Jeux olympiques

« Je peux sortir fière de mes Jeux, de ma carrière » - Kim Boutin

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La Canadienne Kim Boutin reprend son souffle après une course de l'épreuve de 1500 mètres chez les dames en patinage de vitesse courte piste aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, le vendredi 20 février 2026, à Assago, en Italie. LA PRESSE CANADIENNE/Darryl Dyck (DARRYL DYCK)

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ASSAGO — La « maman » de l’équipe féminine de patinage de vitesse courte piste du Canada a effectué ses derniers tours aux Jeux olympiques, mais elle demeure fière de ses exploits et attachée à la génération qu’elle laisse derrière.

La Sherbrookoise Kim Boutin accrochera officiellement ses patins après les Mondiaux, le mois prochain à Montréal. C’était néanmoins un chapitre important de sa carrière qui prenait fin vendredi soir à l’Aréna de patinage de Milan.

Boutin a préféré ne pas s’étirer sur sa dernière course. Elle a noté qu’une erreur tôt dans sa demi-finale au 1500 mètres a miné ses chances d’atteindre la finale. Elle s’est finalement classée 15e.

Elle a aussi admis que les 24 dernières heures avaient été fertiles en émotion.

« Hier (jeudi), j’ai eu de la misère à m’endormir, a raconté Boutin, une larme coulant sur sa joue droite. J’ai écrit à mon frère, à mon père, à ma mère, pour leur dire que, peu importe le résultat que j’allais obtenir aujourd’hui, je suis fière de ce que j’ai accompli durant toute ma carrière. »

« La façon qu’ils m’ont accompagné durant les années – je crois qu’ils m’ont apporté des choses différentes – c’est ce qui fait qui je suis aujourd’hui. Je peux sortir fière de mes Jeux, de ma carrière », a-t-elle poursuivi.

Boutin a connu des jours très sombres durant sa carrière. Elle a dû surmonter un traumatisme associé à des menaces en ligne après avoir bénéficié de la disqualification de la Sud-Coréenne Choi Minjeong pour gagner le bronze au 500 mètres aux Jeux de Pyeongchang en 2018.

Elle a aussi toujours été très sévère avec elle-même et a dû apprendre à accepter qu’elle n’allait pas gagner chaque course à laquelle elle participe.

« J’étais là pour ma dernière course olympique et je suis vraiment fière de qui je suis, de la femme qui a évolué à travers toutes ces années-là, a dit Boutin, la voix tremblotante. D’avoir adapté un cycle olympique en fonction de comment j’évoluais, je pense que c’est ce dont je suis le plus fière. »

« Je n’ai pas toujours été heureuse dans ce sport-là et j’ai su trouver une voie qui était saine et qui me plaisait, qui m’a permis de devenir championne du monde et de continuer à m’améliorer », a-t-elle enchaîné.

Son expérience a aidé d’autres patineuses au sein de l’équipe canadienne à traverser des moments difficiles.

« Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble, a souligné la patineuse Courtney Sarault, qui a vécu des jours noirs après les Jeux de Pékin en 2022. Elle est quelqu’un de spécial pour moi. Elle était un peu comme la mère de l’équipe et elle était là dans les bons et les moins bons moments. »

« Ce sera triste de la voir partir, mais je suis très fière d’elle. Elle a connu une carrière exceptionnelle », a-t-elle rappelé.

En raison de son parcours, Boutin souhaitait surtout profiter de chaque moment lors des Jeux de Milan-Cortina, tout en réussissant de bonnes performances sur la patinoire.

Cependant, sa préparation a été minée par des blessures tout au long de l’été et de l’automne. Elle a d’abord contribué à la conquête de l’argent au relais mixte 2000 m, puis à celle du bronze au relais dames 3000 m. Si Boutin espérait aussi gagner une médaille individuelle, possiblement au 500 m, elle était néanmoins heureuse de gagner ses premières médailles en équipe en carrière.

« Regardez comment elle était heureuse et comment c’était elle qui ramenait les filles, qui voulaient l’or, mais qui leur faisait réaliser qu’elles venaient quand même de gagner une médaille olympique, a souligné l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Marc Gagnon. Je ne peux pas dire que ça vaut plus pour elle, ces médailles par équipe que les individuelles, mais je pense qu’elle aurait été vraiment déçue de ne pas en avoir. »

Boutin termine donc sa carrière olympique avec six médailles. Elle a rejoint Cindy Klassen et Charles Hamelin au sommet de la montagne parmi les athlètes canadiens aux Jeux d’hiver.

« C’est beau de voir ça, a admis Boutin, qui est âgée de 31 ans. Il y a plein de grands athlètes qui n’ont pas de médailles olympiques ou qui ne vont même pas aux Jeux. »

Boutin a souligné comment elle était l’une des dernières patineuses de sa génération toujours active aux Jeux de Milan-Cortina.

Peut-être un peu froide en début de carrière, elle a reconnu s’être ouverte à la nouvelle génération de patineuses canadiennes lors des dernières années.

« Je pense que c’est ma plus grande fierté, de m’être adaptée à ce groupe et d’avoir réussi à tisser des liens qui sont réels dans un monde de compétition, a dit Boutin, qui vise une carrière en éducation spécialisée. Je me suis beaucoup attachée et tout le monde va me manquer. »

Sarault a promis qu’elle ne sera jamais bien loin.

« J’irai probablement la voir chez elle et l’agacer. Elle ne se débarrassera pas de moi aussi facilement, a dit la Néo-Brunswickoise de 25 ans. J’espère qu’elle est fière d’elle et de ce qu’elle a accompli. Et je suis excitée de la voir s’épanouir dans la prochaine étape de sa vie. »