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« On est exactement où on voulait être »

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VANCOUVER – Il y avait une façon pour le Canada de se faciliter la vie pour la suite de son parcours mercredi contre la Suisse. Mais rien n’a été facile pour les Rouges avant et pendant cette Coupe du monde et de nouveaux obstacles se dressent maintenant sur leur route.

À la recherche, au minimum, d’un match nul pour finir en tête de son groupe, le Canada s’est incliné 2-1 devant les favoris helvètes. Les implications de ce résultat sont les suivantes :

-Un départ de Vancouver : plutôt que de jouer un troisième match de suite au BC Place, le Canada sera déraciné de son camp de base et ira disputer son 16e de finale à Los Angeles.

-Une préparation écourtée : en tant que rois du groupe B, le Canada aurait joué son prochain match le 2 juillet. Il sera plutôt de retour en action dans quatre jours, le 28 juin.

Il faudra attendre avant de connaître l’identité de son prochain adversaire, mais selon les pronostics actuels, il pourrait s’agir de la Corée du Sud, présentement deuxième du groupe A.

« J’ai vécu une Coupe du monde et j’ai vécu d’autres grands moments. Je sais qu’une fois que vous réussissez à aller chercher une grosse victoire, c’est vraiment important de l’utiliser comme un tremplin. Alors je suis déçu qu’on n’ait pas su aller chercher le résultat qui nous aurait permis de continuer ici, a admis Jesse Marsch au micro de TSN. Mais on va aller à L.A.! La foule sera probablement hostile, ça sera sans doute un peu plus difficile, mais on veut continuer de pousser pour le pays. »

« On est exactement où on veut être, est allé jusqu’à dire Marsch. On a fini au deuxième rang de notre groupe, on s’en va en ronde éliminatoire... On continue. »

Gentilhomme par excellence avec les membres de la presse, Alistair Johnston s’est montré agacé par ce qu’il percevait comme un manque de perspective dans le ton des questions qui lui était destinées.

« On aurait évidemment adoré terminer en tête de notre groupe, mais on est qualifié pour la ronde éliminatoire de la Coupe du monde. Pour nous, c’était le minimum qu’on devait accomplir pour montrer tout le progrès réalisé par ce programme. À partir de maintenant, tout est possible. »

Après une première demie sans but au cours de laquelle il avait semblé tranquillement monter en puissance, le Canada a connu un passage à vide d’une dizaine de minutes au retour de l’entracte. C’est là que le match s’est joué.

Pendant toute la première demie, les Suisses avaient misé sur la vitesse de leurs attaquants en envoyant de longs ballons derrière la défense canadienne. À la 46e minute, la tactique a fonctionné quand la jeune pépite Johan Manzambi a remporté sa course contre Luc De Fougerolles. Du fond du territoire canadien, son long centre a trouvé Rubén Vargas laissé sans surveillance dans la surface. L’attaquant du Séville FC a eu tout son temps pour l’envoyer flatter l’intérieur du poteau derrière Maxime Crépeau.

La Suisse a doublé son avance dix minutes plus tard. Après un autre long ballon mal négocié par les défenseurs centraux canadiens, Manzambi s’est créé tout l’espace dont il avait besoin pour cadrer un tir sous Crépeau, qui regrettera de ne pas avoir su mieux maîtriser la frappe.

Marsch a dès lors cherché la solution sur son banc. Il a procédé à un triple changement juste avant l’heure de jeu. Aucune trace, toutefois, d’Alphonso Davies, qui n’allait même jamais être aperçu à s’échauffer le long des lignes de touche. Après le match, Marsch a admis que ses propos de la veille, alors qu’il avait affirmé que son capitaine était prêt pour un retour au jeu, avait été de la poudre aux yeux destinée à envoyer son rival sur une fausse piste.

Tout ça pour dire que la rotation d’effectif a porté ses fruits. L’entrée de Stephen Eustaquio, Liam Millar et Tani Oluwaseyi a donné un second souffle au Canada. Puis après la pause d’hydratation, l’insertion de Promise David a fait une réelle différence.

Peu de temps après son entrée, le gros attaquant a reçu un superbe ballon de Nathan Saliba et l’a redirigé de l’extérieur du pied dans une cage déserte.

Le Canada a continué de pousser. Derek Cornelius a raté la cible de peu en redirigeant un coup franc avec dix minutes à faire au temps réglementaire. Dans les arrêts de jeu, Promise David a de nouveau menacé en plaçant la tête sur un corner, mais le gardien Gregor Kobel n’a pas été trompé.

Alistair Johnston a gagné un ballon aérien rempli de promesse dans la dernière minute du temps ajouté, mais sa tentative a manqué de vélocité.

Si l’effort tardif du Canada n’a pas rapporté de dividendes immédiats, il lui permettra sans doute de préparer son prochain test avec plus d’assurance.

« Grosse confiance, a confirmé Mathieu Choinière, titulaire surprise à la place d’Eustaquio. Je pense que tous les matchs qu’on a joués jusqu’ici, on n’a pas vraiment été dominés. On a joué contre une bonne équipe aujourd’hui, une équipe bien classée à l’échelle mondiale. Ça peut nous donner confiance parce qu’on sait qu’on peut mettre les grosses équipes en difficulté. »

C’est un détour, donc, mais ce n’est pas la fin pour cette équipe abonée à l’adversité.