qui en ont découlé en buts, particulièrement en fin de saison. Une situation qui est au cœur du travail de Pichon au cours de cette saison morte.

« Nous sommes déjà à pied d’œuvre dans un recrutement offensif ciblé, a affirmé Pichon. Notre objectif est de transformer notre possession en davantage d’occasions dangereuses et d’ajouter plus de créativité, de profondeur et d’impact dans le dernier tiers. »

Un autre objectif avoué de l’équipe sera d’insuffler plus de professionnalisme aux jeunes joueuses de l’équipe, notamment dans la façon d’approcher les entraînements, sur le terrain comme à l’extérieur.

« Les prochaines étapes seront marquées par une élévation des standards et des exigences envers nos joueuses pour continuer de progresser dans cette ligue compétitive, a fait valoir Pichon. Nous devons demander plus de discipline, plus de rigueur, plus de constance. »

Malgré ce manque d’opportunisme, les partisans ont été au rendez-vous, alors que les Roses ont vendu plus de 45 000 billets, soit une moyenne d’environ 3480 spectateurs par match au stade Boréale, qui compte un peu plus de 5000 places.

Il s’agit d’une « saison inaugurale qui dépasse les attentes », selon la présidente Annie Larouche, qui a révélé en fin de saison que le stade Boréale sera reconfiguré afin d’augmenter la disponibilité de billets à prix abordable.

Signe que le circuit a répondu aux attentes, le gouvernement du Canada a annoncé un financement de 5,45 millions $ au mois de novembre pour « apporter des améliorations transformatrices aux installations utilisées par la ligue à travers le pays ».