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Les Canadiens espèrent retrouver leur forme à Roland-Garros

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Le Canadien Félix Auger-Aliassime réagit pendant son match contre l'Argentin Mariano Navone à l'Omnium d'Italie à Rome, le samedi 9 mai 2026. (Photo AP/Alessandra Tarantino) (Alessandra Tarantino)

PARIS — Victoria Mboko est la seule Canadienne à aborder Roland-Garros avec un certain élan.

Et même là, la jeune femme de 19 ans n’a retrouvé son meilleur niveau que cette semaine lors d’un tournoi de préparation à Strasbourg, où elle disputera la finale samedi.

Pour les autres – trois joueurs en simple masculin et Leylah Annie Fernandez en simple féminin – c’est un mélange de blessures, de malchance et des hauts et des bas inhérents à une longue et éprouvante saison.

Et la surface : la terre battue a été à la fois clémente et cruelle envers les Canadiens par le passé.

Surtout cruelle.

Mais c’est un marathon, pas un sprint. Et tous abordent le tournoi, qui débute dimanche, avec optimisme.

Pour Mboko, la saison sur terre battue a commencé tardivement, car elle a dû se faire extraire les dents de sagesse. Elle a ensuite dû déclarer forfait à Rome pour cause de maladie.

Quant à Gabriel Diallo, c’est son dos qui l’a handicapé.

« Pendant toute la saison sur terre battue, j’ai souffert de problèmes de dos que j’ai essayé de gérer avec des médicaments, a dit Diallo. Mais à Munich, la douleur a commencé à s’aggraver et j’ai eu une injection. À Madrid, j’ai essayé de forcer, mais mon dos n’était pas encore rétabli, alors j’ai fait l’impasse sur Rome. »

Diallo avait prévu de participer à un tournoi à Genève cette semaine. Mais en essayant de fermer un bocal en verre, celui-ci s’est brisé; il s’est retrouvé avec des éclats dans le bras gauche, ce qui a nécessité une intervention chirurgicale. Cela lui a valu deux semaines d’arrêt; il avait encore quatre points de suture à un doigt qui devaient être retirés vendredi.

Félix Auger-Aliassime, quatrième tête de série du tournoi, affrontera d’abord Daniel Altmaier, un Allemand puissant qui l’avait battu sur terre battue l’an dernier à Monte-Carlo.

Auger-Aliassime n’a pas enchaîné deux victoires complètes depuis Indian Wells début mars.

« Je dois évidemment continuer à me poser des questions pour comprendre comment éviter ces éliminations précoces en tournoi. Mais la terre battue reste un défi pour moi; elle ne correspond tout simplement pas à mon style de jeu, a-t-il admis. Je vais essayer de trouver comment être plus régulier, comment éviter ces passages à vide. Mais je n’ai pas toutes les réponses aujourd’hui. »

Pour Denis Shapovalov, un problème au poignet est source d’inquiétude, même s’il a indiqué que son équipe et lui géraient la situation.

« C’est difficile. Les balles sont dures pour le poignet – on voit bien que Carlos (Alcaraz) souffre. C’est assez brutal, pour être honnête. Mais il faut faire avec, a expliqué Shapovalov. Je n’ai pas bien joué à Madrid. À Rome, les conditions n’étaient pas idéales pour moi, mais (Mario) Navone (qui a ensuite créé la surprise en éliminant Auger-Aliassime au deuxième tour) joue un tennis exceptionnel. J’ai pourtant trouvé que j’avais plutôt bien joué; je n’ai simplement pas réussi à conclure les points. Et voilà où nous en sommes. »

« Je me sens plus à l’aise sur cette surface que lors des années précédentes. Mais c’est toujours une période délicate pour nous, vous savez? Nous n’avons pas grandi sur terre battue », a-t-il ajouté.

Shapovalov affrontera au premier tour le Portugais Jaime Faria, issu des qualifications. Diallo sera opposé au vétéran australien James Duckworth.

Pour Fernandez, quart de finaliste à Paris, un bon début de saison sur terre battue à Stuttgart et Madrid le mois dernier s’est essoufflé, au moment même où elle avait besoin de retrouver le chemin de la victoire.

Elle a perdu ses deux premiers matchs à Rome et lors d’un tournoi mineur à Paris la semaine dernière.

Cette semaine à Strasbourg, elle a atteint les quarts de finale, mais a été sèchement éliminée par Mboko.

La 24e tête de série affrontera au premier tour l’Américaine Alycia Parks, une joueuse puissante, mais irrégulière.

Un an après avoir survolé les qualifications et atteint le troisième tour du tableau principal, Mboko revient en tant que neuvième tête de série.

L’an dernier, elle avait créé la surprise. Cette année, elle ne surprendra personne en tentant de réitérer cette performance.

Sa première adversaire sera la jeune Tchèque Nikola Bartunkova, qui possède un jeu agressif et inhabituel, avec des montées au filet incessantes.

Diallo a déclaré que le récent passage à vide du tennis canadien devait être relativisé.

« Prenez Félix, par exemple. L’an dernier à la même époque, je pense que si on lui avait dit qu’il viendrait ici et serait quatrième tête de série, il aurait accueilli la nouvelle avec un grand sourire. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers et nier la réalité. Si les joueurs ne sont pas performants, c’est qu’il y a des choses à corriger, des points à améliorer », a-t-il affirmé.

« Nous sommes tous des athlètes professionnels; nous sommes tous obsédés par la victoire, par la performance. Alors on se remet en question. Et je suis convaincu que nous terminerons bien l’année. Félix est cinquième au monde; ‘Vicky’ est dans le top-10 mondial à 19 ans. Je pense que tout ira bien. »

Shapovalov a acquiescé.

« La saison est longue, vous savez? Je pense que le plus important est de ne pas s’attarder sur quelques semaines de mauvais résultats, surtout en ce moment. Car le gazon et le dur arrivent. Et, vous savez, il reste encore de nombreuses semaines pour bien faire. »