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L’arrêt en or de Connor Hellebuyck!

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« Connor Hellebuyck a joué comme un gagnant du trophée Vézina »

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« C'était plaisant à regarder, mais j'aimerais y jouer un jour »

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Montembeault a vu une partie de la finale sur « très » grand écran

Montembeault a vu une partie de la finale sur « très » grand écran

TABLEAU DES MÉDAILLES| SECTION SPÉCIALE|

MONTRÉAL - Jack Hughes a marqué le but de la victoire. Le but en or qui a propulsé les USA sur la plus haute marche d’un podium.

Ce but, comme il se doit, vaudra à Jack Hughes une place de choix dans l’histoire des Jeux olympiques, dans l’histoire du hockey aux États-Unis, dans l’histoire du hockey tout court.

Comme celui marqué par Sidney Crosby en 2010, à Vancouver, aux dépens des Américains.

Comme celui marqué par Connor McDavid, il y a tout juste un an, à Boston, dans le cadre du match décisif de la Confrontation des 4 nations, encore aux dépens des Américains.

Mais ce but, aussi historique soit-il, n’aurait jamais été enfilé n’eût été l’arrêt réalisé par Connor Hellebuyck, en tout début de troisième période, aux dépens de Devon Toews.

Pauvre Devon Toews! Il sera hanté pour l’éternité par l’image de la lame du bâton du gardien américain glissant devant la rondelle qu’il venait de pousser en direction d’une cage déserte. Cet arrêt est le point tournant du match à mes yeux.

Connor Hellebuyck et Devon Toews Connor Hellebuyck et Devon Toews (Carolyn Kaster/PC)

Vrai qu’il y en a eu plusieurs. À commencer par les 93 secondes à cinq contre trois offertes par les Américains en milieu de deuxième période.

Quatre-vingt-treize secondes dont le Canada a été incapable de profiter. En partie à cause d’Hellebuyck qui s’est dressé devant deux tirs, dont l’un de Macklin Celebrini qui l’a sérieusement mis à l’épreuve. Mais aussi, mais surtout, grâce aux présences colossales de J.T. Miller, Vincent Trockeck et Brock Faber qui ont pleinement justifié, au cours de cette séquence, leurs sélections par la directeur général Bill Guerin.

L’arrêt aux dépens de Devon Toews, un arrêt ô combien improbable tant Hellebuyck a sorti son bâton de nulle part, a toutefois été plus important encore à mes yeux.

De fait, il a tout changé.

Après une première période contrôlée par les Américains, aux cercles des mises en jeu d’abord, puis en matière de rapidité et de qualité d’exécution sur la patinoire – leur avance de 1-0 était pleinement méritée – le Canada s’est emparé du match en période médiane.

Et comment!

Ses 19 tirs contre les huit des USA donnent une très bonne idée de l’allure de cet engagement. De fait, le Canada a peut-être même dominé plus encore que le chiffre des tirs au but ne l’indique.

Bon! Le tir de Brock Faber qui a déjoué Jordan Binnington avant de frapper deux poteaux et de dévier dans le coin de la patinoire plutôt qu’au fond du filet a permis au Canada de conserver le momentum au cours du deuxième entracte.

Et ce momentum, le Canada l’a maintenu en début de troisième. Un momentum évident qu’un but de Devon Toews aurait confirmé tout en propulsant le Canada vers les grands honneurs. Ou à tout le moins, en le rapprochant pas mal des grands honneurs.

Mais Hellebuyck a changé le cours du match. Le cours des Jeux. Le cours de l’histoire.

MacKinnon a ensuite raté un filet désert alors qu’il était fin seul à la droite du but. Tom Wilson, lors d’une mêlée devant le filet, a lui aussi été victime d’un des 41 arrêts réalisés par Hellebuyck. Dont plusieurs autres ont été très solides, très beaux, très importants. Mais aucun autant que celui aux dépens de Devon Toews.

Hellebuyck ramène Craig sur la patinoire

Gardien à la réputation bien plus grande que ses exploits en séries éliminatoires, gardien auréolé d’un trophée Hart, de trois trophées Vézina, de deux trophées Jennings, Connor Hellebuyck n’avait encore jamais signé LA victoire susceptible de l’assurer d’une place de choix dans la grande histoire du hockey avant son entrée au Temple de la renommée du hockey.

Il l’a maintenant!

Pour ceux et celles qui ont eu la chance d’assister à cette grande partie et qui sont encore plus chanceux de pouvoir toujours en parler aujourd’hui, la performance de Connor Hellebuyck m’a rappelé celle de Jim Craig aux Jeux olympiques de Lake Placid en 1980.

Quarante-six ans, jour pour jour, après le « Miracle on Ice » réalisé par Craig, un groupe d’universitaires remplis de bonnes intentions et motivés à l’extrême par leur entraîneur-chef Herb Brooks qui les avait convaincus qu’ils pouvaient battre les très grands joueurs de la grande Union soviétique, Connor Hellebuyck a privé ses rivaux du Canada de la victoire et de la médaille d’or qu’ils méritaient pleinement.

Défilant sur la patinoire, un large sourire accroché au visage, les yeux levés vers les gradins sans doute à la recherche d’un être cher, le torse bombé de fierté et les épaules recouvertes du Stars and Stripes américain, Hellebuyck avait exactement la même allure, le même sourire, la même fierté et le même drapeau sur les épaules que Jim Craig le 22 février 1980.

C’était beau!

Connor Hellebuyck (37), des États-Unis, célèbre après avoir battu le Canada lors du match pour la médaille d'or masculine de hockey sur glace entre le Canada et les États-Unis aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, à Milan, en Italie, le diman... Connor Hellebuyck (37), des États-Unis, célèbre après avoir battu le Canada lors du match pour la médaille d'or masculine de hockey sur glace entre le Canada et les États-Unis aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, à Milan, en Italie, le dimanche 22 février 2026. (AP Photo/Hassan Ammar) (Hassan Ammar)

Comme il était très beau de voir le chandail de Johnny Gaudreau bien en vue lors de la photo de la victoire, tout comme son fils Johnny junior dans les bras de Dylan Larkin et sa fille Noah dans ceux de Zach Werenski, son ancien coéquipier avec les Blue Jackets de Columbus.

Le chandail en l'honneur de Johnny Gaudreau Le chandail en l'honneur de Johnny Gaudreau (picture alliance/Getty Images)

Ça n’efface pas la déception normale de voir le Canada relégué à la deuxième marche du podium.

Ça n’empêchera pas Devon Toews d’être hanté pour l’éternité par l’arrêt historique de Connor Hellebuyck à ses dépens.

Et ça n’empêchera pas non plus, les frères Tkachuk de narguer le Canada tout entier au fil des quatre prochaines années.

Mais c’était beau quand même.

Comme le match de médaille d’or, aussi décevante pour le Canada et les amateurs de hockey canadien, soit sa conclusion.

Un titre à reconquérir

Comme vous, j’aurais préféré que la prolongation soit disputée à cinq contre cinq.

Si la LNH revient aux prolongations à cinq contre cinq pour les séries éliminatoires et sa finale de la coupe Stanley, il me semble que la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) devrait faire de même.

Après tout, les matchs visant à déterminer les gagnants des médailles d’or, d’argent et de bronze sont certainement plus importants que des matchs de séries dans la LNH. Ils sont même aussi importants, peut-être davantage, que les matchs de finale de la coupe Stanley.

Mais bon! C’était les mêmes règles pour les deux équipes. Et ce n’est pas pour ça que le Canada s’est contenté de la médaille d’argent.

Ce qui est loin d’être dégradant, cela dit.

Est-ce que la présence de Sidney Crosby aurait aidé le Canada? Bien sûr. Est-ce que la présence de Sidney Crosby aurait changé le cours du match? Peut-être! On ne le saura jamais.

Mais ce serait un manque flagrant de « fair-play » de diminuer la portée de la victoire américaine, dimanche, en l’imputant à l’absence de Sidney Crosby. Aussi grand soit-il.

Connor McDavid, Nathan MacKinnon, Macklin Celebrini et leurs coéquipiers ont eu trois, cinq, sept occasions en or de propulser le Canada vers la victoire.

Ils n’y sont pas arrivés.

Chercher des failles dans leurs performances, remettre en question l’utilisation des joueurs du Canada par Jon Cooper et ses adjoints, remettre en question la sélection des joueurs de l’équipe par Doug Armstrong et les membres de son état-major occupera les conversations au fil des prochaines heures, des prochains jours, des quatre prochaines années.

Mais les Américains méritent le crédit qu’ils méritent aussi. Ils ont déjoué deux fois Jordan Binnington qui n’a pas le début d’un commencement de blâme à recevoir dans la défaite.

Ils ont résisté à une remontée des Suédois en quart de finale avant de passer à la ronde des médailles avec une victoire en prolongation.

Ils ont joué du très gros hockey.

Particulièrement à la ligne bleue où les McAvoy, Faber et Slavin ont démontré qu’ils pouvaient admirablement bien soutenir Quinn Hughes et Zach Werenski.

Et encore plus devant le filet où Connor Hellebuyck a privé l’équipe qui a disputé le meilleur match dimanche de l’emporter.

Le tournoi olympique qui vient de prendre fin a confirmé que le Canada et les États-Unis, aussi bons soient-ils, ne sont plus seuls à pouvoir prétendre aux grands honneurs. On peut aussi ajouter la Russie puisqu’on la reverra bien un jour aux JO.

La Tchéquie a donné une grosse frousse au Canada. La Finlande aussi. La Suède a fait de même avec les États-Unis. La Slovaquie, bien appuyée sur les jeunes et larges épaules de Juraj Slafkovsky, démontre qu’elle est à prendre au sérieux. Comme la Suisse.

La compétition est vive. Elle vient de tous les fronts. Et c’est tant mieux pour le sport. Tant mieux pour le tournoi qui vient de prendre fin et qui a été enlevant au possible.

Personne ne fera de cadeau au Canada. Il devra donc trimer dur pour reconquérir son titre de monarque du hockey sur glace. Autant chez les hommes que chez les femmes.

Ça rendra plus glorieux encore, les exploits réalisés par nos Canadiens et nos Canadiennes lorsqu’ils remonteront sur la plus haute marche du podium.

Dans quatre ans dans les Alpes françaises?

Difficile à dire, mais le plus tôt sera le mieux.