Canadiens
Canadiens de MontréalOpens in new window

Le Canadien s’est bel et bien relevé

Publié le 

MONTRÉAL - Le 19 mars dernier, à Detroit, après un match que son équipe venait d’échapper aux mains des Red Wings, après une troisième défaite à ses quatre derniers matchs, Martin St-Louis, un brin débiné, avait lancé que lui et ses joueurs n’avaient qu’une chose à faire.

« Cette «game» là fait mal, mais on va se relever. C’est tout! »

Le Canadien s’est effectivement relevé en battant les Islanders de New York (7-3) pour amorcer une séquence de cinq victoires de suite.

Bon! Le Tricolore n’a pas été parfait au fil de ces cinq gains consécutifs. Plusieurs lanceront qu’il ne méritait pas nécessairement toutes ces victoires tant il n’a pas toujours été la meilleure des deux équipes sur la patinoire, l’équipe qui a le mieux joué, mais il a signé cinq victoires quand même.

Et à ce stade-ci de la saison, gagner c’est tout ce qui compte.

La preuve : malgré ces cinq gains, peut-être pas tous mérités, mais cinq gains quand même, le Canadien est toujours plus près d’une relégation au sein des clubs repêchés que du deuxième rang dans la division atlantique.

Cela dit, le fait d’avoir enfilé cinq gains en temps réglementaire permet aujourd’hui au Tricolore de rivaliser avec les Bruins en cas d’égalité une fois la saison terminée.

Le Canadien a maintenant 30 victoires à la régulière. Le même nombre que les Bruins dans le cadre de ce premier critère de départage. Il affiche aussi 40 gains en temps réglementaire et prolongation. Deux de plus que Boston dans ce deuxième critère de départage.

Vous me direz qu’avec encore neuf matchs à disputer – dont cinq contre des équipes qui seront écartés des séries (les Devils, les Rangers, les Panthers et les Flyers) – qu’il est trop tôt pour accorder de l’importance aux critères de départage en matière d’égalité une fois la saison terminée. C’est peut-être vrai. Mais avouez que ce serait malgré tout à l’image de la saison complètement folle en matière de parité que la LNH a connue cette année.

La qualité avant la quantité

La victoire arrachée aux Hurricanes, en Caroline, dimanche, entre dans la catégorie des vols. Comme la victoire aux dépens de ces mêmes Hurricanes lorsqu’ils ont fait escale au Centre Bell mardi dernier.

Tenez : lorsque Zachary Bolduc a obtenu le premier tir du Canadien, avec un peu plus de huit minutes à faire en première période, les Hurricanes menaient non seulement 1-0, mais avait déjà dix tirs cadrés sur la cage défendue par Jakub Dobes.

Les 27 tirs décochés contre cinq seulement par le Tricolore illustraient avec bien plus de justesse leur domination aux dépens du Canadien que le score les favorisant par un petit but.

Pour dire vrai, les petits gars de Martin St-Louis donnaient l’impression d’être résignés à en perdre une.

Ils ne jouaient pas vraiment mal. Ça non! Mais ils étaient incapables de composer avec le rythme imposé par les « Canes » dans les trois zones et dans toutes les facettes du jeu.

Il n’y avait rien de honteux dans ça. Rien de rien!

Après quatre victoires consécutives, après avoir haché finement les Predators, à Nashville, la veille, dans le cadre d’un deuxième match en moins de 24 heures, le Canadien pouvait bien en perdre une sans que le Centre Bell soit pris d’assaut par des partisans en colère.

Surtout que fouettés par leur entraîneur-chef Rod Brind’Amour et motivés par l’odeur d’une douce revanche, les Hurricanes semblaient vraiment partis pour faire oublier le revers de 5-2 encaissé au Centre Bell, mardi dernier.

Pourtant : le Canadien a gagné!

Malgré les 100 tirs décochés par les « Canes ». Malgré les 35 qui ont atteint la cible.

Pourquoi? Comment?

« Nous favorisons la qualité plus que la quantité », que Nick Suzuki a expliqué à Pierre Houde et Marc Denis après la victoire de 3-1.

Une victoire à laquelle le capitaine a grandement contribué en marquant deux fois en plus d’ajouter une passe.

Une victoire à laquelle Suzuki a aussi contribué en bloquant un tir en toute fin de rencontre alors que Frederik Andersen avait été rappelé au banc à la faveur d’un sixième attaquant.

C’était le premier tir bloqué par Suzuki dans cette rencontre, mais le 32e par les joueurs du Canadien. C’est deux «arrêts» de moins par les joueurs du Tricolore que les 34 effectués par Jakub Dobes qui a excellé une fois encore pour signer sa 25e victoire (25-8-4) de la saison.

« Les Hurricanes tirent de partout, c’est leur façon de jouer » que Martin St-Louis a plaidé afin de relativiser la domination des « Canes » (100-42) en matière de tirs décochés au fil du match.

Mais quand même! Pour tirer 100 fois, il faut avoir eu la rondelle pas mal plus souvent en zone ennemie que l’adversaire.

Et pour n’accorder qu’un but sur 100 tirs tentés, il faut avoir compté sur un gardien en pleine possession de ses moyens. Il fait aussi avoir compté sur l’abnégation de tous les joueurs de l’équipe pour bloquer des rondelles afin d’aider la cause de son gardien… aussi bon soit-il.

« Dobes nous donne du gros hockey » Commentaires d'après-match de Martin St-Louis à l'issue de la victoire des Canadiens face aux Hurricanes.

Les premiers depuis Lafleur et Larouche

Il faut aussi marquer des buts. Bien sûr. Plus de buts que l’adversaire.

Ce que Suzuki et Cole Caufield ont su faire une fois encore. Avec leur talent, Suzuki, Caufield et leurs coéquipiers n’ont pas besoin de mitrailler le filet adverse pour marquer. Pour faire la différence dans un match. Ils n’ont qu’à orchestrer de belles poussées en zone ennemie, qu’à s’offrir quelques bonnes occasions de marquer pour y arriver.

Le match de dimanche en a fait la preuve par 100!

Et c’est pour ça que Suzuki, que Caufield, que Lane Hutson également, sont en voie de réécrire certains chapitres du livre d’histoire du Canadien. Du livre d’histoire de la LNH.

Les deux buts et la passe récoltée en prime ont permis à Nick Suzuki de fracasser le plafond des 90 points (26 buts, 65 passes pour 91 points) pour la première fois de sa carrière. De s’approcher à neuf petits points du plateau des 100 cette saison.

Si la tendance se maintient, le capitaine deviendra le premier joueur du Tricolore à atteindre les 100 points depuis Mats Naslund qui en a récolté 110 en 1985-1986.

Parlant de tendance, Cole Caufield a marqué un 46e but. Le plateau des 50 buts est plus que jamais à sa portée tant il semble transporté par les Dieux du hockey.

Non seulement pourrait-il devenir le premier joueur du Canadien à atteindre et pourquoi pas à fracasser le plateau des 50 buts depuis Stéphane Richer (51 buts) en 1989-1980, mais Caufield est au plus fort de la course pour soulever le trophée Maurice Richard. Nathan MacKinnon mène cette course avec 48 buts.

En passant, Nathan MacKinnon domine l’Avalanche avec cinq buts enfilés dans des cages désertes jusqu’ici cette saison.

Cole Caufield n’en a pas un seul.

Martin St-Louis est plus préoccupé par l’importance d’empêcher l’adversaire de marquer à six contre cinq qu’à mousser les statistiques offensives de Caufield. C’est tout à fait normal.

Mais avec un petit coup de pouce du coach, Caufield pourrait devancer MacKinnon dans la course au trophée Maurice Richard. Ça vous donne une idée de la saison que le petit Cole connaît. Et comme Caufield n’est plus la passoire défensive qu’il a déjà été et que le Canadien n’a pas brillé cette année en se défendant à cinq contre six, peut-être que faire appel à Caufield dans ces situations ne serait pas une si périlleuse idée finalement…

Tant qu’à flirter avec les notes historiques, Nick Suzuki et son principal complice pourraient devenir le premier duo du Canadien à afficher 50 buts et 100 points depuis Guy Lafleur (50 buts, 123 points) et Pierre Larouche (50 buts, 91 points) en 1979-1980.

Ça fait 46 ans si je sais bien compter!

Tout ça est bien beau. Mais il faut aussi, il faut surtout, il faut d’abord et avant tout accéder aux séries.