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Schwinghammer termine 5e derrière un doublé américain

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(Lindsey Wasson/AP)

LIVIGNO — Quatre petits dixièmes de point. C’est ce qui manquait à Maia Schwinghammer au Parc de bosses et de sauts de Livigno pour devancer la Française Perrine Laffont et grimper sur la troisième marche du podium en bosses aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.

L’athlète âgée de 24 ans de Saskatoon a obtenu 77,61 points de la part des juges, tandis que Laffont a obtenu 78,00 points, permettant ainsi à la double championne du monde en titre d’aller chercher une deuxième médaille olympique, après l’or aux Jeux de Pyeongchang, en 2018.

«Difficile de dire (si ça méritait un meilleur pointage), a évalué Schwinghammer après coup. J’ai fait quelques erreurs. C’est difficile de savoir comment les juges vont analyser ta technique de virage. Je sais que j’ai de très beaux virages et que je ne reçois pas les points mérités. Je ne suis donc pas trop déçue, car je sais que j’ai fait des erreurs. Si j’avais fait la meilleure descente de ma vie, alors j’aurais été déçue de cette cinquième place.»

Son entraîneur, Michel Hamelin, avait un son de cloche différent.

«Quand c’est serré, ça veut dire quelque chose, mais quand tu n’es pas sur la ‘boîte’ (le podium), c’est amer. Il y a eu une égalité à 78 points. Je trouve qu’elle a mal été notée. Ils ont enlevé des points sur sa descente, je ne sais pas où. C’est correct qu’ils en enlèvent, mais il y a quelque chose qui m’échappe.

«Une chose est sûre, et ça, c’est vrai, sur son saut du haut, à l’atterrissage, elle est un peu de côté et on voit de la neige voler. Ça veut dire qu’on glisse dans ce temps-là. J’aurais enlevé des points pour ça aussi si j’avais été juge; ils en ont juste enlevé un petit peu plus. (...) Je voyais plus un 78, ou 79. C’est sorti à 77,61.»

Laffont a obtenu le même pointage que la Japonaise Hinako Tomitaka. Une légère avance pour les virages — 46,2 contre 46,0! — a favorisé la Française.

Schwinghammer reste malgré tout satisfaite de cette première expérience olympique.

«Je suis contente et fière avec la façon dont j’ai géré tout le stress de la journée. C’est quelque chose, les Olympiques. Ce n’est pas facile! Je suis juste vraiment contente d’avoir fait trois descentes propres, compétitives, avec toutes les filles»,a évoqué la bosseuse de la Saskatchewan.

Les Américaines Elizabeth Lemley et Jaelin Kauf ont signé un doublé surprise, profitant de la débâcle de la grande favorite, Jakara Anthony. L’Australienne, championne olympique en titre et meneuse au classement de la Coupe du monde, a failli sortir de piste après le premier saut de sa dernière descente, la reléguant au huitième rang.

Quatre Canadiennes en finales

Outre la participation de Schwinghammer à la super-finale, il faut souligner la présence des trois autres Canadiennes en lice à la finale. Laurianne Desmarais-Gilbert a conclu au 12e rang, suivie d’Ashley Koehler en 16e place et de Jessica Linton au 19e échelon.

«Je suis un peu déçue de mon saut du haut, qui était plus petit que je ne l’aurais voulu. Comparativement aux qualifications, j’étais un peu stressée, alors je suis heureuse d’avoir bien géré mon stress et d’avoir réussi ma descente, a indiqué Desmarais-Gilbert. Je m’étais qualifiée haut, et c’est une position que je voulais garder.»

«Je suis contente d’avoir poussé la vitesse un peu en finale, mais ça m’a coûté cher. J’ai raté ma reprise (à l’atterrissage). Mais juste d’être ici pour moi, c’est gros», a pour sa part noté Koehler, qui ne devait pas participer aux JO et a été ajoutée à la dernière minute.

Linton a quant à elle parlé d’une descente en deçà de ses attentes, mais qui l’a tout de même ravie.

«J’étais heureuse d’avoir franchi le fil d’arrivée», a-t-elle reconnu.

Toutes ces filles en étaient à leur première participation olympique. Qu’elles se soient toutes qualifiées pour les rondes finales prouve à quel point le programme canadien a repris de la vigueur, lui qui était bien mal en point depuis les Jeux de Pékin.

«Ce sont quatre filles qui en sont à leurs premiers Jeux en plus. Elles ont fait des qualifications incroyables, elles n’ont pas eu froid aux yeux, surtout en qualifs 1», a noté Hamelin.

«Mon fait saillant de cette qualification, c’est la huitième place de Laurianne. Normalement, elle se retient un peu pour être sûre que ce soit propre et beau. Là, elle est allée à fond. Elle a réussi le meilleur pointage sur le saut du bas et a réussi le saut le plus haut en haut. Elle a fait des choses que normalement elle ne fait pas. Elle le fait parfois à l’entraînement, mais là, elle l’a fait en compétition, devant tout le monde. (...) Pour les filles, pour le futur, c’est bon», a résumé l’entraîneur canadien.

«C’est le ‘fun’ de faire un résultat comme ça (aux JO). Le niveau des filles est tellement élevé, a évoqué Desmarais-Gilbert. (...) On sent autant chez les filles que chez les gars, la relève est là. On sent que plusieurs filles poussent. Je ne suis pas inquiète, on verra bientôt plusieurs filles et plusieurs gars en finales.»

Chez les hommes, Julien Viel et Mikaël Kingsbury, respectivement deuxième et troisième des qualifications, ont accédé directement aux rondes finales. Elliot Vaillancourt, 16e mardi, tentera de les rejoindre dans la deuxième séance de qualification, qui aura lieu jeudi.

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne