LAVAL – Le Rocket de Laval a alloué 11 buts consécutifs durant les matchs deux et trois de sa série contre les Marlies de Toronto. Malgré tout, le club-école du Canadien pourrait accéder à la prochaine ronde.
« Les deux matchs perdus, on s’est excités un peu et on a sorti de notre plan de match. Quand on joue bien, on est durs à battre », a résumé, avec justesse, le défenseur Tobie Bisson.
Ces deux matchs, le Rocket les a perdus par le pointage identique de 6 à 2.
La tâche semblait donc colossale pour la quatrième partie, sans lendemain, mardi soir au domicile des Marlies.
Cependant, la troupe de Pascal Vincent a renoué avec ses bonnes habitudes pour l’emporter, plutôt aisément, 4 à 0. Outre quelques occasions de marquer dangereuses, les Marlies ont été dominés.
Vincent n’était pas prêt à décrire ces défaites comme des signaux de réveil, mais c’est tout comme.
« Disons que c’était un bon mémo à l’équipe pour savoir qui on est et comment on répond à l’adversité. On a une identité et il faut la conserver. On en avait dévié un petit peu en se laissant emporter par les émotions, puis on a payé le gros prix », a décrit l’entraîneur.
« C’est une bonne chose aussi d’avoir vécu de l’adversité. On a démontré beaucoup de caractère en rebondissant de cette façon, en gagnant 4-0 un match crucial », a cerné Bisson.
À la demande du Rocket, le match ultime a été repoussé de vendredi soir à samedi après-midi pour éviter un conflit d’horaire avec le Canadien. Les Marlies et la Ligue américaine de hockey ont accepté cette modification logique.
Du même coup, le Rocket a obtenu une journée supplémentaire de préparation.
« On est confiants avec notre manière de jouer, on veut continuer sur cet élan et c’est sûr que j’aime mieux être à la maison pour le dernier match de la série », a indiqué Laurent Dauphin.
Grâce à ce changement de calendrier, l’ambiance sera à son comble à la Place Bell et les joueurs du Rocket devront éviter, autant que possible, le banc des punitions. Depuis le début de la série, les Marlies ont inscrit 5 buts en 21 jeux de puissance.
« Si on pouvait éviter les punitions, ce serait le meilleur scénario. C’est possible! », a assuré Florian Xhekaj qui a écopé de 32 minutes de punition dans cette confrontation.
Cela dit, Xhekaj a encore prouvé qu’il est dans son élément quand il est dérangeant, pour être poli, ou vilain qui était le mot à la mode utilisé par le Lightning de Tampa Bay.
« Quand je fais ça, je joue mieux. Je sais que c’est un peu étrange à dire, mais je trouve que je deviens meilleur avec la rondelle », a commenté Xhekaj qui doit juste éviter d’aboutir seul au cachot.
« C’est difficile de jouer de cette façon en restant concentré. Ça prend des joueurs spéciaux et il est capable de le faire jusqu’à présent. Il parvient à déployer son côté physique et créer un peu de crainte chez l’adversaire tout gagnant de grosses mises au jeu et en aidant offensivement », a vanté Vincent.
Xhekaj a fourni une précision intéressante. L’an dernier, c’était son premier long parcours éliminatoire même en incluant le hockey junior. Il a donc grandement appris de cette expérience.
« C’est un bon point, il faut que tu le vives. Des séries, que ce soit dans la Ligue nationale, la NCAA, le hockey junior ou la LAH, ça reste des séries. D’apprendre à gagner dans ces moments où chaque action peut influencer la partie. Parfois, ça change même l’évaluation d’un joueur selon ses performances ou ses contre-performances. Le but ultime de l’organisation, c’est de gagner la coupe Stanley et il faut pouvoir s’imposer en séries », a réagi son entraîneur.
La maturité de Kähkönen
À juste titre, on a abondamment parlé des gardiens Jakub Dobes et Jacob Fowler au cours des derniers mois. Par conséquent, on connaît moins Kaapo Kähkönen et on aurait pu croire qu’il aurait été opportun de lui retirer le poste de partant du Rocket après les deux défaites contre Toronto.
Jeudi, on a fait connaissance avec Kähkönen (29 ans) et il a affiché une maturité fascinante. À vrai dire, on avait l’impression de discuter avec un entraîneur.
« C’est pour ça que je suis revenu avec lui. J’ai appris à le connaître cette saison, c’est un gars très mature et très cérébral. J’étais convaincu que c’était la bonne décision », a expliqué Vincent.
Il ne s’est pas trompé alors que Kähkönen a rebondi avec son premier blanchissage de l’année après 38 matchs durant la saison régulière.
« Ça fait une grosse différence. Il a été remplacé pendant le troisième match, mais il avait une très bonne attitude, on voit qu’il a du vécu. Avoir un gardien comme lui, ça vaut de l’or », a exprimé Bisson.
La série n’est pas gagnée pour autant puisque Toronto représente un solide adversaire si bien qu’une puissante équipe tombera samedi.





