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Sarault doit oublier une 5e médaille; le relais au pied du podium

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ASSAGO — L’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste a terminé son parcours aux Jeux olympiques de Milan-Cortina en connaissant sa pire soirée de compétitions et elle est finalement arrivée à court de son objectif de sept médailles.

Le quatuor canadien composé de William Dandjinou, Steven Dubois, Maxime Laoun et Félix Roussel s’est contenté du quatrième rang au relais 5000 mètres messieurs. Quelques minutes plus tôt, Courtney Sarault avait été incapable de se qualifier pour la finale de l’épreuve de 1500 m chez les dames, alors qu’elle visait une cinquième médaille aux Jeux de Milan-Cortina.

« Je vais les laisser (les patineurs canadiens) décanter un peu, mais la réalité est que nous ne repartons pas les mains vides. Nous avons vécu des choses incroyables », a dit l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Marc Gagnon.

Danaé Blais, Florence Brunelle, Sarault, Roussel et Dandjinou ont gagné leur première médaille olympique lors des conquêtes de l’argent au relais mixte et du bronze au relais féminin. Sarault est devenue la première canadienne à gagner quatre médailles en courte piste lors de la même édition des Jeux olympiques. Kim Boutin a rejoint Cindy Klassen et Charles Hamelin en tant qu’athlètes canadiens les plus décorés des Jeux d’hiver avec six médailles. Steven Dubois suit de près après avoir gonflé son total à cinq médailles, obtenant la seule médaille d’or du groupe au 500 m, son épreuve de prédilection.

Pétard mouillé au 1500 m

Sarault a largement contribué aux succès de l’équipe canadienne durant les Jeux de Milan-Cortina.

La Néo-Brunswickoise âgée de 25 ans espérait toutefois terminer son parcours en force en ajoutant l’or à sa collection en s’imposant au 1500 m. Elle aurait alors égalé la récolte record de Klassen, qui avait gagné cinq médailles en patinage de vitesse longue piste aux Jeux de Turin en 2006.

Sarault a toutefois chuté bêtement lors de sa demi-finale, victime d’une fente dans la glace. Elle a ensuite pris le deuxième rang de la finale B et s’est classée neuvième.

« Je ne vais pas laisser ce résultat m’abattre, car je peux être très fière de ce que j’ai accompli, a dit Sarault. Je suis sévère avec moi et je sais que j’ai gaspillé une occasion de me battre pour quelque chose que je voulais vraiment. »

« Mais quand je remets les choses en perspective, je peux être fière de ma constance durant les Jeux. J’ai connu vraiment des Jeux exceptionnels et je peux être fière de moi », a-t-elle conclu.

La Sud-Coréenne Kim Gilli a triomphé devant sa compatriote Choi Minjeong. L’Américaine Corinne Stoddard a complété le podium.

Danaé Blais, de Châteauguay, a aussi participé à la finale B et s’est classée 14e de l’épreuve de 1500 m. Kim Boutin, de Sherbrooke, a été éliminée lors des demi-finales et s’est contentée 15e rang.

Pour Boutin, il s’agissait de ses derniers coups de patin aux Olympiques.

Cependant, Gagnon avait mis la barre haute dès le début de la saison, l’automne dernier. Il avait annoncé publiquement que son groupe visait sept médailles à Milan-Cortina, soit une de plus que la récolte record à laquelle il avait participé en 2002 aux Jeux de Salt Lake City.

« En tant qu’équipe, oui, nous avions de gros objectifs. Est-ce que je suis déçu? Oui. J’aurais aimé que le groupe réussisse à se rendre là, mais je ne peux pas être déçu de repartir à la maison avec cinq médailles », a insisté Gagnon.

« Si nous étions repartis à la maison avec moins de quatre médailles, je l’aurais été (déçu) et j’aurais été franc avec vous. Mais à cinq médailles, franchement, je peux quand même dire " mission accomplie “. Par contre, je ne vais pas me cacher. Clairement, nous aurions pu en gagner plus, c’est sûr », a-t-il ajouté.

Des petites erreurs sont venues hanter les patineurs canadiens à répétition, particulièrement l’équipe masculine. Ce fut encore le cas lors de la finale du relais, vendredi à l’Aréna de patinage de Milan.

La douleur était trop vive pour que le quatuor canadien, champion du monde en titre, analyse son échec alors qu’il tentait aussi de défendre le titre olympique acquis à Pékin par Dubois, Laoun, Hamelin, Pascal Dion et Jordan Pierre-Gilles.

La course a vite tourné au vinaigre, alors que le Canada a glissé en quatrième position. Les conditions de glace ont aussi compliqué la tâche des Canadiens, alors que Gagnon a noté qu’il était plus difficile de réussir des dépassements quand la glace est plus molle et risque plus de casser sous la lame des patineurs.

Malgré tout, le Canada est brièvement remonté en troisième position avec trois tours à faire, mais l’Italien Thomas Nadalini a dépassé Roussel lors de l’avant-dernier relais et Dandjinou a été à court de miracle lors des deux derniers tours.

Les Pays-Bas ont triomphé, devant la Corée du Sud et l’Italie.

Comme une mauvaise blague

Dandjinou espérait être la révélation des Jeux de Milan-Cortina et amener des projecteurs vers son sport. Il a rappelé qu’il a été le seul patineur à atteindre toutes les finales durant la quinzaine milanaise. Mais après avoir remporté l’argent au relais mixte le premier soir des compétitions de courte piste, il a pris le quatrième rang au 1000 m, le cinquième rang au 1500 m et le cinquième rang au 500 m, avant de se contenter du quatrième rang au relais messieurs.

« Pour moi, mon expérience olympique, c’est un peu comme une mauvaise blague. Participer à autant de finales, passer tout le temps si près du but, c’est...», a dit Dandjinou, sans compléter sa phrase.

Dandjinou a passé les Jeux à répéter qu’il n’aurait pas été heureux avec l’argent ou le bronze lors des courses individuelles. Cela l’a parfois mené à prendre des décisions audacieuses, qui ont peut-être privé le groupe d’atteindre son objectif global de sept médailles.

« Il y a quand même beaucoup de monde heureux dans l’équipe en ce moment, a insisté Gagnon. Oui, nous n’avons pas atteint l’objectif de sept médailles, mais je le répète, cet objectif servait à pousser tout le monde vers le haut pour essayer de l’atteindre. »