ROME, Italie - Un premier set convaincant, puis plus rien ou presque : pour son retour en compétition après deux mois d’absence, Novak Djokovic a connu vendredi un spectaculaire et inquiétant passage à vide qui lui a valu, contre le Croate Dino Prizmic, sa première défaite d’entrée (2-6, 6-2, 6-4) en dix-neuf participations au Masters 1000 de Rome.
À moins de trois semaines de Roland-Garros (24 mai-7 juin), « Djoko », 38 ans, est dans le plus grand flou.
En ralliant le Foro Italico où il s’est imposé à six reprises et où il est, en termes de popularité et d’encouragements, l’égal de Jannik Sinner aux yeux du public local, le Serbe pensait retrouver le circuit en douceur après sa blessure à l’épaule droite.
D’autant que le CV de son premier adversaire, 79e mondial, passé par les qualifications et battu en quatre sets lors de leur seule précédente confrontation au 1er tour de l’Open d’Australie 2024, n’avait rien d’effrayant.
Mais le 4e mondial, dont le dernier match remontait au 11 mars en 8e de finale du Masters 1000 d’Indian Wells (États-Unis), s’est complétement et spectaculairement éteint après une première manche qu’il a survolée et empochée en 40 minutes de jeu, où il a montré un niveau de jeu étonnant pour un joueur qui disputait seulement son troisième tournoi de l’année.
Cinq points en quatre jeux
Dans un deuxième set cataclysmique, il n’a marqué que cinq points dans les quatre premiers jeux et a dû repousser une balle de triple break, un camouflet rarissime dans sa carrière. Il est soudain apparu à la peine physiquement, au point de rester plié en deux après certains échanges.
S’il a repris quelques couleurs dans la manche décisive, il n’a pas réussi à renverser son adversaire qui a signé la plus belle victoire de sa carrière, « contre une légende », sur un as.
« Je ne pense pas que j’ai mal joué, c’était un beau combat, mais je vois ce qu’il m’a manqué, j’étais en retard d’un demi-pas à chaque fois, je ne suis pas au niveau où j’aimerais être pour performer au plus haut niveau », a analysé Djokovic en conférence de presse.
Est-ce la faute à son épaule? Etait-il souffrant comme l’ont suggéré les médicaments que lui ont fait parvenir son camp à un changement de côté?
« J’espère que vous comprendrez mais je ne vais pas parler ce ça, je veux féliciter Dino qui a mérité sa victoire », a-t-il balayé.
« Je suis venu ici pour jouer un match ou plus, mais cela sera malheureusement seulement un match. C’est comme ça, je suis satisfait au moins de m’être battu jusqu’au bout », a insisté « Nole ».
Comme il l’a reconnu rapidement, cette défaite « n’est pas la préparation idéale pour Roland-Garros » où il tentera de remporter le 25e titre du Grand Chelem qu’il convoite depuis 2024.
« Nouvelle réalité »
« Je ne me souviens pas, ces dernières années, d’avoir eu une préparation où je n’avais aucune sorte de problème physique ou de souci de santé en arrivant dans un tournoi. Il y a toujours quelque chose », a-t-il constaté.
« C’est en quelque sorte ma nouvelle réalité avec laquelle je dois composer. Oui, c’est frustrant. En même temps, c’est ma décision de continuer à jouer dans cet état et dans ces conditions. C’est comme ça », a conclu le Serbe qui n’a pas prévu de disputer un autre tournoi avant de rallier Paris.
« Novak jouait à un niveau incroyable dans le premier set, mais son niveau a baissé en fin de cette manche et quand j’ai mené ensuite 2-0, je me suis dit que je pouvais faire quelque chose », a de son côté réagi son vainqueur qui s’est offert à 20 ans son deuxième joueur du Top 10 en trois tentatives.
Prizmic sera opposé au prochain tour au Français Ugo Humbert (33e) qui a balayé le Tchèque Vit Kopriva (55e) 6-3, 6-2.
Un autre joueur du top 10, l’Australien Alex De Minaur (8e) a mordu la poussière d’entrée sous les coups de l’Italien Matteo Arnaldi, 106e mondial et bénéficiaire d’une invitation (4-6, 7-6 (7/5), 6-4).





