Les Jeux paralympiques d’hiver célébreront leur 50e anniversaire à Milan-Cortina, alors que la Chine tentera de prolonger sa domination en tant que puissance paralympique et que l’Ukraine et d’autres pays boycotteront la cérémonie d’ouverture en raison du retour du drapeau et de l’hymne russes.
Les Jeux commenceront officiellement vendredi dans un contexte de tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné des difficultés de déplacement pour les délégations de certains pays.
L’Iran devait envoyer un fondeur aux Jeux de Milan-Cortina. Le curling en fauteuil roulant a donné le coup d’envoi au programme des compétitions, mercredi.
Les Jeux paralympiques sont de retour en Italie 20 ans après Turin, en 2006. Il s’agira de la 14e édition des Jeux paralympiques d’hiver depuis la première édition, à Ornskoldsvik, en Suède, en 1976. Près de 200 athlètes avaient alors participé aux épreuves dans deux disciplines. Quelque 660 athlètes participeront aux six sports en Italie, du vendredi 6 au 15 mars 2026.
Le drapeau russe est de retour
Les athlètes russes pourront participer aux compétitions sous leur propre drapeau pour la première fois depuis plus de 10 ans, et l’hymne national du pays pourrait être joué pour les médaillés d’or pour la première fois dans une compétition sportive internationale depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le drapeau russe n’a plus été hissé aux Jeux paralympiques depuis les Jeux d’hiver de 2014, à Sotchi, tandis que l’hymne national n’a pas été entendu aux Jeux olympiques ou paralympiques depuis les Jeux d’été de 2016, à Rio de Janeiro.
Ce pourrait être la première fois en quatre ans que l’hymne est joué dans une compétition sportive internationale d’envergure.
L’Ukraine a été la première à annoncer qu’elle prévoyait de procéder au boycottage de la cérémonie d’ouverture à cause de la Russie, et sept autres pays ont prévu de ne pas y assister pour des raisons politiques: la Tchéquie, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Pologne, la Lituanie et les Pays-Bas.
D’autres pays ne participeront pas à la cérémonie d’ouverture afin de permettre à leurs athlètes de se reposer avant les compétitions, et non dans le cadre d’un boycottage.
Les athlètes russes ont d’abord été bannis en raison d’un programme de dopage institutionnalisé soutenu par l’État, et les sanctions se sont poursuivies depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Le ministre ukrainien des Sports, Matvii Bidnyi, a déclaré dans un message publié sur les réseaux sociaux que son pays «ne participera à aucune autre épreuve officielle des Jeux paralympiques».
Les athlètes russes et ceux du Bélarus, un proche allié de la Russie, se sont vu attribuer des places par le Comité international paralympique le 17 février.
Jusqu’ici, les athlètes russes et biélorusses avaient participé aux compétitions sportives en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN), sans drapeau, hymne ou couleurs d’équipe.
Le Comité international paralympique (CIP) a déclaré que la plupart des équipes se trouvaient déjà en Europe pour s’entraîner, mais qu’il aidait les autres à se rendre en Italie malgré la guerre qui fait rage au Moyen-Orient.
La domination chinoise
Les Jeux de Milan-Cortina donneront à la Chine l’occasion de s’imposer de nouveau, tant aux Jeux paralympiques d’été qu’à ceux d’hiver.
Les Chinois ont dominé le tableau des médailles aux Jeux paralympiques d’été à chaque édition depuis 2004, et, il y a quatre ans, ils ont remporté les Jeux d’hiver pour la première fois avec une performance record de 18 médailles d’or, 20 d’argent et 23 de bronze.
La Chine comptait plus de 90 athlètes paralympiques participant aux Jeux organisés chez elle en 2022, soit le plus grand nombre jamais envoyé par un pays, et elle enverra cette fois-ci une autre importante délégation en Italie. Elle comptera 70 athlètes, ce qui en fera sa plus grande délégation à l’étranger jamais constituée.
La Norvège est le pays le plus titré aux Jeux paralympiques d’hiver, devant les États-Unis et l’Autriche. La Chine occupe la 14e place au classement général des médailles, mais elle a participé à moins de la moitié des Jeux auxquels la Norvège, les États-Unis et l’Autriche ont pris part depuis les premiers Jeux paralympiques d’hiver, à Ornskoldsvik.
La volonté de la Chine de dominer les Jeux paralympiques d’hiver a reçu un coup de pouce lorsqu’elle a été choisie pour accueillir les Jeux de Pékin, où elle a remporté 60 médailles de plus que la seule qu’elle avait décrochée à Pyeongchang en 2018.
Cette détermination s’est poursuivie après les Jeux de Pékin, avec la mise à disposition de fonds publics pour les programmes paralympiques et la promotion de changements sur plusieurs fronts, notamment au niveau des lois visant à encourager l’accès des personnes handicapées au sport.
«La Chine a formé des centaines d’instructeurs et d’entraîneurs sportifs pour personnes handicapées grâce à des fonds publics depuis qu’elle a commencé à investir dans les sports paralympiques. Elle a formé des entraîneurs pour la participation de masse et continue de former des entraîneurs pour les sports d’élite», a déclaré NaRi Shin, professeur adjoint en gestion du sport à l’Université du Michigan.
«Le pays organise des Jeux paralympiques nationaux et régionaux, mais il a également accueilli les Jeux olympiques de 2008 et les Jeux d’hiver de 2022. Il a donc maintenu une série de compétitions, afin que les athlètes qu’il a formés puissent acquérir de l’expérience au plus haut niveau», a ajouté Shin, expert en développement sportif et en investissements des pays d’Asie de l’Est dans les Jeux olympiques et paralympiques.





