MONTRÉAL – Lorsque Robert Kennedy III parle à ses amis du milieu du football, il leur raconte que la LCF représente la transition la plus difficile de toute sa carrière.
Ça n’a pas paru du tout, jeudi dernier, pendant le premier match de la saison des Alouettes de Montréal. Sans ses deux superbes jeux défensifs, les Oiseaux auraient subi la défaite face aux Tiger-Cats de Hamilton.
Alors que les Tiger-Cats s’approchaient, au minimum d’un placement pour augmenter leur avance de 24-10 à 27-10 au 3e quart, Kennedy III a réussi une interception cruciale pour un touché réduisant plutôt l’écart à 24-17. En prolongation, il a enchaîné en provoquant un échappé de Keric Wheatfall menant au placement victorieux.
« C’est vraiment difficile! Je dis à tous mes amis, dont certains sont dans la NFL, que c’est la transition la plus exigeante de toute ma vie. J’ai l’impression de jouer un football complètement différent », a confié Kennedy III.
Cette transition, elle s’est amorcée la saison dernière. L’Américain originaire de Jeannette, en Pennsylvanie, a été en mesure de disputer huit matchs se promenant parfois de l’équipe d’entraînement à la formation régulière.
Voilà tout un chemin parcouru par celui qui a été élu parmi les joueurs de la semaine dans la LCF.
« Oh, c’est bien. Mais je ne regarde pas trop ça. Ce match est survenu la semaine dernière alors que mon attention est dirigée vers la prochaine partie contre Toronto », a répondu l’athlète de 26 ans.
Durant sa saison recrue dans le circuit canadien, Kennedy III avait été capable du meilleur comme du pire en se faisant parfois déjouer pour de longs gains.
« Demi défensif dans la LCF, c’est la pire position! Parce que tous les règlements favorisent l’attaque. Alors que tu te fasses battre de temps en temps… Il faut se rappeler que Wesley Sutton, peu de gens voulaient le garder à Montréal à un certain point. Mais il faut avoir un peu de patience avec ces joueurs », a relativisé le directeur général Danny Maciocia qui était persuadé que l’organisation montréalaise pourrait raffiner son talent brut.
« Cette première année m’a grandement aidé, les vétérans ont été merveilleux. Quand j’étais sur l’équipe d’entraînement, j’étais souvent opposé à Tyler Snead et ça m’a tellement aidé, il est assurément dans le top-5 des receveurs de la LCF », a exposé Kennedy III.
« En étant sur l’équipe d’entraînement, tu peux rester au même niveau ou progresser et je crois que j’ai suivi la deuxième option », a-t-il humblement soumis.
À vrai dire, les Alouettes ont décelé un tel potentiel chez Kennedy III qu’ils lui ont consenti une prolongation de contrat pour la saison 2027 durant le camp d’entraînement où il est arrivé fin prêt.
« J’ai toujours cru que la plus grande progression d’un athlète américain dans la LCF survient à sa deuxième saison puisque le football canadien est si différent. Tu profites d’une saison morte pour revenir meilleur et il l’a fait. Cette interception pour un touché, je l’avais également vue au camp d’entraînement. Les jeux que tu réussis dans les pratiques se transposent souvent dans les matchs », a commenté l’entraîneur-chef Jason Maas.
La saison demeure très jeune et ça reviendra à Kennedy III de valider cette progression.
« Ce n’est que la deuxième semaine alors je trouve qu’il me reste plusieurs petits trucs à assimiler, mais que je suis rendu à un niveau correct désormais », a-t-il cerné.
Il aurait été mal avisé que Kennedy III claironne d’avoir piégé nul autre que Bo Levi Mitchell. Son « timing » a frôlé la perfection pour foncer et s’emparer du ballon.
« Quand tu affrontes un vétéran quart-arrière, il ne va rien lancer quand son coéquipier est bien couvert, alors il faut un peu déguiser la couverture en laissant une certaine distance », a convenu celui qui a changé son numéro 31 pour le 1 cette saison.
Ça tombait à merveille alors qu’il a obtenu sa première interception et son premier touché dans la LCF.




