Suivez les Jeux olympiques de Milan-Cortina en direct sur nos différentes plateformes
TABLEAU DES MÉDAILLES| SECTION SPÉCIALE| HORAIRE DE DIFFUSION
Le Canada a décroché la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Milan-Cortina grâce au relais mixte en patinage de vitesse courte piste, mardi.
Les Québécois William Dandjinou, Félix Roussel, Kim Boutin ainsi que Courtney Sarault ont terminé derrière l’Italie, mais devant la Belgique (bronze) et la Chine.
Le Canada se trouvait au quatrième et dernier rang durant une partie de la course, mais une bonne poussée de Sarault a fait grimper Boutin à la troisième place avec six tours à faire, puis un déséquilibre de la Chine a ouvert la porte à l’unifolié. Dandjinou était le dernier à s’élancer, mais il n’a pas été en mesure de rattraper le représentant italien.
Steven Dubois a participé à la demi-finale avant d’être remplacé par Roussel pour la finale. Florence Brunelle a quant à elle enfilé ses patins pour l’étape des quarts.
Les Néerlandais ont réalisé un record olympique lors de la finale B. Ils ont été exclus de la grande finale par surprise tout comme les États-Unis.
Boutin et Sarault ont également réussi à se qualifier pour les quarts de finale du 500 m individuel plus tôt dans la journée, alors que Dandjinou et Roussel participent au 1000 m.
Une décision difficile
Marc Gagnon a fondu en larmes quand il a annoncé à l’équipe canadienne que le vétéran Steven Dubois serait laissé de côté lors de la finale du relais 2000 mètres mixte au profit de la recrue Félix Roussel.
L’étoile montante du courte piste, Wiliam Dandjinou, a pris la relève de son entraîneur et a rassemblé les troupes, puis le Canada a filé vers l’argent, à l’Aréna de patinage de Milan.
« Tout de suite, quand il m’a vu, sa première réaction a été de se lever debout dans la pièce et il a dit : “Gang! Ce n’est pas grave. C’est ça la décision”. Et tout le monde a embarqué », a raconté Gagnon, encore émotif après avoir pris ce qu’il a qualifié de décision la plus difficile de sa jeune carrière d’entraîneur.
L’équipe canadienne avait gagné sa vague en quarts de finale et ses demi-finales sans trop de heurts. Roussel, Dandjinou, Courtney Sarault et Kim Boutin ont ensuite terminé derrière l’Italie, en finale. La Belgique a complété le podium.
Gagnon avait préféré Roussel à Dubois en finale parce qu’il souhaitait compter sur Dandjinou comme dernier patineur et que l’équipe s’était préparée avec Roussel avant lui dans cette situation. Sinon, Dandjinou était déployé avant Dubois, qui finissait les courses.
« Ça n’a rien à voir avec Steven, mais nous ne pouvions pas faire Steven, puis Will, et j’étais convaincu que William pourrait faire la différence à la fin si nous avions besoin de lui, a expliqué Gagnon. Je sais que tous les autres sont bons, mais avec ce que j’avais vu de Will aujourd’hui, je savais qu’il pouvait le faire.
« Tactiquement, c’était, selon moi, le choix à faire. Et je pense que la course m’a donné raison, puisque nous n’avons pas été en avant. Nous ne nous sommes pas échappés. Nous avions besoin de l’agilité de William », a poursuivi Gagnon.
Gagnon a vanté le professionnalisme de Dubois, qui a accepté la décision de l’exclure de la finale sans en faire un plat.
« C’est certain que j’avais aidé l’équipe à atteindre la finale, mais, écoutez, nous sommes tellement fort les trois (Dubois, Dandjinou et Roussel) que j’avais 100 % confiance en eux. C’est juste que c’est plus stressant de vivre une finale de l’autre côté de la bande », s’est exclamé Dubois, qui a ajouté une quatrième médaille olympique à sa collection.
De son côté, Roussel était particulièrement ému après la course. Il s’était blessé au dos à l’entraînement il y a deux semaines. Gagnon a indiqué avoir reçu le feu vert des médecins de le faire participer au relais mixte seulement dimanche.
« Il y a deux semaines, je croyais avoir perdu mes Jeux, honnêtement », a confié Roussel.
Il a ensuite été surpris de voir Gagnon se tourner vers lui pour la finale.
« Je l’ai appris 10 minutes avant la finale et j’étais stressé en titi, parce que les gars avaient bien patiné la demi-finale. Je pensais que nous allions remettre les deux mêmes gars », a raconté Roussel.
« L’équipe ne m’a jamais fait sentir que ça les dérangeait. Puis, quand la course a commencé, j’ai senti que c’était comme à l’entraînement, comme nous l’avions fait tellement souvent », a-t-il ajouté.
Roussel revient de loin. Le Sherbrookois âgé de 24 ans servait de patineur d’entraînement pour l’équipe féminine il y a quatre ans. Il a depuis fait sa place au sein de l’élite mondiale.
« Je regardais Kim gagner ses trois premières médailles à Pyeongchang (en 2018), quand j’étais encore à Sherbrooke, s’est-il remémoré. Et là, d’en gagner une avec elle, c’est fou, parce que nous venons du même club. J’étais ‘fan’ et maintenant, nous patinons ensemble. »
Boutin compte maintenant cinq médailles à son palmarès, soit une de moins que Cindy Klassen en temps qu’athlète canadienne la plus décorée aux Jeux d’hiver. Charles Hamelin en a aussi gagné six durant sa prestigieuse carrière.
Pour Boutin, toutefois, il s’agit d’une première médaille dans une épreuve par équipes.
« Les médailles au relais, c’est quelque chose qui me manquait vraiment, a évoqué la Sherbrookoise âgée de 31 ans, qui en est à ses derniers Olympiques. J’ai vraiment aimé comment nous avons tous patiné et, oui, c’est un grand plaisir. »
L’équipe canadienne a donc commencé du bon pied son parcours à l’Aréna de patinage de Milan, alors qu’elle espère battre son record de six médailles, établi en 2002, aux Jeux de Salt Lake City.
Le Canada était champion du monde en titre en relais mixte et était monté trois fois sur le podium en quatre étapes du Circuit mondial de la Coupe du monde cet automne. Il avait cependant terminé en sixième position aux Jeux de Pékin, en 2022.






