Le Tour d’Italie 2026 aura été bénéfique sur plusieurs plans pour Magdeleine Vallières Mill. Il y a deux semaines seulement, la Québécoise de 24 ans n’avait jamais été la meneuse de son équipe lors d’un Grand Tour. Elle n’avait jamais monté un col à bloc pendant plus d’une heure non plus. Maintenant, elle sait où elle se situe par rapport au reste du peloton.
Ce Giro avait pour but de servir de baromètre pour l’athlète de Sherbrooke ainsi que son équipe, EF Education-Oatly, en vue du Tour de France, mais aussi pour la suite de sa carrière.
Vallières Mill a terminé 12e au classement général, arrivant à court de son objectif, qui était un top-10, mais elle en retire néanmoins beaucoup de positif.
« J’ai vraiment tout donné, a-t-elle confié lors d’un entretien avec La Presse Canadienne, depuis son domicile en Andorre. J’ai eu beaucoup de support de la part de mon équipe, je ne pouvais pas demander mieux comme première expérience.
« Nous n’étions vraiment pas loin de notre objectif, a-t-elle poursuivi. Pour une première fois dans ce rôle, je peux être satisfaite même si ce n’est pas exactement ce que je souhaitais. Le niveau était quasiment aussi élevé qu’au Tour de France. »
Tout s’est déroulé comme prévu lors des trois premières étapes, mais la quatrième, un contre-la-montre de près de 13 kilomètres avec du dénivelé, a fait basculer les choses. Vallières Mill a pris le 31e rang, à plus de quatre minutes de la gagnante de l’étape, Anna van der Breggen, et à plus de trois minutes de ses principales rivales, dont l’éventuelle gagnante du Giro, Demi Vollering.
« Ç’a quand même été un bon choc pour moi et pour l’équipe, a admis la Sherbrookoise. Je savais que ce n’était pas une étape pour moi, mais je ne pensais pas que ce serait si pire. Je ne pensais pas perdre autant de temps. Il y a seulement neuf étapes, donc on savait qu’avec un tel retard, c’était pas mal déjà fini pour le classement général. »
L’autre étape qui a été déterminante pour Vallières Mill lors de ce Tour d’Italie est la huitième. Le col du Finestre, une montée de plus de 1500 mètres, était au menu. La championne du monde a terminé à un peu plus de quatre minutes de Vollering, qui a remporté l’étape, mais elle est demeurée avec elle pendant une bonne partie de l’ascension.
« Je me suis surprise un peu, a-t-elle avoué. J’ai fait mon record de watts sur une heure, donc les filles qui ont terminé devant sont vraiment fortes. J’ai poussé ma limite. C’était un effort vraiment différent de ce que je fais habituellement, mais c’était cool d’essayer ça pour voir où je me situe là-dedans. »
À la lumière de ces performances, Vallières Mill visera des victoires d’étapes au Tour de France plutôt que le classement général. Et pour le futur, ce n’est pas encore clair, tant pour elle que pour son équipe.
« J’ai toujours eu un rêve de maillot jaune, a d’abord indiqué la cycliste. Tout le monde regarde le Tour de France. Mais en ce moment, je n’ai pas le niveau pour porter ce maillot ou être sur le podium. En revanche, j’ai bien fait lors des Classiques (courses d’une journée les plus prestigieuses) cette année, donc je vais peut-être me tourner davantage vers ça l’an prochain, mais rien n’est décidé, surtout pas pour les années suivantes. »
Lorsque Vallières Mill parle des années suivantes, c’est qu’il ne serait pas impossible de la voir se concentrer sur les courses d’une journée en 2027 et de revenir avec des ambitions de classement général en 2028, par exemple.
« Ce sera vraiment une décision d’équipe, a-t-elle expliqué. Nous aurons une discussion avec tout le monde dans les prochaines semaines : les gérants, les entraîneurs et les directeurs sportifs. C’est là qu’on va voir où ils me voient et où je veux aller. C’est à ce moment que mon entraînement se précisera pour la suite. »
D’ici là, Vallières Mill s’envolera vers la Suisse vendredi pour y faire une reconnaissance des trois premiers parcours du prochain Tour de France. Elle prendra ensuite part au Tour de Suisse, du 17 au 21 juin, où elle visera là aussi une victoire d’étape plutôt que le classement général.
À 100 jours des Mondiaux
Rares sont les athlètes qui ont la chance de défendre un maillot arc-en-ciel à la maison, mais ce sera le cas de Vallières Mill dans une centaine de jours, à Montréal. Et la Québécoise peine encore à y croire.
« J’y pense tout le temps, a-t-elle révélé. Je dois me concentrer sur le Tour de France en ce moment, mais ça demeure une motivation que je garde toujours en tête. Je veux dire, courir chez nous, c’est incroyable. Ça s’en vient vraiment vite! »
Bien que le Grand Prix cycliste de Montréal n’ait jamais accueilli les femmes à ce jour, Vallières Mill connaît bien le parcours du mont Royal. Elle y a même déjà couru, lors des Jeux du Québec de 2018.
« Ça fait longtemps que j’ai le goût de recourir sur ce parcours, a affirmé la championne du monde. Ce sera une course imprévisible, il y a tellement de scénarios différents. Le parcours est difficile et technique. Ça peut aller dans plein de directions. Les amateurs devraient avoir droit à tout un spectacle. »
La course élite femmes, qui se déroulera le 26 septembre, s’amorcera sur la Rive-Sud de Montréal avant de se diriger vers la métropole, où les cyclistes feront huit fois le parcours du mont Royal.






