MONTRÉAL – La LHJMQ lancera jeudi sa saison 2025-2026 en laissant toute la place au p'tit nouveau.
Le Régiment de Terre-Neuve, club relocalisé de Bathurst au terme de la dernière campagne, accueillera alors les Wildcats de Moncton, champions en titre, dans le cadre du seul match à l'horaire dans le circuit.
Pour la première fois depuis que le Junior de Montréal est devenu l'Armada de Blainville-Boisbriand en 2011, la LHJMQ amorcera ainsi ses activités dans un nouveau marché.
« Il faut le prendre comme une bonne nouvelle, parce que s'il y a eu un changement, c'est parce que la ville, la communauté et l'équipe jugeaient qu'elles ne pouvaient plus concurrencer ou compétitionner de belle façon. À partir de ce moment-là, on n'a pas le choix de regarder des alternatives, et je pense qu'on en a trouvé une très bonne », estimait mardi le commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini, dans un point de presse dévoilant les grandes lignes du calendrier.
« Tout est prêt là-bas. Les infrastructures sont de première classe et la ville a embarqué d'une façon incroyable. L'équipe se classe déjà dans le top-3 des ventes de billets de saison. L'accueil est merveilleux. »
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— Newfoundland Regiment (@nlregiment) September 6, 2025
Le Régiment, qui se produira au Mary Brown's Centre de St. John's, jouera les huit premiers matchs de son calendrier sur sa patinoire, avant d'effectuer le premier de ses six voyages qui lui permettront de disputer ses 32 rencontres en terre ennemie.
Trois de ses séjours seront d'une durée de six matchs, alors qu'un autre s'étirera sur sept rencontres. Certains des déplacements du Régiment et de ses rivaux qui lui rendront visite se feront heureusement par avion.
« Ça fait partie des conditions, tu n'as pas le choix dans le hockey junior de faire ça de cette façon-là. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de place à l'amélioration, mais on va le vivre [pendant] un an. C'est quand même calqué sur ce qui a été fait pendant trois ans », a signalé Cecchini, en faisant référence aux Fog Devils de St. John's, un club de la LHJMQ qui a joué de 2005 à 2008 dans la province de Michael Ryder avant de déménager à Verdun.
« Quand j'ai parlé à des joueurs qui ont joué là, j'ai réalisé qu'on oublie souvent que ces jeunes-là ont une résilience très forte. Le petit trip de voyager en avion fait très professionnel, ils aiment ça aussi.
« Ça fait partie de ce qu'on appelle l'adversité avec un "A" minuscule, a renchéri Cecchini. Ce sont des éléments avec lesquels il faut composer. Je pense que ça fait vieillir plus vite, ça fait grandir. Ça ressemble encore plus, à la rigueur, à ce qui les attend plus haut dans d'autres circuits, ou dans la vie. »
Plus d'Américains
La saison 2025-2026 de la LJHMQ sera par ailleurs marquée par un afflux de joueurs américains.
Au total, c'est plus d'une quarantaine de joueurs originaires des États-Unis qui ont gagné un poste aux quatre coins de la ligue, contrairement à près d'une quinzaine l'an dernier. C'est l'une des conséquences indirectes de le levée l'automne dernier de l'interdiction pour les joueurs de la LCH d'évoluer dans la NCAA après leur carrière junior.
Se voyant offrir une destination de plus pour parfaire leurs habiletés avant de faire le saut dans la NCAA, les Américains tentent plus que jamais leur chance dans la LHJMQ, l'OHL et la WHL. Avec pour résultat moins d'opportunités pour les joueurs de chez nous et des Maritimes, qui doivent de plus rivaliser avec le fait que les clubs des trois ligues peuvent depuis cette année aligner trois joueurs européens plutôt que deux.
Cette situation, rapportée récemment dans La Presse, a entre autres été décriée dans une publication Facebook par la mère de l'ancien joueur des Voltigeurs de Drummondville Marc-Olivier Beaudry.
Faute de se tailler un poste à titre de l'un des trois joueurs de 20 ans de l'équipe, le défenseur a dû se tourner vers les rangs universitaires canadiens pour poursuivre sa carrière de hockeyeur.
« C'est très difficile, quand je me mets dans la peau d'un DG à court terme, de dire que j'ai un influx de talent incroyable disponible qui veut venir jouer ici et que je vais résister à ça. Ceci étant dit, on va monitorer ça », a promis Cecchini, qui pour l'instant estime que le niveau n'en sera que plus relevé sur la glace.
« Ces 40 [joueurs américains]-là, j'imagine qu'ils ont été meilleurs que 40 autres qui auraient été dans notre ligue avant le changement de règlement. [...] Le calibre de jeu va être meilleur. Maintenant, il ne faut pas que ce soit au détriment d'un paquet de choses. On va regarder ça comme il faut et on va voir comment ça se déroule. »
Une réplique à la NCAA?
Le grand patron de la LHJMQ a par ailleurs été appelé à commenter la récente décision de la LCH de ne plus émettre d'accréditations pour les recruteurs de la NCAA.
Pour assister à un match de l'une ou l'autre des trois ligues, les éclaireurs des universités américaines devront soit s'acheter un billet, soit obtenir une accréditation de la part de l'équipe visée.
« Quand le règlement a changé l'an dernier, on leur a demandé combien de passes vous voulez? On en a donné des centaines, cinq ou six par école. Il y avait comme un sous-entendu, ils nous disaient : "On ne veut pas vos [joueurs de] 17, 18 ou 19 ans. On veut vos 20 ans". Il y a quelque chose qui n'a pas été respecté dans le deal à quelque part. »
Cecchini fait ici entre autres référence au cas le plus médiatisé de tous, Gavin McKenna. Le prodige de 17 ans a quitté les Tigers de Medicine Hat dans la WHL pour l'Université Penn State.
Le futur premier choix du repêchage 2026 de la LNH est l'un des 242 joueurs qui à ce jour ont quitté les trois ligues pour la NCAA. La moitié d'entre eux sont âgés de moins de 20 ans. La LHJMQ a pour sa part perdu 52 hockeyeurs, le plus en vus étant le franc-tireur Justin Poirier.
« Si une équipe avait voulu aller voir Macklin Celebrini à 17 ans [à Boston University] pour l'amener à Québec, Halifax, Moncton ou Val-d'Or, est-ce qu'elle aurait pu? Pas pantoute », a relevé Cecchini, sans cacher qu'il s'agit en quelque sorte d'une réplique au géant nord-américain.
« Ce que j'ai mentionné à mes collègues [de la OHL et de la WHL], c'est que je veux que la relation se développe avec les équipes, pas avec moi. Je veux que le DG développe une relation avec une école en particulier. Si ça, c'est fait, on va donner accès aux joueurs. Je ne veux pas que les parents s'inquiètent de ça.
« Quand tu as une relation personnelle avec un DG [...] et que tu lui parles des joueurs qui t'intéresse, tu es peut-être un peu plus porté à respecter l'engagement que le jeune avait avec nous et ne pas l'encourager à le briser. »
Match des espoirs et matchs intra-ligues
Au chapitre des nouveautés proposées cette année par la ligue, celle-ci organisera notamment son premier Match des espoirs, le 21 octobre à Sherbrooke.
L'événement réunira les 40 meilleurs joueurs du circuit admissibles au prochain repêchage selon la Centrale de recrutement de la LNH.
Douze d'entre eux ont déjà été sélectionnés. Il s'agit des gardiens Jacoby Weiner (Moncton) et William Lacelle (Rimouski), des défenseurs Xavier Villeneuve (Blainville-Boisbriand), Benjamin Cossette Ayotte (Val-d'Or), Cameron Chartrand (Saint John) et Charlie Morrison (Québec), et des attaquants Maddox Dagenais (Québec), Olivers Murnieks (Saint John), Rian Chudzinski (Moncton), Lars Steiner (Rouyn-Noranda), Egor Shilov (Victoriaville) et Thomas Rousseau (Sherbrooke).
Les confrontations inter-ligues seront de plus de retour avec des duels contre des formations de l'OHL.
Les Olympiques de Gatineau et les 67's d'Ottawa s'affronteront ainsi dans une série aller-retour en janvier, tout comme les Huskies de Rouyn-Noranda et les Wolves de Sudbury.
La ligue a également annoncé que son prochain repêchage sera tenu à Halifax les 5 et 6 juin.





