Mikaël Kingbsury a un luxe que la plupart des grands rois n’ont jamais eu. Il peut se retirer selon ses propres termes, unanimement célébré par les membres de sa communauté.
C’était un secret de polichinelle, le plus grand skieur acrobatique de l’histoire, le « King des Bosses », un athlète chéri du Canada et de la province de Québec, disputera la dernière compétition de sa carrière, ce week-end, au Mont Saint-Sauveur. Il prendra le départ pour une dernière fois avant sa retraite sportive, samedi, là où tout a commencé à l’occasion des Championnats canadiens.
« Ça fait longtemps que je le sais dans ma tête, plus qu’un an et demi que je mijote cette décision-là », a expliqué Kingsbury dans une entrevue avec notre collègue Gabriel Bouchard.
Né à Saint-Agathe-des-Monts, à quelques kilomètres du Mont Saint-Sauveur, Kingsbury a pris part à sa toute première compétition sur la petite montagne des Laurentides. Maintenant âgé de 33 ans, il aura passé 16 ans au 1er rang mondial de sa discipline, remportant au passage 100 compétitions en Coupe du monde, 29 globes de cristal, neuf titres de champion du monde et cinq médailles olympiques.
Lors de sa dernière compétition olympique, à Milan-Cortina, Kingsbury a mis la main sur le tout premier titre olympique à l’épreuve en parallèle lui permettant de rejoindre Alexandre Bilodeau, qui était le seul bosseur à avoir gagné deux médailles d’or, d’abord à Vancouver, puis à Sotchi.
Pour célébrer ces accomplissements complètement hors norme, Kingsbury a mérité le privilège de disputer sa dernière épreuve selon ses propres termes.
« J’avais demandé que les championnats canadiens soient ici, au Mont Saint-Sauveur. C’est ici que j’ai fait ma première compétition. De finir ma carrière ici, c’est le meilleur scénario possible. Je n’ai aucun regret et je suis vraiment excité pour ce qui s’en vient dans le futur. »
À commencer par ses projets familiaux, Kingsbury se promet une après-carrière fort occupée, où il tient à redonner à la communauté des Laurentides qui l’a vu grandir. Pour une dernière fois, le public qui l’a adoré aura une chance de lui rendre hommage pour une dernière fois.
« C’est ici que je viens décrocher, skier avec ma famille, avec ma conjointe. C’est ici que mon petit gars a mis des skis pour la première fois. De prendre mon dernier départ en carrière, ce samedi ici, c’est une belle célébration et c’est un moment dont on va se souvenir longtemps. »
Et maintenant, qu’est-ce qui attend l’athlète de 33 ans pour la suite? Évidemment, Kingsbury a la tête pleine de projets, mais il est surtout heureux de pouvoir vivre une vie « normale » et de maximiser le temps passé avec les êtres qui lui sont chers.
À noter que l’accès à la piste 70 Ouest est gratuite pour les partisans qui voudraient saluer Kingsbury pour une dernière fois. Samedi, la finale des duels s’amorcera dès 15 h 20 alors que les rondes préliminaires seront disputées à 12 h 30.



