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Des lanceurs qui défient la réalité

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COLLABORATION SPÉCIALE

Mine de rien, plus du tiers de la saison est déjà derrière nous dans le Baseball majeur.

Comme chaque année, il y a des surprises. Les Rays de Tampa Bay continuent de trouver le moyen de gagner malgré des ressources plus limitées que plusieurs puissances du baseball. Les White Sox de Chicago, que plusieurs voyaient au fond du classement, jouent également un bien meilleur baseball que prévu.

À l’inverse, certaines équipes déçoivent. Les Red Sox de Boston, les Tigers de Detroit et les Mets de New York n’ont pas répondu aux attentes jusqu’ici, loin de là!

Autre constat intéressant : seulement cinq équipes jouent pour ,500 ou mieux dans la Ligue américaine, alors que les cinq formations de la section Centrale de la Ligue nationale affichent actuellement un dossier gagnant.

Et quel plaisir de voir le Québécois d’adoption Otto Lopez se retrouver au premier rang des meilleurs frappeurs du baseball majeur au chapitre de la moyenne au bâton.

Évidemment, il reste encore énormément de baseball à jouer. Mais ce qui retient particulièrement mon attention depuis quelques semaines, c’est la course au trophée Cy Young dans les deux ligues.

Certains lanceurs connaissent des saisons qui ressemblent davantage à un jeu vidéo qu’à la réalité.

Ligue nationale : une collection de saisons historiques

Honnêtement, les statistiques suivantes sont tout simplement renversantes, surtout avec un échantillon de manches suffisamment important pour être pris très au sérieux.

LanceurMLBB / RABMPMMCMNote
Shohei Ohtani5517 / 610,820,82Moyenne de puissance contre de .447
Jacob Misiorowski6419 / 1001,830,83Seulement 4,8 coups sûrs par 9 manches
Cristopher Sanchez79,116 / 951,471,12Séquence de 44,2 manches sans accorder de point
Chris Sale6717 / 802,010,94À 37 ans, seulement 0,8 circuit par 9 manches
Chase Burns64,120 / 721,960,96Taux de 34 % d’élans dans le vide

Vous remarquerez que je n’ai pas inclus la fiche victoires-défaites. Cette statistique est devenue beaucoup moins importante qu’autrefois dans l’évaluation des lanceurs. Elle dépend trop souvent du soutien offensif et du travail des releveurs.

Je n’ai pas non plus inclus Mason Miller, le releveur des Padres de San Diego. Avec seulement 23,2 manches lancées, la comparaison avec les partants serait injuste. Cela dit, ses 17 sauvetages, sa moyenne de points mérités de 0,72 et sa moyenne de coureurs mérités de 0,84 sont tout simplement remarquables et il sera un candidat au trophée Cy Young s’il poursuit sur cette lancée.

Paul Skenes mérite également une mention. Il serait probablement mon sixième candidat présentement. Dire qu’une moyenne de points mérités de 2,89 est « élevée » démontre à quel point la compétition est féroce cette année.

Ce qui frappe lorsqu’on regarde ces statistiques, c’est le faible nombre de buts sur balles accordés.

Oui, la vélocité est importante. Plus que jamais, les organisations recherchent des lanceurs capables d’atteindre 96, 98 ou même 100 milles à l’heure. Mais la capacité de contrôler cette puissance demeure la qualité la plus précieuse.

Lancer fort, c’est bien.

Lancer des prises, c’est mieux.

Lancer fort tout en contrôlant la zone de prises, voilà ce qui vous place dans la conversation pour un trophée Cy Young.

Et si le vote avait lieu aujourd’hui? Bonne chance pour trancher.

La moyenne de points mérités de 0,82 de Shohei Ohtani saute aux yeux. Les 100 retraits sur des prises de Jacob Misiorowski en seulement 64 manches sont tout aussi impressionnants. La séquence de Christopher Sanchez semble sortie d’une autre époque.

Bref, ce sont des performances d’exception.

Ligue américaine : moins spectaculaire, mais très solide

Les statistiques de la Ligue américaine sont un peu moins spectaculaires, ce qui démontre surtout à quel point ce qui se passe dans la Nationale est rare.

LanceurMLBB / RABMPMMCMNote
Cam Schlittler7213 / 811,500,85Meilleure MPM de l’Américaine
Nick Martinez66,212 / 411,621,11Balle rapide moyenne de 92 mph
Davis Martin67,214 / 712,000,99Seulement 0,4 circuit par 9 manches
Parker Messick64,119 / 702,241,04Recrue de l’année 2026?
Jose Soriano71,131 / 782,651,15Excellent volume de travail

On pourrait également parler du Canadien Cade Smith, qui compte déjà 19 sauvetages avec les Guardians de Cleveland. Toutefois, contrairement à Mason Miller, il ne domine pas les catégories statistiques avec la même autorité.

Depuis le début de la saison, mon favori demeure Cam Schlittler des Yankees de New York.

Il possède le mélange idéal de puissance, de contrôle et d’efficacité. Sauf blessure, je le vois très bien demeurer dans cette conversation jusqu’à la fin de la saison.

Du côté des Blue Jays, Dylan Cease continue aussi d’impressionner. Il occupe le troisième rang de la Ligue américaine pour les retraits sur des prises avec 92 en seulement 62 manches.

Sa moyenne de 13,4 retraits sur des prises par neuf manches est spectaculaire.

Il faudra toutefois qu’il demeure en santé et qu’il ne rate pas trop de départs s’il veut rester parmi les meneurs.

Pas encore 1968... mais quand même

Malgré toutes ces performances dominantes, personne ne songe encore à abaisser le monticule comme ce fut le cas après la saison 1968, la fameuse « année du lanceur ».

Cette année-là, Bob Gibson avait maintenu une moyenne de points mérités de 1,12, l’une des plus grandes saisons de l’histoire du baseball.

La moyenne de points mérités de la Ligue nationale était alors de 2,99. Celle de la Ligue américaine, de 2,98.

Aujourd’hui?

La moyenne combinée du baseball majeur se situe autour de 4,06.

Nous sommes donc encore loin des niveaux observés en 1968.

Mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas témoins de quelque chose de spécial.

Pendant ce temps, le baseball majeur et l’Association des joueurs ont commencé les discussions en vue d’une nouvelle convention collective, qui viendra à échéance le 1er décembre 2026. Même si une entente semble encore lointaine, le simple fait que les deux parties discutent déjà représente une bonne nouvelle.

Cela dit, plusieurs observateurs croient qu’un conflit de travail demeure une possibilité réelle pour 2027.

Raison de plus pour profiter pleinement du spectacle que nous offrent ces lanceurs.

Parce que ce que certains accomplissent présentement n’arrive pas tous les ans.

Et lorsque l’histoire du baseball repassera sur la saison 2026, il est fort possible qu’elle se souvienne d’abord des hommes qui occupaient le monticule.