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Plus près du but, Gorton continue de prôner la patience

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MONTRÉAL – La dernière fois que Jeff Gorton s’était vu confier le mandat de superviser une reconstruction, on ne l’avait laissé s’occuper que de la partie ingrate de l’opération.

Une lettre d’explications aux partisans, une vente de feu et deux saisons perdantes plus tard, Gorton s’était fait indiquer la sortie au moment où les fruits de son travail étaient prêts à être cueillis.

« Je veux dire, ça avait été difficile, se remémorait le président des opérations hockey du Canadien mercredi matin. La fin, là-bas, je ne l’avais pas vu venir. Ça avait été dur à avaler. Mais heureusement, je n’ai pas dû attendre trop longtemps avant de rebondir. Aujourd’hui, je me dis que si j’étais encore là, je ne serais pas ici. Et je suis content d’être ici. »

Gorton s’adressait aux médias au lendemain de l’inauguration réussie de la saison locale de son équipe, qui a maintenant remporté trois de ses quatre premiers matchs au calendrier. Au lendemain, aussi, de l’annonce de la prolongation de contrat de cinq ans que lui a consentie son patron Geoff Molson. Son grand complice, Kent Hughes, a obtenu le même vote de confiance.

L’ancien dirigeant des Bruins de Boston et des Rangers de New York aura donc la chance de mener à terme le chantier dans lequel il a mis les pieds en novembre 2021 après le départ de Marc Bergevin.

À l’époque, le Canadien était enlisé dans la médiocrité. Il allait d’ailleurs terminer cette saison au dernier rang du classement général de la LNH. Mais avant la conclusion de cette année de misère, Gorton a posé deux gestes importants avec les embauches atypiques de Hughes comme directeur général et Martin St-Louis comme entraîneur-chef.

Depuis, le trio a commis très peu de faux pas. Une structure enrichie a été mise en place afin de favoriser le développement des espoirs détectés par l’équipe de recrutement. Juraj Slafkovský, Lane Hutson et Ivan Demidov sont devenus les visages d’un bassin de jeunes joueurs considéré comme l’un des mieux nantis de la ligue.

Des pièces manquantes ont été ajoutées dans des transactions audacieuses et une partie substantielle de ce jeune noyau a déjà été soudée contractuellement pour les années à venir.

Avec Gorton au sommet de sa pyramide hockey, le Canadien a connu des saisons de 68, 76 et 91 points. Plusieurs lui prédisent un autre saut vers l’avant en 2026.

« Je n’ai jamais aimé répondre à ce genre de question, a répondu l’Américain de 57 ans quand un journaliste lui a demandé dans combien temps il croyait que son équipe pourrait être qualifiée d’aspirante. Je crois que les joueurs nous fourniront éventuellement cette réponse. On sent qu’on bouge dans la bonne direction, on sent que l’équipe s’améliore. Se fixer un échéancier ne nous aidera en rien, mais tout le monde est confiant et enthousiasmé de voir la suite. »

La même approche

Personne à Montréal ne lèvera le petit doigt pour s’opposer au prolongement du règne de Gorton. Il ne suffit qu’à tendre l’oreille vers les réactions de la foule qui s’est entassée au Centre Bell mardi soir, à écouter les lignes ouvertes pendant cinq minutes ou à prendre le pouls des différentes plateformes numériques pour comprendre que l’adhésion à son projet est totale.

Cette lune de miel qui ne semble plus vouloir finir, Gorton l’attribue à la transparence dont sa petite équipe de dirigeants a toujours fait preuve depuis son entrée en poste. Puisque les cartes ont toujours été sur la table, et que les résultats ont toujours validé son orientation, il assure n’avoir jamais été tenté de déroger du plan initial.

Et maintenant qu’approche la partie la plus délicate de sa reconstruction, celle où les résultats devront être livrés avec régularité, il croit que la tentation d’accélérer le plan est le plus grand obstacle qui se dresse devant lui.

« La clé demeure la patience. Il faut être patient dans notre façon d’aborder les prochaines étapes afin d’éviter de prendre la mauvaise décision. Des opportunités nous seront présentées, des dossiers seront déposés sur nos bureaux. Toujours, il faudra tout prendre en considération pour se demander s’il s’agit de la bonne chose à faire. Cette personne cadrera-t-elle dans notre vestiaire? Représente-t-elle ce dont nous avons besoin? »

« Au point où nous en sommes, la patience n’est pas toujours une approche populaire. Personne ne veut vraiment entendre ça. Mais c’est la vérité. Ça a fonctionné jusqu’à maintenant et on continuera de s’appuyer là-dessus. »

« La simple idée de tout gagner ici... »

La prolongation de contrat accordée à Gorton met aussi sur la glace les questions concernant son intérêt à poursuivre d’autres opportunités de carrière. Au cours des dernières années, son nom a été inséré dans une poignée de discussions entourant des ouvertures dans les bureaux d’équipes rivales.

« Depuis que je suis ici, on dirait que les gens se posent des questions sur le titre qu’on m’a donné. Ils se demandent si je voudrais redevenir directeur général », semble-t-il avoir entendu entre les branches.

Tout ça doit être rangé dans le tiroir des rumeurs et des spéculations. « Personne ne m’a jamais appelé pour m’offrir un job », assure-t-il. Il en profite au passage pour ajouter que ces offres, si elles étaient venues, auraient probablement été refusées.

« Depuis que je suis arrivé ici et que Kent et Marty se sont joint à moi, plus le temps passe et plus je me sens à ma place. La simple idée de possiblement tout gagner ici est trop attirante pour aller voir ce qu’il pourrait y avoir ailleurs. Avec un propriétaire qui nous a toujours supportés, la situation est parfaite pour moi. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant ici, mais je dois aujourd’hui me pincer pour m’assurer que tout ça est bel et bien en train de m’arriver. »