MONTRÉAL – Louis-Philippe Gauthier n’est pas du genre à dévier de ses plans pour s’abreuver des acclamations soulignant ses réussites.
Il est davantage du genre à connaître son potentiel et ne pas se laisser déranger par ce qui n’aide pas à la poursuite de ses objectifs.
Mais quand on lui demande s’il a fait tout le nécessaire pour convaincre les équipes de la LCF de le sélectionner au repêchage à la fin du mois, Gauthier ne se défile pas. Il sait pertinemment qu’il a offert de grandes performances dans un moment clé de sa carrière.
Il a décoré son C.V. dans les derniers mois avec une nomination sur l’équipe défensive de l’année du RSEQ, quatre interceptions en quatre matchs éliminatoires, un titre de Joueur défensif par excellence de la Coupe Vanier, une conquête du championnat national et le temps le plus rapide de l’épreuve du 40 verges à la Séance d’évaluation de la LCF la fin de semaine dernière.
« Je pense que j’ai mis toutes les chances de mon côté. Une séquence de quatre interceptions, même moi je ne pouvais pas imaginer quelque chose de mieux. La cerise sur le sundae, c’est le 40 verges. Je suis très content de ma performance », a raconté Gauthier dans une entrevue avec le RDS.ca.
Cette belle impression à la Séance d’évaluation a été le point culminant d’une longue saison-morte pour le demi de coin.
Quatre mois ont passé depuis que Gauthier et les Carabins de l’Université de Montréal ont soulevé la Coupe Vanier. Quatre mois de préparation physique et mentale pour s’assurer de laisser une belle carte de visite avant le repêchage.
« La préparation pour le Combine est quand même longue, c’est quelque chose d’assez anxiogène parce que c’est tard dans le processus de la saison-morte. On se prépare, mais il y a beaucoup de danger de blessure si on en fait trop. À la fin de la journée, c’est très mental. Mon corps est prêt, mais il faut être prêt à performer pour faire les épreuves. »
Un court entretien avec Gauthier suffit pour cerner l’importance qu’il accorde à l’aspect mental dans sa carrière. Les séances de vidéos font partie de son quotidien et sont sans doute un élément qui explique sa réussite.
Compétiteur dans l’âme, Gauthier est aussi alimenté par quelque chose d’encore plus fort qu’une bonne préparation. Il est le type de joueur qui s’alimente par un état d’esprit puissant.
« L’adversité m’aide beaucoup. Je fais beaucoup de film pendant la semaine de préparation et je vis souvent certains jeux où je sais qu’il y a une opportunité de faire un gros jeu. Il y a un peu de haine aussi. Contre (le Rouge et Or de l’Université) Laval, on ne se le cachera pas, il y a une grosse rivalité et je m’alimente de ça. Avec les autres équipes, j’essaie souvent de trouver un petit quelque chose que je n’aime pas de cette équipe ou d‘un joueur pour me motiver encore plus », concède-t-il.
« Sur le terrain, je ne craque pas sous la pression et j’aime les gros moments. »
Une route atypique vers les professionnels
De son propre aveu, Gauthier n’a pas le parcours le plus typique qui soit.
Son aventure dans le football s’est amorcée plus tard que le joueur de football moyen, à 16 ans, et il a traversé une grande période d’adversité avec le décès de sa mère.
Contre vents et marées, Gauthier a toujours continué d’avancer vers son objectif d’atteindre les rangs professionnels, tout en redonnant le plus possible à la communauté.
« Je pense que j’ai essayé de montrer l’exemple, j’ai fait quelques rencontres dans les écoles pour leur parler de la persévérance scolaire. Dans ma tête, si le football fonctionne, l’école doit fonctionner aussi. Ce sont deux aspects que j’essaie de montrer aux plus jeunes, de leur montrer que même si ça va mal, on peut toujours continuer parce qu’il n’est jamais vraiment trop tard », confie Gauthier.
« On ne valorise pas assez souvent le football au Québec, même si la Coupe Vanier est demeurée au Québec les quatre dernières années. Avec le début de l’exode des joueurs canadiens et québécois vers les États-Unis, c’est important de montrer qu’on peut avoir du talent universitaire au Québec, parce que ce sera un enjeu éventuellement. »
Et si c’était à Montréal qu’il faisait rayonner le football québécois à travers la Ligue canadienne de football?
« Ça pourrait être un sentiment vraiment spécial. Je suis allé à l’université à Montréal et c’est une ville que je porte dans mon cœur. Je viens de l’est de Montréal, à Pointe-aux-Trembles, où le football n’a pas été une grande pépinière. Ça se joue davantage dans l’ouest. C’est un aspect important pour montrer qu’il y a des gars d’ici qui sont capables de performer à ce niveau. C’est une belle ville que j’adore de tout mon cœur. »
« C’est certain que je suis prêt à avoir le spotlight sur moi comme Québécois dans la LCF, peu importe où. »
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