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Lia-Monica Fontaine : tout sauf une étoile filante

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Lia-Monica Fontaine

Médaillée d’argent à la table de saut des Championnat du monde de gymnastique artistique présentés l’automne dernier, Lia-Monica Fontaine a confirmé qu’elle était l’un des plus beaux espoirs de la scène gymnique internationale. La fin de semaine dernière, la Québécoise a pris part à la première Coupe du monde de sa carrière et a été médaillée d’argent à la table de saut et au sol à la compétition présentée à Osijek, en Croatie.

Une autre preuve que son résultat aux derniers mondiaux n’était pas qu’un heureux accident, les écarts qui la séparaient de l’or à ces deux appareils étaient minimes. À la table de saut, l’athlète originaire de Valleyfield a obtenu 13,983 points pour finir derrière l’Allemande Karina Schoenmaier (14,000). Au sol, elle a récolté 13,100 points au concours remporté par la Française Elena Colas (13,133).

En entrevue depuis l’Europe lundi avant son retour au pays, l’athlète de 16 ans était évidemment contente, mais elle n’exultait pas pour autant.

« Je m’attendais à bien performer, mais avoir deux médailles, c’était quand même surprenant pour moi. Mais oui, je suis contente ! Je suis fière que ce soit ma première Coupe du monde et que je me sois adaptée à ces compétitions qui sont différentes de celles que je fais au Canada. [...] J’ai appris de ça et c’était une bonne expérience. »

L’athlète fait référence au fait que les compétitions internationales se déroulent sur un plus grand nombre de jours et que les moments d’attente entre les passages aux différents appareils sont plus longs. La gestion de l’échauffement et de la concentration devient donc plus difficile à maîtriser comme l’a détaillé son entraîneur Claude Pelletier.

« Ça amène un niveau de stress et être capable de performer sur demande dans cet environnement-là. Je pense que c’est vraiment ça qui a été exigeant. Lia-Monica a démontré comment elle avait été capable de s’adapter et ça, c’est une grande qualité. »

À la bonne vitesse

Quand on demande à l’athlète du club Wimgym si les choses se précipitent pour elle sur la scène internationale depuis les derniers mois, elle répond d’un ton calme.

« Je ne pense pas que ça va trop vite parce que même quand j’étais junior, j’ai bien performé, ça s’est bien passé et c’était quand même vite. Je fais la même chose que lorsque j’étais junior, donc je pense que ça va quand même bien et ça peut s’améliorer. »

En réponse à cette même question, l’entraîneur Pelletier abonde dans le même sens que l’athlète qu’il dirige depuis six ans.

« Depuis qu’elle est toute petite, on a toujours été dans un rythme de travail et d’acquisition (de compétences) qui faisait en sorte qu’elle était en mesure de s’adapter à chaque situation. C’est certain qu’en se présentant à sa première Coupe du monde, on ne peut pas dire que nous avons eu une surprise de ses deux médailles. Selon ce qu’elle faisait (à l’entraînement), on savait qu’elle pouvait se classer dans les premières. Mais encore là, c’est d’avoir cette maturité-là et ce calme-là pour performer, ça, je pense que Lia-Monica l’a quand même beaucoup. On a une belle vitesse de croisière présentement. Des fois, il y a un petit peu de vagues dans nos aventures, mais ça va à la vitesse qu’on espère. »

Un autre qui n’a pas été surpris de ces deux médailles, c’est Patrick Beauchamp, directeur des programmes chez Gymnastique Québec.

« On savait qu’elle pouvait se démarquer au sol. Maintenant, on le voit. [...] C’est rare d’arriver à un niveau de maturité à l’âge minimum de participation. C’est ce qu’il y a de fascinant chez Lia-Monica : elle est fonceuse et techniquement, elle apprend très vite. »

Reconnue pour être une gymnaste puissante, Lia-Monica Fontaine a peaufiné la facette artistique de ses prestations au cours des derniers mois, ce qui lui permettra éventuellement de devenir une prétendante au podium du concours complet alors que l’on approche de la mi-parcours du cycle olympique vers les Jeux de Los Angeles.

La Québécoise sera une des têtes d’affiche des Championnats canadiens présentés à Oshawa, en Ontario, à la fin mai. Viendront ensuite les Championnats panaméricains au Brésil, à la mi-juin, qui serviront aussi de sélection pour une place aux Championnats du monde de l’automne prochain, première étape du processus de qualification pour les Jeux de 2028, qui figurent au sommet de la liste des objectifs de l’adolescente.

« Je pense que je suis une personne vraiment confiante. Je sais ce que je veux, mais surtout, d’aller aux Championnats du monde et de gagner une médaille, ça m’a donné beaucoup plus de confiance. »