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VANCOUVER – Nathan Saliba a toujours projeté un calme et une sagesse qui contrastait avec son âge.
En 2023, alors qu’il commençait à gagner la confiance de l’entraîneur Hernán Losada et que ses responsabilités augmentaient au CF Montréal, chacune des questions qui lui était posées au sujet de son impressionnante progression était reçue avec une moue ou un petit sourire en coin. Il venait d’avoir 19 ans, mais il ne doutait aucunement qu’il était à sa place. Il savait aussi qu’il était destiné à de bien plus grandes choses.
Cette grande confiance en lui et sa capacité à la légitimiser sur le terrain allait caractériser la suite de son parcours. En équipe nationale, il a marqué à ses deuxième et troisième titularisations et il est vite devenu évident qu’il serait une sélection incontournable pour Jesse Marsch à la Coupe du monde. À son arrivée en Europe, avec le RSC Anderlecht en Belgique, il a convaincu ses nouveaux patrons à une vitesse telle qu’il a conclu sa première saison avec plus de 3000 minutes au compteur.
Cette facilité à s’adapter rapidement à de nouveaux environnements et à y exceller, « c’est quelque chose que je pensais que j’avais en moi, mais [le fait de vivre ces expériences], ça me l’a confirmé », disait Saliba lors de son passage à Montréal au début du mois de juin.
« Je pense que c’est une très bonne chose que j’ai [dans mes atouts] », avait-il conclu.
À peine deux semaines plus tard, l’autoévaluation de Saliba s’est avérée prophétique. Entré dans le match contre le Qatar après la blessure subie par Ismaël Koné, il a aussitôt fait bouger les cordages sur un long coup franc. Encore une fois, son aisance désarmante à gérer les moments les plus corsés a été en démonstration.
« J’étais vraiment fier de la façon dont les gars ont su gérer leurs émotions et rester concentrés sur la tâche à accomplir, a dit Jesse Marsch au lendemain de la victoire contre le Qatar. Nathan, on pouvait voir qu’il n’était pas vraiment lui-même quand il a sauté sur le terrain, mais il a retrouvé ses esprits, il a marqué et tous ensemble, on a su utiliser le moment pour honorer Ismaël et honorer ce que ce match voulait dire pour nous. »
Maintenant, le vrai moment de Saliba pourrait être arrivé. La porte qui s’est brutalement fermée devant Koné devrait logiquement s’ouvrir devant lui. C’est une occasion qui, s’il la saisit, pourrait précipiter son apparition sur la liste d’emplettes de clubs de plus grands championnats en Europe.
Depuis une semaine, Marsch détourne les questions au sujet de Saliba et de la possibilité de lui confier un rôle accru au sein de son groupe. Le sélectionneur aime rappeler que Mathieu Choinière, Jonathan Osorio et Niko Sigur sont d’autres options à sa disposition. L’expérience des deux premiers pourrait jouer à leur avantage, mais le Longueillois semble, d’un point de vue extérieur, avoir une légère longueur d’avance dans cette compétition à l’interne.
« Je parlais à Nathan la semaine dernière, a dit Marsch. Je pouvais voir qu’il était un peu affecté parce qu’il n’avait pas joué dans le premier match. Je lui ai dit qu’il devait être prêt en tout temps parce que tout peut arriver dans ce genre de tournoi. On ne peut rien prédire. On peut essayer de contrôler ce qu’on peut contrôler, mais une fois que le match commence, on ne sait jamais ce qui va nous tomber dessus.
Peu importe qui est appelé à remplacer Koné, Marsch a prévenu que la transition ne se fera pas sans heurt. Il a décrit le milieu de terrain montréalais comme « possiblement le meilleur joueur » du Canada depuis le début de cette Coupe du monde.
« On va trouver un moyen, mais ça ne sera pas facile », anticipe-t-il.
En conférence de presse mardi, Jonathan David ne semblait pas trop préoccupé par la perspective de devoir combiner avec un autre partenaire que le numéro 8 dans le tiers offensif.
« Je pense qu’il n’y a pas trop d’ajustements à faire. Je pense que [Nathan et moi] avons une bonne entente, même s’il pourrait moins jouer qu’Ismaël. On a une bonne entente entre nous, on se comprend sur le terrain. Alors je pense que sur ce point-là, rien ne va vraiment changer. »
Début juin, Saliba s’étonnait de la sérénité avec laquelle il approchait sa présence imminente à la Coupe du monde. « Je n’ai pas encore toutes les émotions que je pense que je devrais avoir », disait-il.
En termes d’émotions, il a été servi par le contexte qui a mené à ses premières minutes contre le Qatar. Il risque fort dans vivre d’autres dans quelques heures.





