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L’attaquant qui fait maintenant plus que lancer

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BUFFALO – La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. Comme son illustre père Pierre Dagenais, l’attaquant des Remparts de Québec Maddox Dagenais possède un lancer qui n’a rien à envier à celui de bien des meilleurs francs-tireurs de la Ligue nationale de hockey.

Des 30 buts que Dagenais a inscrits à sa 2e saison dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec, certains ne sont pas sans rappeler quelques-uns qui ont été l’œuvre du paternel, il y a déjà 30 ans. D’abord dans cette même LHJMQ, et par la suite, lorsqu’il a porté l’uniforme des Devils du New Jersey, des Panthers de la Floride ou encore des Canadiens de Montréal.

Mais Maddox Dagenais n’est pas devenu un espoir de première ronde en vue du prochain repêchage de la LNH uniquement en raison de la qualité de son tir ou de son flair offensif. C’est vraiment à partir du moment où le jeune homme s’est servi de ses 6 pieds 4 pouces et 198 livres que des dépisteurs se sont mis à voir en lui l’attaquant de puissance si recherché.

Un véritable déclic semble s’être produit lors du Défi des espoirs LCH/É.-U., fin novembre, alors qu’il a patiné et frappé comme s’il n’y avait pas de lendemain. Lors du second match joué à Lethbridge, il a habilement alimenté Alessandro Di Iorio sur un but qui créait l’égalité.

Dagenais est revenu de cette expérience visiblement ragaillardi, étant donné qu’il a inscrit 21 buts, dont 8 en supériorité numérique, et récolté 23 passes en 39 rencontres, après avoir obtenu 9 buts et autant d’aides à ses 23 premières parties de la saison avec les Remparts.

« La “game” CHL (Ligue canadienne de hockey, NDLR), ça m’a ouvert les yeux sur comment je devrais jouer et sur comment je peux jouer pour me rendre au prochain niveau, un jour, a-t-il expliqué en entrevue à RDS.ca, en marge de la Séance d’évaluation des espoirs organisée début juin à Buffalo. Ça m’a aidé sur comment compétitionner et jouer physique.

« D’année en année, j’essaie de me développer en tant que joueur, ajouter des petits trucs à ma “game” et j’ai ajouté ça, cette année. […] Et ç’a aidé l’équipe à remporter des victoires. »

Le meilleur de Maddox Dagenais Montage des meilleurs moments de Maddox Dagenais lors de la saison 2025-2026.

Évidemment, la progression de Dagenais a suscité énormément de curiosité chez plusieurs observateurs, qui avaient dans le passé émis des doutes sur sa capacité et, surtout, sa volonté d’accomplir la sale besogne dans les coins de patinoires et devant le filet adverse.

Des publications spécialisées comme McKeen’s et Elite Prospects le perçoivent désormais comme un solide espoir de milieu de première ronde, alors que la Centrale de recrutement de la LNH le considère comme le 15e meilleur espoir chez les patineurs nord-américains. L’expert de TSN, Craig Button, vogue sensiblement dans les mêmes eaux en le classant 32e.

« Il a vraiment pris son envol cette saison, a mentionné un dépisteur d’une équipe à Elite Prospects en mai. Il m’a fallu du temps pour apprécier son jeu en général, mais il a bâti des bases solides en tant qu’attaquant de puissance qui privilégie le lancer. Plus tard dans la saison, il faisait l’étalage de sa force dans la LHJMQ. Il a ensuite commencé à utiliser son revers pour créer de l’espace et chercher des occasions de marquer. Et à mesure que son physique se développera, il deviendra un adversaire redoutable pour les défenseurs. »

« Je vois trop de Steve Bernier ici, a nuancé un autre éclaireur interrogé par Elite Prospects. Gros gabarit, bon tir. Il peut marquer dans les rangs juniors, mais je me demande s’il en est vraiment capable. Je m’inquiète de la régularité de ses efforts. Mais il y a de fortes chances que quelqu’un le choisisse au premier tour à cause de sa taille, de ses mains et de son tir. »

Cela dit, Dagenais fait fi de toutes les critiques provenant de l’extérieur qui peuvent lui être adressées. Il suit plutôt les conseils de son père, qu’il considère comme son « meilleur ami » ainsi que ceux de son entraîneur-chef Éric Veilleux, qui l’a « transformé » depuis deux ans.

« Mon père, c’est mon meilleur ami. Chaque jour, on se parle et il veut le mieux pour moi. Après chaque “game”, il me donne des trucs pour m’améliorer comme joueur et personne. »

—  Maddox Dagenais

« Depuis que je suis jeune, j’ai “shooté” beaucoup de “pucks” dans le garage et en dehors. [Mon père] avait une très, très bonne “shot”. Il m’a toujours aidé à développer mes “skills”. »

Celui qui avoue aligner son jeu sur celui de l’attaquant des Canadiens Juraj Slafkoský et de celui des Sabres du Buffalo Tage Thompson se verrait d’ailleurs jouer en bleu-blanc-rouge dans absolument n’importe quel rôle que l’organisation serait prête à lui donner. Dagenais a justement rencontré des membres du personnel hockey du CH lors de son séjour à Buffalo.

« Je suis un gros bonhomme qui joue physique et qui crée de l’espace pour ses coéquipiers, a-t-il rappelé. J’aime la pression. Et quand tu es un bon joueur, tu veux faire la différence... »

« J’ai eu la chance d’être “drafté” à Québec, qui est un gros marché junior, et ça me prépare pour ça. Mon but, c’est toujours d’aller sur la glace et de performer. Je sais évidemment qu’il y a énormément d’“outside noise” à Montréal, mais je demeure un joueur de hockey. »

Si certains conservent un souvenir mitigé de la trop brève carrière de 142 matchs de Pierre Dagenais dans la LNH, son fils ne ressent que de la fierté en regardant l’homme qu’il est devenu aujourd’hui grâce à lui. Et comme son père, il entend devenir un joueur de la LNH.