Menée 2-1 à l’heure de jeu, l’Espagne, championne d’Europe en titre, a assuré sa qualification pour la Coupe du monde 2026, mardi à Séville, en décrochant un nul sans saveur de 2-2 face à la Turquie.
Après cinq larges succès lors des cinq premières journées, la Roja a tremblé pour la première fois sur la pelouse du stade olympique de la Cartuja, lors d’une « finale » qui n’en avait que le nom.
Elle termine néanmoins invaincue à la première place du groupe E avec 16 points, devant son adversaire du soir, deuxième avec 13 points, valeureux même sans ses jeunes stars Arda Güler et Kenan Yildiz, ménagées.
La sélection espagnole, quasiment qualifiée au coup d’envoi, sauf scénario catastrophe (une victoire 7-0 de la Turquie), a encaissé ses deux premiers buts dans cette phase de qualification.
Les hommes de Luis De la Fuente, privé à nouveau de la moitié de son onze titulaire, en l’absence de Lamine Yamal, Rodri, Pedri, Dani Carvajal, Nico Williams ou Dean Huijsen, avaient pourtant idéalement démarré cette soirée en ouvrant le score dès la 4e minute d’un magnifique enchaînement du Barcelonais Dani Olmo dans la surface (‘4, 1-0).
Mais ils se sont laissé surprendre juste avant la mi-temps, sur un corner repris par l’attaquant Deniz Gül (‘42, 1-1), après avoir manqué plusieurs occasions de creuser l’écart.
Le gardien basque de Bilbao Unai Simon, vigilant sur sa ligne a retardé un peu le deuxième but turc au retour des vestiaires, en détournant notamment un retourné acrobatique de Baris Yilmaz, qui aurait pu être l’un des buts de la soirée.
Mais il n’a rien pu faire sur la demi-volée limpide du milieu de Dortmund Salih Ozcan venue doucher l’enceinte sévillane (‘54, 2-1), remplie seulement aux deux-tiers, signe de l’intérêt moindre de la rencontre.
La Roja, menée au score pour la première fois dans ces qualifications, a heureusement pu compter une nouvelle fois sur l’expérimenté Mikel Oyazarbal, opportuniste après un ballon repoussé par Merih Demiral sur sa ligne pour égaliser (62e, 2-2) et préserver l’invincibilité des champions d’Europe en titre.
Les Espagnols, champions du monde en 2010, prolongent ainsi leur impressionnante série avec une 31e rencontre sans défaite en compétition officielle depuis 2023.
Suffisant pour rejoindre les autres grandes nations européennes (France, Angleterre, Portugal, Allemagne, Pays-bas) dans la liste des 39 pays qualifiés jusqu’ici. La Turquie devra passer par les barrages pour espérer voir l’Amérique l’été prochain.
La Belgique se qualifie sans trop forcer face au Liechtenstein
La Belgique verra l’Amérique et disputera en juin prochain sa quinzième Coupe du monde, la quatrième d’affilée, après sa large victoire de 7-0 mardi à Liège face au Liechtenstein.
Privés de leur colonne vertébrale (Courtois, Debast, De Bruyne et Lukaku, tous blessés), les Diables Rouges ont rendu une copie propre pour signer leur 48e match consécutif sans défaite (41 victoires, 7 nuls) en qualifications pour un Mondial ou un Euro. Record en cours pour une équipe européenne.
Les Belges, qui ont rapidement ouvert le score par Hans Vanaken (‘3) ont logiquement été maîtres du jeu face à la 206e nation mondiale. Sur l’ensemble de la partie, leur gardien a touché le ballon à trois reprises seulement.
Avant la pause, Jérémy Doku a signé un doublé pour enflammer le stade de Sclessin, antre habituel du Standard de Liège. Au retour des vestiaires, Brandon Mechele, Alexis Saelemaekers, et Charles De Ketelaere deux fois, se sont chargés d’alourdir la note.
Pour le sélectionneur Rudi Garcia, c’est mission accomplie. Lors de son intronisation au printemps dernier, le Français avait reçu pour tâche de maintenir la Belgique au sein du groupe A de la Ligue des nations et donc de qualifier son équipe pour le Mondial.
Malgré ce bilan mathématique positif, l’ancien coach du Losc traverse une première zone de turbulences à la suite des reproches émanant principalement de la presse flamande dans un pays où les questions linguistiques sont sensibles.
Le match nul de 1-1 ramené samedi dernier du Kazakhstan n’a pas été du goût des médias du nord du plat pays qui n’ont pas manqué de signaler que le coach français a fait l’objet de premières critiques en interne, venant notamment de Doku.
L’ailier de Manchester City, déçu après le partage de points à Astana, avait déclaré: « Tout le monde doit faire mieux. Le coach aussi, moi, tout le monde. Peut-être qu’on n’a pas bien analysé le Kazakhstan. »
Certes, pour ces deux derniers matches qualificatifs, Garcia était privé de ses cadres mais ces circonstances atténuantes n’ont pas été retenues par certains journaux belges, certains affirmant au sein même de la Fédération, les méthodes du sélectionneur comme « vieillottes ».
Irrité en conférence de presse d’avant-match, l’entraîneur français aura toutefois été rassuré par le comportement irréprochable de ses joueurs mardi.
Un match de fou qualifie l’Écosse
L’Ecosse a marqué deux fois dans le temps additionnel pour arracher au Danemark, la première place du groupe C qualificative pour le Mondial-2026, mardi à Glasgow, dans une victoire de 4-2 durant l’ultime journée.
Une frappe de Kieran Tierney depuis l’extérieur de la surface (’90+3) et un lob signé Kenny McLean du rond central (’90+8) ont permis à l’Ecosse d’obtenir la victoire nécessaire. Ils terminent premiers avec deux points d’avance sur leurs adversaires du soir.
L’Ecosse attendait de rejouer une Coupe du monde depuis 1998, il y a 27 ans.
Quant aux Danois, ils devront disputer en mars les barrages pour espérer disputer une troisième édition d’affilée.
A Hampden Park, les supporters ont donné le ton avant le coup d’envoi en chantant à pleins poumons, a capella, un « Flower of Scotland » aussi puissant qu’émouvant.
Mais le niveau de décibels a atteint une tout autre intensité moins de trois minutes après le coup d’envoi quand Scott McTominay s’est jeté dans les airs, dos au but et à hauteur du point de pénalty, pour exécuter un retourné acrobatique de toute beauté (’3, 1-0).
La sortie sur civière du passeur décisif Ben Gannon-Doak, blessé à une cuisse (’21), a ensuite affaibli une équipe d’Ecosse qui n’a fait que subir les offensives adverses.
Rasmus Hojlund s’est procuré de multiples occasions face au gardien Craig Gordon, auteur de plusieurs parades (’7e, ’47) et sauvé par la VAR après un but du numéro 9 invalidé pour une faute (’23).
Le coéquipier de McTominay à Naples a fini par égaliser sur un pénalty (’57, 1-1) concédé par Andy Robertson, le capitaine écossais aux 90 sélections, coupable d’une faute à l’entrée de la surface de réparation.
Le Danemark s’est retrouvé à dix après le deuxième carton jaune reçu par Rasmus Kristensen (’61), il a encaissé un but sur corner (’78, 2-1) mais il a réussi à égaliser une seconde fois par Patrick Dorgu (’82, 2-2).
L’Ecosse a poussé dans les dernières minutes et marqué deux fois par deux entrants dans une ambiance de folie.
Gregoritsch délivre l’Autriche
L’Autriche s’est aussi qualifiée mardi soir grâce à son match nul, 1-1, contre la Bosnie-Herzégovine à domicile à Vienne au Ernst-Happel Stadion.
C’est la première fois depuis le Mondial de 1998 en France que l’Autriche disputera la phase finale de la Coupe du monde, étendue pour la première fois en 2026 à 48 participants, dont 16 issus du continent européen.
Menée dès la 12e minute de cette « finale » de groupe sur un but de Haris Tabakovic, l’Autriche a égalisé à la 77e minute par Michael Gregoritsch pour assurer la première place du groupe devant la Bosnie-Herzégovine, 19 points contre 17.
L’Autriche participera pour la huitième fois de son histoire à la phase finale de la Coupe du monde. Demi-finaliste en 1934 et en 1954, elle a été privée de la compétition planétaire pendant 28 ans.
Présente sur la scène continentale lors des trois dernières éditions de l’Euro (2016, 2021, 2024), elle n’a toutefois pas retrouvé le top 8 d’une grande compétition (Championnat d’Europe ou Coupe du monde) depuis le Mondial de 1978 en Argentine.
Pour se qualifier pour une deuxième phase finale du Mondial après 2014, la Bosnie-Herzégovine passera par les barrages européens fin mars, avec deux matches couperets à remporter pour voir l’Amérique du Nord.
Une nulle suffit à la Suisse
La Suisse s’est offert mardi une sixième participation d’affilée en Coupe du monde, en se qualifiant pour le Mondial-2026 de football grâce à son match nul de 1-1 à Pristina face au Kosovo, barragiste.
Après un premier acte verrouillé, la Nati a pris l’avantage au retour des vestiaires sur une frappe croisée de Ruben Vargas (’47, 0-1), servi à gauche de la cage par son coéquipier de Séville Djibril Sow.
Mais Florent Muslija a exploité un ballon tout juste récupéré d’un superbe tir enroulé à l’entrée de la surface, propulsé dans la lucarne de Gregor Kobel (‘74, 1-1).
Partie en trombe dans les éliminatoires, avec quatre succès en quatre rencontres, la Suisse avait failli figurer parmi les premières qualifiées de la zone Europe, mais a finalement dû patienter jusqu’à la dernière journée.
En tête du groupe B avec trois points d’avance sur le Kosovo et une différence de buts très avantageuse (+12 contre +1), les joueurs de Murat Yakin pouvaient même se permettre une défaite par moins de six buts d’écart.
Ils ont néanmoins préservé leur invincibilité et, plus largement, dissipé les doutes nés des retraites internationales de leur portier Yann Sommer et de leur fantasque buteur Xherdan Shaqiri.
Certes vieillissante, leur « génération dorée » a su intégrer de jeunes talents comme Ruben Vargas ou Johan Manzambi, et a inscrit 14 buts pendant sa campagne qualificative en n’en encaissant que deux.
Et si le football reste concurrencé dans le coeur du public suisse par le ski ou le hockey, la Nati consolide sa place parmi les sélections les plus régulières: elle disputera sa 13e Coupe du monde au total, et a été au moins huitième de finaliste lors de ses six dernières phases finales en grand tournoi.
De son côté, reconnu en 2016 seulement par la Fifa et l’UEFA, le Kosovo peut toujours rêver d’une première phase finale de Coupe du monde, puisqu’il s’était déjà assuré de disputer les barrages de la zone Europe en mars prochain.
16 équipes toujours en lice
Seize repêchés des qualifications de la zone UEFA peuvent encore rêver de s’envoler pour les Etats-Unis, le Mexique et le Canada l’été prochain Il s’agit des douze deuxièmes de groupes, dont l’Italie, déjà éliminée deux fois en barrages en 2018 et 2022, plus les quatre meilleurs vainqueurs de groupes de la Ligue des nations non-barragistes (Suède, Roumanie, Irlande du Nord et Macédoine du Nord).

