Le congédiement de Patrick Roy par les Islanders est bien sûr surprenant. Surtout avec quatre petites parties à disputer avant la fin du calendrier régulier.
Bon! Les quatre revers consécutifs que vient d’encaisser son club – 8-3 contre Pittsburgh, 4-3 à Buffalo, 4-1 contre Philadelphie, 4-3 en Caroline – ont peut-être inquiété le directeur général Mathieu Darche au point de lui forcer la main.
Les Islanders sont toujours au troisième rang de la section Métropolitaine, ce qui est bien. Mais les Blue Jackets de Columbus, qui ont un match de plus à disputer, n’accusent qu’un point de retard sur la troupe de Mathieu Darche. Tout comme les Flyers de Philadelphie.
Ce qui rend la position des Islanders plutôt inconfortable et les oblige à retrouver rapidement le chemin de la victoire.
En congé jusqu’à jeudi, les Islanders pourront donc reprendre leur souffle, apprendre à connaître leur nouvel entraîneur-chef Peter DeBoer, comprendre les ajustements qu’il apportera dans le système de jeu préconisé jusque-là par Patrick Roy.
Cette pause a sans doute milité dans la décision de Darche. Après tout, si tu veux effectuer un changement d’entraîneur-chef, tu dois tenter d’offrir au nouveau venu les meilleures conditions possible.
DeBoer les a obtenues.
Car après la pause d’adaptation qui s’offre à lui, DeBoer et sa nouvelle équipe croiseront les Maple Leafs, les Sénateurs, le Canadien et les Hurricanes. Quatre matchs qui seront disputés chez eux, au UBS Arena.
Si le congédiement de Patrick Roy est surprenant, le choix de son successeur l’est davantage. Du moins à mes yeux.
Grand admirateur de Guy Boucher, du style de jeu qu’il impose à ses joueurs, mais surtout de sa manière de diriger ses équipes autant techniquement que sur des bases personnelles, j’étais convaincu que c’est l’ancien entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay et des Sénateurs d’Ottawa ensuite qui serait le candidat numéro un de Mathieu Darche.
Mais bon! Guy Boucher est sous contrat avec l’Avangard d’Omsk dans la KHL jusqu’à la fin de la saison. Les entraîneurs-chefs nord-américains s’assurent presque toujours de bénéficier d’une clause leur permettant d’accepter sur le champ toute offre obtenue de l’une ou l’autre des 32 équipes de la LNH.
Cela dit, peut-être que les liens évidents liant les deux hommes ont poussé Mathieu Darche à afficher un brin de prudence au lieu de se tourner dès la première occasion vers Guy Boucher.
Au-delà de toutes les qualités de Guy Boucher comme entraîneur-chef, Peter DeBoer jouit d’une brillante réputation autour de la LNH.
Il a maintenu une fiche globale de 662 victoires, 447 revers et 152 défaites supplémentaires encaissées en prolongations ou tirs de barrage au fil des 1261 matchs qu’il a dirigés.
Il a débuté sa carrière avec les Panthers avant de diriger les Devils, les Sharks, les Golden Knights et les Stars de Dallas qui l’ont congédié aussitôt la saison terminée l’an dernier. C’est en Floride, et en Floride uniquement, qu’il a maintenu une fiche inférieure à ,500 au terme de son règne de trois ans.
Les qualités de DeBoer justifient donc pleinement son embauche.
Et la possibilité que les Maple Leafs de Toronto soient rapidement en quête d’un nouvel entraîneur-chef une fois la saison régulière terminée, et qu’ils aient DeBoer dans la mire ont aussi pu pousser Darche à bouger plus tôt que tard s’il avait déjà en tête de couper les ponts avec Patrick Roy et que DeBoer était son premier choix pour lui succéder.
Bruce Cassidy devient donc le candidat logique des Leafs, si les Leafs décident de congédier Craig Berube.
On en saura plus sur les motifs du directeur général des Islanders lorsque Mathieu Darche répondra aux questions des journalistes de New York.
Même chose pour Patrick Roy qui n’a pas répondu à ma demande de commenter son congédiement. On comprend aisément son mutisme alors qu’il a dû être aussi surpris d’entendre la nouvelle de la bouche de Mathieu Darche que les amateurs de hockey l’ont été par le dévoilement de la nouvelle.
Embauché par Lou Lamoriello en 2024, Patrick Roy a remplacé Lane Lambert. Avec une fiche de 20-12-5, il a contribué à la relance des Islanders et à leur accession en séries. Ils ont toutefois été rapidement – en cinq matchs – évincés des séries par les Hurricanes de la Caroline.
Les Islanders ont raté les séries l’an dernier (35-35-12), mais étaient au plus fort de la lutte pour y accéder cette année.
Mathieu Darche espère sans doute obtenir le même genre d’étincelle qui a permis aux Golden Knights de Las Vegas de signer trois victoires consécutives depuis l’entrée en scène de John Tortorella, qui a remplacé Bruce Cassidy lorsque ce dernier a été congédié il y a une semaine aujourd’hui (29 mars).
La réponse viendra assez rapidement.
Patrick Roy quitte donc les Islanders avec un dossier de 97 victoires, 78 revers et 22 défaites encaissées au-delà des 60 minutes réglementaires en 197 rencontres.
Cette fiche combinée à son dossier avec l’Avalanche du Colorado où il a fait une entrée fracassante en 2013 – il a gagné le trophée Jack Adams et le titre d’entraîneur-chef de l’année au terme de sa première saison en 2013-2014 – est donc de 227-170-46 en 443 rencontres dirigées à Denver et New York.
Dès son congédiement annoncé l’an dernier à Dallas, Peter DeBoer avait assuré qu’il serait de retour dans la LNH. Après avoir fait partie de l’équipe d’entraîneurs pour le Canada aux JO de Milano-Cortina, le voici bel et bien de retour.
Il sera intéressant de voir si Patrick Roy, qui a 60 ans, moussera sa candidature pour revenir rapidement dans la LNH où s’il mettra une croix sur cette quête.




