MONTRÉAL - À l’image de la série opposant le Lightning au Canadien, une série qui sera longue et ardue, une série qui est difficile à prévoir, une série que Tampa devrait logiquement gagner en sept bien que la logique est souvent bafouée surtout en première ronde, les trois autres duels dans l’Est sont difficiles à prévoir.
On ne se privera toutefois pas du plaisir d’y aller avec des prédictions qui n’ont rien de savantes.
De derniers à premiers
N’en déplaise aux partisans du Canadien qui a connu une saison bien plus prolifique que prévu avec ses 106 points et les exploits personnels multipliés par les Suzuki, Caufield, Hutson, Slafkovsky, Demidov et Dobes pour ne nommer qu’eux, les Sabres de Buffalo représentent la plus belle histoire de l’année dans la LNH.
Deniers dans l’Est, le 8 décembre avec 11 victoires après leurs 29 premiers matchs de la saison (11-14-4), les Sabres ont grimpé jusqu’au premier rang de la section atlantique (109 points) grâce aux 39 victoires qu’ils ont signées (39-9-5) lors de leurs 53 dernières parties.
Ce n’est pas rien!
Ce revirement pourrait d’ailleurs valoir à Lindy Ruff un troisième trophée jack Adams en carrière. Un beau cadeau de retraite alors qu’il tirera sa révérence lorsque les Sabres seront éliminés.
Est-ce que ce sera en première ronde?
Une première ronde qui les opposera aux Bruins de Boston. C’est possible. Car les Bruins, que personne ou à peu près n’attendait en séries comme les Penguins et les Flyers sont à prendre au sérieux.
David Pastrnak est l’attaquant le plus prolifique des deux formations. Malgré les statistiques des trois gardiens, Jeremy Swayman (31-18-4) est un meilleur gardien que Ukko-Pekka Luukkonen (22-9-3) et Alex Lyon (20-20-4), un adjoint très utile chez les Sabres cette année.
Du moins, Swayman devrait être meilleur.
Mais les comparaisons s’arrêtent là.
Tage Thompson (40 buts, 81 points) est peut-être moins productif que David Pastrnak (29 buts, 100 points), mais l’attaque des Sabres est plus menaçante que celle des Bruins.
Les défensives des Bruins et des Sabres gravitent autour de deux excellents arrières : Charlie McAvoy et Rasmus Dahlin. Mais Dahlin est mieux entouré que la pierre d’assise des Bruins.
Si la logique est maintenue, les Bruins vivront le même genre d’expérience qu’ils ont vécu en 2019 lors de la finale de la coupe Stanley qui les opposait aux Blues de St. Louis : ils perdront contre un club qui croupissait au dernier rang – les Blues étaient derniers de la LNH au grand complet et pas seulement de leur association – à un moment ou l’autre en saison régulière avant d’amorcer une remontée impressionnante.
Est-ce que les Sabres et leurs partisans peuvent rêver à une coupe Stanley?
Bien sûr! Comme ceux des Hurricanes, du Canadien, du Lightning et même des quatre autres formations qui prolongeront leur saison dans l’Est.
Mais pour éviter que le rêve ne tourne au cauchemar, les Sabres devront s’assurer de franchir la première ronde.
Prédiction : Buffalo en 6
Si Ullmark s’impose, les « Sens » peuvent gagner
Les Hurricanes forment la meilleure équipe de l’Association Est. Du moins statistiquement. Ils sont dirigés par l’un des meilleurs de la profession, Rod Brind’Amour qui demande à tous ses joueurs le genre d’implication qu’il déployait sur la patinoire lorsqu’il jouait. Le genre d’implication, de passion, de détermination qui lui a permis de soulever la coupe Stanley avec les Hurricanes, en 2006, aux dépens des Oilers d’Edmonton.
Logiquement, les « Canes » devraient remporter ce premier duel en séries les opposant aux Sénateurs. Ils sont rapides; ils sont talentueux; ils ont hâte, très hâte, de ne plus seulement être considérés comme des as de la saison régulière qui n’arrivent pas à se rendre aux grands honneurs.
Bon! Ils ont perdu en finale de l’Est l’an dernier contre les Panthers qui étaient en route pour soulever la coupe Stanley une deuxième année de suite.
De fait, les « Canes » accèdent aux séries pour une huitième saison consécutive et se sont hissés en finale d’association trois fois.
Ce qui est loin d’être une catastrophe.
Les Sénateurs, qui accèdent aux séries à titre de deuxième équipe repêchée, sont donc négligés dans ce duel.
Et c’est justement parce qu’ils sont négligés qu’ils pourraient réaliser la surprise de la première ronde.
Les Sénateurs jouent bien. Très bien même. Défensivement, offensivement, ils présentent des paramètres de jeu similaires aux meilleures formations de la Ligue. Tout ça, malgré une cascade de blessures qui a emporté plusieurs joueurs de premier plan.
Leurs gardiens n’ont simplement pas fait le travail.
Linus Ullmark fait « la job » et il l’a fait très bien depuis le retour du congé qu’il a réclamé et obtenu pour combattre les ennuis d’anxiété qui le minait.
Depuis le 31 janvier, Ullmark présente un dossier de 14-4-3. Il a permis aux Sénateurs d’obtenir les succès qu’ils étaient incapables d’obtenir.
Travis Green et ses adjoints ont fait un boulot colossal pour s’assurer que le club garde le cap. Pour s’assurer que leurs joueurs gardent confiance en dépit de tout ce qui a miné leur saison. Tout ce qui aurait pu les amener à abdiquer.
Ce qu’ils sont loin d’avoir fait.
Les Sénateurs ont gagné six de leurs huit derniers matchs (6-1-1). Rod Brind’Amour et ses joueurs ont toutes les raisons au monde de se méfier de ce duel en première ronde. Et s’ils ne s’en méfient pas assez ou si Linus Ullmark est meilleur devant la cage des « Sens » que l’un ou l’autre des gardiens qui défendront celle des « Canes », Ottawa pourrait passer en deuxième ronde.
Et je crois que ça arrivera.
Prédiction : Ottawa en 7
Comment écarter Crosby?
Selon les prédictions de plusieurs amateurs et observateurs en début de saison, dont les miennes je l’admets candidement, les Penguins et les Flyers devaient se battre pour le dernier rang de la division métropolitaine et même l’association Est.
Les voilà face à face en première ronde des séries!
Ça ne fait pas des Penguins le club qui a gagné deux coupes Stanley consécutives en 2016 et 2017. Et les Flyers ne sont pas des prétendants à la coupe non plus. Loin de là.
N’eût été travail des deux entraîneurs-chefs Dan Muse et Rick Rocchet, ces deux équipes peaufineraient leurs plans de reconstruction plutôt que des plans de match.
Mais bon! Les vieux Penguins et les jeunes Flyers sont en séries.
Dans une ligue où la jeunesse, la vitesse et le talent brut priment sur tout le reste, les Flyers semblent avoir une longueur d’avance.
Mais comment écarter Sidney Crosby?
Oui, le Kid n’est plus un Kid depuis longtemps déjà. Oui, Malkin, Letang et Karlsson sont dans l’équipe de l’âge d’or de la LNH à défaut d’être au sein de la première équipe d’étoiles.
Mais en première ronde, alors que la fatigue ne devrait pas encore être un facteur à prendre en considération, je crois que Crosby et ses vieux chums pourront avoir raison des gamins de Philadelphie.
En plus, Stuart Skinner peut continuer à prouver que les Oilers ont effectué une bête erreur en croyant que Tristan Jarry pouvait mieux faire que lui devant le filet. Il est même permis de croire que Skinner pourra faire mieux que Dan Vladar dans ce duel de la Pennsylvanie.
Ce sera la huitième fois que les deux rivaux géographiques se croisent en séries. En 2012, Claude Giroux avait envoyé Sidney Crosby cul par-dessus tête avant d’aller marquer 30 secondes plus tard pour lancer les Flyers en avant et éliminer les Penguins dans ce sixième match de la série. Peter Laviolette, alors entraîneur-chef des Flyers, avait qualifié Claude Giroux de meilleur joueur de la Ligue après la rencontre. « Quand le meilleur joueur de la Ligue vient te voir pour te dire qu’il veut obtenir la mise en jeu initiale contre Crosby pour donner le ton à la partie, tu l’écoutes », que Laviolette avait lancé pour expliquer la présence de Giroux au centre de la patinoire en début de rencontre.
Quatorze ans plus tard, Crosby est toujours à Pittsburgh. Mais Claude Giroux joue pour les Sénateurs...
Prédiction : Pittsburgh en 6
Je vous soumettrai, vendredi, mes prédictions des quatre duels dans l’Ouest. Faites vos jeux également. Bonnes séries!







