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Une première craque dans la forteresse montréalaise d’Eullaffroy

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CF Montréal 2 - Timbers 2

CF Montréal 2 - Timbers 2

Eullaffroy mérite-t-il une plus longue audition?

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Gillier joue de malchance

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Carmona complète la grande passe de Longstaff

Carmona complète la grande passe de Longstaff

Portland frappe après un coup de pied de coin

Portland frappe après un coup de pied de coin

Rios réchauffe les partisans avec un but

Rios réchauffe les partisans avec un but

MONTRÉAL – Une brèche a finalement été trouvée dans la forteresse construite par Philippe Eullaffroy.

Un but concédé tard en deuxième demie a contraint le CF Montréal à se contenter d’un match nul de 2-2 contre les Timbers de Portland mercredi soir au Stade Saputo. Pour la première fois en cinq matchs, soit depuis qu’Eullaffroy a pris le contrôle du vestiaire à la mi-avril, le Bleu-Blanc-Noir a échappé des points dans son enceinte.

Cole Bassett a brisé les idéaux de perfection des Montréalais à la 77e minute, sautant sur un ballon qui venait de ricocher contre le poteau et la tête du gardien Thomas Gillier pour le soulever dans une cage ouverte. Un but « un peu chanceux », dixit Samuel Piette, qui a laissé un parfum d’occasion ratée dans l’air glacial d’Hochelaga-Maisonneuve.

« C’est sûr que le 2-2 fait mal en ce moment, parce qu’on avait je pense la victoire à notre portée, regrettait Samuel Piette. On veut gagner à la maison. Un point, ce n’est pas la fin du monde, mais on veut les trois points. On était sur une belle lancée et on voulait continuer là-dessus. »

Prince Owusu et Iván Jaime, reposés au profit de Daniel Ríos et Noah Streit à l’entame, étaient entrés dans le match quelques minutes avant ce but égalisateur. Les regards se sont aussitôt portés vers eux en quête d’une réponse, d’une réaction, d’une inspiration salvatrice. On attend encore. Les deux partenaires n’ont pas eu l’influence recherchée sur la fin du match.

Mais à leur défense, une telle pression n’aurait probablement jamais dû reposer sur les épaules des deux ténors offensifs. Dans la première heure de jeu, le CF Montréal a obtenu amplement d’occasions de mettre les trois points sous verrou et n’en a saisi aucune.

En première demie, les locaux ont annoncé leurs couleurs dès la onzième minute. Titularisé dans un premier match de MLS cette saison, Ríos a bien fait paraître son sélectionneur en touchant la cible sur une frappe d’une vingtaine de mètres. L’attaquant mexicain, auteur du but décisif comme substitut quatre jours plus tôt, marquait ainsi dans un troisième match de suite.

Les Montréalais ont continué d’exploiter les généreux espaces dans la défense de Portland. Avant le quart d’heure de jeu, Wiki Carmona et Olger Escobar ont frayé près du rectangle de du gardien James Pantemis sans toutefois être en mesure de cadrer une frappe.

Ce manque d’opportunisme a vite été regretté. À la 21e minute, Kristoffer Velde a servi un caviar à Kevin Kelsy sur un corner recyclé.

Carmona s’est repris avant l’entracte, alliant vitesse et ruse sur une échappée à la 45e minute. L’adversaire était assommé, suffisait de l’achever. Montréal a bien tenté de le faire en dirigeant six tirs dans le premier quart d’heure de la deuxième période, mais rien de concret n’est ressorti de cet effort.

L’Impact a terminé la rencontre avec 22 tirs tentés et huit cadrés, mais trop peu de réussite pour être complètement comblé.

« Nos vingt premières minutes ont été ordinaires, mais on a quand même trouvé le moyen de prendre les devants. Après, il faut tuer le match, déplorait Matty Longstaff. On a eu cinq, six, sept chances de leur faire mal en transition en deuxième demie et on ne l’a pas fait. C’est souvent ce qui arrive au football. Si tu ne profites pas de tes chances, tu ouvres une porte à l’adversaire et c’est ce qui est arrivé ce soir. »

« Je trouve qu’on manque toujours de spontanéité dans le dernier tiers, a observé Eullaffroy. On a mis beaucoup trop de temps à prendre nos opportunités, malgré le fait qu’on ait frappé 23 fois. On doit faire mieux. C’est ça qui est un peu frustrant et qui amène à avoir un match très ouvert. On a toujours l’impression qu’on aurait pu le fermer plus tôt. »

Longstaff : liberté et confiance

À l’amertume du résultat final, Longstaff a incorporé une consolatrice dose de douceur. Le rouquin milieu de terrain a connu un autre fort match, distribuant ses deuxième et troisième passes décisives de la saison.

Sur le but de Ríos, l’ancien de Newcastle United a aspiré un défenseur vers lui à l’entrée de la surface de réparation avant de remettre sur sa droite de l’extérieur du pied. En deux touches, l’attaquant l’a transporté avec lui sur la feuille de pointage.

Si Longstaff a tenté de minimiser son implication sur cette séquence, il n’aurait pu convaincre personne de son impertinence sur sa deuxième action payante, celle qui a mené au but de Carmona. Surgissant dans l’axe sur une contre-attaque naissante, le numéro 8 a propulsé vers l’avant, sans même prendre le temps de la contrôler, une passe bondissante de Ríos. Carmona a fait le reste en battant de vitesse le défenseur Jimer Fory.

En cinq matchs depuis la promotion d’Eullaffroy, Longstaff revendique deux buts et trois passes décisives. En 3717 minutes en MLS avant cette saison, il avait fourni deux buts et quatre passes décisives.

Le principal intéressé impute ses succès à Eullaffroy et ses adjoints qui l’utilisent plus haut sur le terrain et qui l’encouragent à mettre davantage de l’avant ses qualités. Mais c’est une chose d’avoir la liberté de s’exprimer, encore faut-il avoir la confiance de poser les gestes potentiellement payants.

« C’est une chose sur laquelle je travaille depuis peut-être deux ans. Quand je suis arrivé à mon club précédent, j’étais plutôt timide. Mais tout est dans la tête. Dans mon état d’esprit maintenant, je veux aller jouer dans la surface de réparation ou tenter de créer des choses en prenant plus de risques. »

« Je pense qu’il a beaucoup plus de liberté parce que je m’occupe maintenant du côté défensif, a blagué Piette quand les succès de son partenaire de jeu lui ont été mentionnés. Mais non, je dis souvent que Matty me fait penser à Frank Lampard dans son style de jeu. C’est quelqu’un qui court beaucoup, qui aime faire des courses en profondeur, être dans la surface de préparation. C’est un joueur avec beaucoup de qualité qui amène énormément au niveau physique. Pour vrai, c’est un bijou de l’avoir dans cette équipe-là. »