COLLABORATION SPÉCIALE
La fameuse division Est de la Ligue américaine... sans doute celle qui fait vibrer le plus de partisans de baseball au Québec.
Les Blue Jays de Toronto ont assurément gagné une nouvelle vague d’adeptes après leur présence en Série mondiale l’an dernier, et il faut le dire, cette série restera comme l’une des plus mémorables des dernières années.
Mais les Yankees de New York demeurent une valeur sûre et les Red Sox de Boston ne se laisseront pas intimider. Et éternel débat : y a-t-il plus de partisans des Yankees ou des Red Sox chez nous? Mon entourage penche légèrement pour Boston... mais ce n’est pas une science exacte. Et honnêtement, ça dépend probablement du moment et des performances.
Quoi qu’il en soit, cette division ne laisse jamais indifférente.
Sans plus tarder, voici mon analyse de la section Est en ce début de saison 2026. Une chose est certaine : il y aura des rebondissements.
Petit rappel du classement de 2025
- Jays 94-68
- Yankees 94-69
- Red Sox 89-73
- Rays 77-84
- Orioles 75-87
D’entrée de jeu, je pense que les Yankees et les Blue Jays auront un peu plus de difficulté à répéter leur saison de 94 victoires, tandis que les Red Sox et Orioles de Baltimore vont s’améliorer au classement de sorte qu’il y aura congestion au sommet de cette division. Et les Rays de Tampa Bay ne seront pas si loin derrière...
Dans ce contexte de congestion annoncée, les Blue Jays arrivent avec un profil fascinant : une équipe capable du meilleur… mais entourée de quelques zones d’incertitude.
Les Jays peuvent-ils répéter?
Peut-on réellement s’attendre à une autre saison dominante de George Springer à 36 ans? Sa renaissance l’an dernier a été remarquable, mais le temps finit toujours par rattraper même les meilleurs. Un léger ralentissement pourrait affecter toute la dynamique offensive dans le haut de la formation.
Même réflexion pour les surprises de 2025. Nathan Lukes et Ernie Clement ont joué un rôle clé, mais répéter une telle production est loin d’être garanti. S’ils reviennent à la moyenne, les Jays devront rapidement trouver des solutions ailleurs.
Le champ gauche demeure un point d’interrogation. Jesús Sánchez n’a pas rassuré au camp et Eloy Jiménez, après un bon départ, semble déjà ralentir. Dans une division aussi relevée, ce genre d’incertitude peut coûter cher.
L’adaptation de Kazuma Okamoto sera aussi à surveiller. Le talent est là, mais la transition vers les majeures prend parfois du temps. Pendant ce temps, la rotation débute l’année fragilisée, avec Shane Bieber, Jose Berríos et Trey Yesavage déjà blessés. Dans l’Est, partir avec un handicap de ce type n’est jamais idéal.
Des bras comme Cody Ponce devront livrer la marchandise rapidement, tandis qu’Eric Lauer devra prouver que sa dernière saison n’était pas un feu de paille. En relève, Jeff Hoffman devra offrir plus de constance.
Mais il y a aussi des raisons d’y croire.
Une saison complète d’Addison Barger pourrait changer la donne, alors que Daulton Varsho, à l’aube de l’autonomie, aura toutes les raisons d’élever son jeu. Et tant que Vladimir Guerrero Jr. est au cœur de la formation, cette attaque reste menaçante.
Ajoutez à cela une défense solide, un Alejandro Kirk toujours aussi fiable derrière le marbre et un enclos de releveurs plus expérimenté, et vous obtenez une équipe difficile à manœuvrer.
Au final, les Blue Jays semblent légèrement moins dominants sans Bo Bichette et Anthony Santander, mais peut-être mieux équilibrés. Dans une division aussi serrée, chaque détail comptera.
Projection : 91 victoires
La même recette pour les Yankees
Chez les Yankees, le portrait est à la fois familier... et rempli d’interrogations. Une équipe capable d’en imposer, mais qui amorce la saison avec quelques zones grises, notamment autour de l’utilisation de certains joueurs et de leur santé.
À commencer par Trent Grisham. Peut-il réellement ressembler au joueur de l’an dernier? Sa contribution a été précieuse, mais sa constance a souvent été un enjeu dans sa carrière. Même type de question pour Ben Rice : peut-on déjà s’attendre à une saison de 30 circuits ou plus, ou parle-t-on d’un objectif encore prématuré?
Et puis, il y a l’inévitable point d’interrogation nommé Giancarlo Stanton. Combien de matchs pourra-t-il disputer? Sa présence change complètement le visage de l’attaque... mais son absence est presque devenue une attente.
Autour d’eux, Jose Caballero et Ryan McMahon devront prouver qu’ils peuvent en donner suffisamment offensivement pour soutenir le cœur de l’alignement. Rien de spectaculaire n’est nécessaire, mais dans une division aussi relevée, chaque trou dans la formation finit par coûter cher.
Il y a aussi une certaine frustration du côté des jeunes. Spencer Jones et Jasson Domínguez, deux talents prometteurs, pourraient manquer de temps de jeu en début de saison s’ils restent avec le grand club. Une situation qui illustre bien la congestion... mais aussi un certain manque de flexibilité.
Sur la butte, les inquiétudes sont bien réelles. Gerrit Cole, Carlos Rodón et Clarke Schmidt amorcent la saison sur la liste des blessés. Trois piliers absents dès le départ, ça fragilise n’importe quelle rotation, même à New York.
Mais comme souvent avec les Yankees, les certitudes sont imposantes.
Aaron Judge demeure l’un des joueurs les plus dominants du baseball. À lui seul, il change l’allure d’un match. Cody Bellinger, lui, offre une stabilité précieuse et devrait être en mesure de reproduire son rendement de 2025.
Jazz Chisholm ajoute une dimension différente avec sa puissance et sa vitesse, tandis que Cam Schlittler, après s’être imposé l’an dernier, semble prêt à passer à un autre niveau en 2026.
Et surtout, l’enclos de relève inspire davantage confiance. Avec des bras comme David Bednar et Camilo Doval pour fermer les livres, les Yankees possèdent enfin cette sécurité en fin de match qui leur a parfois échappé.
Au final, les questions sont nombreuses, mais les solutions existent. Comme souvent, tout dépendra de la santé... et de quelques paris qui devront rapporter.
Projection : 91 victoires.
Tous les espoirs sont permis à Boston
Les Red Sox de Boston n’attendent pas à rire cette saison. On sent clairement une organisation qui veut accélérer le processus, sans pour autant brûler les étapes.
Sur papier, il y a du sérieux. L’ajout de Sonny Gray, Ranger Suárez et Johan Oviedo vient solidifier une rotation déjà intrigante avec Garrett Crochet et Brayan Bello. Ce n’est peut-être pas l’élite du baseball majeur, mais c’est une base très crédible pour compétitionner soir après soir.
Offensivement, c’est là que ça devient vraiment intéressant.
Une saison complète pour Roman Anthony pourrait marquer le début de quelque chose de gros. Le talent est évident et tout indique qu’il est destiné à devenir un joueur d’impact. L’arrivée de Wilson Contreras au premier but vient stabiliser une position qui en avait bien besoin, tout en ajoutant du leadership à un groupe très jeune.
Des gars comme Caleb Durbin amènent une énergie différente, un style qui va rapidement plaire aux partisans de Boston. Et si Jarren Duran produit à la hauteur de son potentiel, on parle ici d’un catalyseur offensif capable de changer le rythme d’un match. Sans oublier Wilyer Abreu, dont la puissance brute pourrait éclater cette année.
En fin de match, le duo Aroldis Chapman – Garrett Whitlock offre une belle sécurité. Mais derrière eux, la question demeure entière : est-ce que la relève va tenir le coup sur 162 matchs?
Et puis il y a les jeunes.
Est-ce que Marcelo Mayer ou Kristian Campbell peut s’imposer, notamment au deuxième but et produire de façon constante? Le talent est là, mais la constance, elle, s’apprend.
C’est là tout le défi des Red Sox version 2026.
Cette équipe a un potentiel indéniable. Mais elle est jeune. Très jeune. À part Contreras et Trevor Story, on parle d’un groupe de joueurs de position dont la moyenne d’âge tourne autour de 25 ans.
Et avec la jeunesse vient l’inconstance.
Il faudra donc faire preuve de patience à Boston. Il y aura des séquences excitantes, d’autres plus difficiles. Mais une chose est certaine : les bases sont là. Et si tout tombe en place plus rapidement que prévu, cette équipe pourrait même se faufiler en tête de la division!
Projection : 92 victoires
Les Orioles : Rebondir tout en puissance
Soixante-quinze victoires l’an dernier. Très loin du scénario anticipé pour les Orioles de Baltimore.
Les attentes étaient élevées, mais rien n’a fonctionné. Les jeunes n’ont pas répondu présents, l’élan n’a jamais pris et, rapidement, la saison a dérapé. Une énorme déception. Mais visiblement, la direction a compris le message.
On a décidé d’ajouter de l’expérience. Et surtout de la puissance.
Les arrivées de Taylor Ward et Pete Alonso changent le portrait offensif de cette équipe. À eux deux, 74 circuits en 2025. Ce n’est pas anodin. Avec Gunnar Henderson et le joyau de l’organisation, Samuel Basallo, les Orioles peuvent rivaliser avec n’importe qui en ce qui concerne de frapper la longue balle.
Et il ne faut pas oublier Adley Rutschman.
Sa saison 2025 a été difficile, loin de ce qu’on attend de lui. Mais tout indique qu’un rebond est à venir. Et si Rutschman retrouve son niveau, toute l’attaque prend une autre dimension.
Sur la butte, il y a du mieux, mais aussi des questions.
L’ajout de Chris Bassitt et Shane Baz vient stabiliser une rotation qui en avait besoin. Ils rejoignent Trevor Rogers, Kyle Bradish et le vétéran Zach Eflin, encore capable de donner de bonnes manches. Sur papier, c’est correct. Mais ça demeure fragile. La profondeur sera mise à l’épreuve.
Et comme si ce n’était pas assez, les blessures viennent compliquer le portrait.
Jackson Holliday, Jordan Westburg et Heston Kjerstad amorcent la saison sur la liste des blessés. Trois jeunes sur qui l’organisation comptait énormément. Ce n’est pas l’idéal.
Malgré tout, difficile de ne pas croire au potentiel de Holliday. Il a trop de talent pour ne pas finir par s’imposer et jouer un rôle important dans les succès futurs de cette équipe.
Du côté de l’enclos, on mise sur l’expérience. Plusieurs releveurs ont dépassé la trentaine. Ce ne sera peut-être pas spectaculaire, mais on espère de la stabilité. Et un nom à surveiller : Ryen Heasley, qui tentera de relancer sa carrière après un passage difficile avec les Mets de New York.
Au final, ces Orioles sont difficiles à cerner.
Il y a de la puissance. Il y a du talent. Mais il y a aussi de l’incertitude, surtout sur le monticule et sur la santé des jeunes.
Et si tout tombe en place, cette équipe pourrait redevenir beaucoup plus dangereuse qu’elle ne l’a été l’an dernier.
Projection : 87 victoires.
Rays : l’art de survivre... et déranger
Les Rays seront encore compétitifs en 2026. De toute manière, ils trouvent toujours une façon de l’être.
Année après année, peu importe les départs ou les blessures, cette organisation réussit à rester dans le coup. Et cette saison ne devrait pas faire exception.
Quelques nouveaux visages s’amènent, dont Gavin Lux, Cedric Mullins et Jake Fraley. Trois joueurs capables d’apporter de la profondeur et de la polyvalence, deux éléments essentiels à l’identité des Rays.
Mais comme souvent à Tampa Bay, le cœur de l’équipe repose sur un mélange bien dosé de vétérans et de jeunes talents.
Yandy Díaz demeure une valeur sûre, un point d’ancrage dans cette formation. À ses côtés, Junior Caminero, seulement 22 ans, représente déjà une menace offensive avec sa puissance naturelle. Et que dire de Chandler Simpson : lui, il ne cesse de courir. Sa vitesse peut changer l’allure d’un match en quelques secondes.
Mais le nom à surveiller, c’est Carson Williams.
Le principal espoir de l’organisation pourrait profiter de la blessure à Taylor Walls pour se faire une place. Et à Tampa, on le sait, quand un jeune obtient une opportunité, il faut la saisir rapidement.
Sur la butte, les Rays jouent encore avec le feu.
Tout repose en grande partie sur la santé de Drew Rasmussen et Shane McClanahan. S’ils tiennent le coup, cette rotation devient immédiatement beaucoup plus crédible. Ryan Pepiot est de retour, tandis que Nick Martinez et Steven Matz viendront compléter le groupe. Ce n’est pas flamboyant, mais c’est dans l’ADN des Rays : maximiser chaque bras disponible.
Et en fin de match, on revient à une recette bien connue.
Un comité de releveurs. Pas de rôle fixe, mais des options. Griffin Jax, Garrett Cleavinger et Bryan Baker devraient se partager les situations importantes.
C’est rarement spectaculaire. Mais c’est souvent efficace.
Et derrière tout ça, il y a Kevin Cash.
Un des gérants les plus intelligents du baseball majeur. Il connaît son groupe, comprend ses limites, et surtout, il sait comment tirer le maximum de ses joueurs. C’est ce qui permet aux Rays de rester compétitifs, année après année, dans une division aussi relevée.
Projection : 82 victoires.
Projection division Est
- Red Sox 92 victoires
- Yankees 91 victoires
- Jays 91 victoires
- Orioles 87 victoires
- Rays 82 victoires










