OTTAWA — Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, soutient la décision prise cette semaine par le Comité international olympique d’interdire aux femmes transgenres de participer aux épreuves sportives féminines lors des Jeux.
Ce changement de politique intervient en prévision des prochains Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 et s’aligne sur un décret du président américain Donald Trump.
La nouvelle politique exigera que les athlètes se soumettent à des tests génétiques afin de déterminer leur sexe.
Le test consiste en un prélèvement salivaire, buccal ou sanguin afin de détecter la présence du gène SRY, un fragment d’ADN «généralement présent sur le chromosome Y qui initie le développement sexuel masculin in utero», précise la politique.
M. Poilievre a partagé sur les réseaux sociaux un message de l’auteure J.K. Rowling, qui a décrit cette décision comme un « retour bienvenu vers un sport équitable pour les femmes et les filles ».
L’auteure de la saga Harry Potter a ajouté qu’elle n’oubliera pas ce qu’elle juge comme étant « le scandale de Paris 2024, lorsque des personnes se considérant comme extrêmement vertueuses et progressistes ont publiquement applaudi que des hommes frappent des femmes. »
Était jointe au message une photo de la boxeuse algérienne Imane Khelif — qui a remporté une médaille d’or à Paris en 2024 au milieu d’une vive controverse sur des idées fausses concernant son sexe.
M. Poilievre a republié le message sur X en ajoutant être tout à fait d’accord avec ses propos.
J.K. Rowling et M. Trump ont à plusieurs reprises désigné Mme Khelif comme un homme.
Elle est née de sexe féminin et répondait aux critères d’accessibilité du CIO en 2024.
World Boxing a mis en place l’année dernière une politique exigeant que tous les boxeurs se soumettent à un test génétique permettant de détecter la présence d’un chromosome Y.
Mme Khelif a récemment déclaré à CNN qu’elle se soumettrait à un tel test s’il était mené par le CIO.
Les tests chromosomiques étaient courants dans les sports olympiques au cours du XXe siècle, mais ont été largement abandonnés dans les années 1990 en raison de l’inefficacité de ces tests face aux variations du développement sexuel.
Le CIO a déclaré que l’admissibilité à toute catégorie féminine dans les sports individuels et d’équipe est « désormais réservée aux personnes de sexe biologique féminin ».
On ne sait pas clairement si des femmes transgenres participent actuellement à des compétitions olympiques.
En 2021, l’haltérophile transgenre Laurel Hubbard a participé aux Jeux de Tokyo et n’a pas remporté de médaille.
La présidente du CIO, Kristy Coventry, s’est donné pour mission de revoir la catégorie féminine après avoir pris ses fonctions en juin dernier.
Elle a déclaré lors d’une conférence de presse jeudi que cette décision était une priorité pour elle avant même l’entrée en fonction de M. Trump et qu’aucune pression n’avait été exercée sur le CIO par des acteurs extérieurs au mouvement olympique pour que ce changement soit opéré.
L’Association canadienne des libertés civiles a déclaré vendredi dans un communiqué que ces changements entraient fondamentalement en contradiction avec la Charte olympique, qui affirme que la pratique du sport est un droit humain.
« Non seulement ces mesures empêchent les femmes transgenres de participer aux compétitions, mais elles ciblent et disqualifient également les femmes cisgenres présentant des différences de développement sexuel », a soutenu l’ACLC.
Adam van Koeverden, secrétaire d’État canadien chargé des sports, ne s’est pas exprimé publiquement au sujet de ces changements. Son bureau n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.





