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Gabriel D’Aigle a remonté la pente notamment grâce à Mike Condon

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MONTRÉAL – En 2022, Gabriel D’Aigle était perçu comme le plus bel espoir, depuis 20 ans, parmi les gardiens québécois. La suite a été ardue, mais sa résilience a mené à la signature de son premier contrat professionnel.

Le gardien de six pieds quatre pouces avait connu un départ si éclatant, à sa saison recrue dans la LHJMQ, que les recruteurs de la LNH salivaient à l’idée de le repêcher en 2025 et il était considéré comme le dauphin à Marc-André Fleury.

Mais D’Aigle a plutôt vécu des embûches à ses deux saisons suivantes le faisant dégringoler sur les listes de sélection. À un point tel que le cerbère originaire de Sorel a même cru qu’il pourrait être ignoré au repêchage à l’été 2025.

Les Penguins de Pittsburgh l’ont plutôt agréablement surpris en le sélectionnant dès la troisième ronde et ils lui ont consenti, la semaine dernière, son premier contrat professionnel.

« C’est une belle étape, un bon tremplin pour devenir professionnel. Ça fait juste démontrer que je peux être prêt à jouer (dans la Ligue américaine) la saison prochaine », a exposé D’Aigle, enchanté par ce jalon positif.

À travers la jungle de nouvelles qui constituent notre quotidien, la signature d’un premier contrat professionnel ne défraie pas les manchettes longtemps. Cependant, dans le cas de D’Aigle, ce n’est pas banal.

« C’est sûr, j’ai vu beaucoup de hauts et de bas. Ma deuxième année junior a été vraiment tough et la troisième aussi. Mais connaître des hauts et des bas, ça m’a juste rendu un peu plus fort pour la suite. Je vais mieux savoir comment gérer ça si ça se reproduit », a commenté le gardien de 19 ans.

« (Ce contrat) C’est un poids en moins sur mes épaules. C’est moins de pression de savoir où je jouerai pour les trois prochaines années », a ajouté D’Aigle.

Cette saison, avec les Tigres de Victoriaville, D’Aigle a affiché un taux d’efficacité supérieur à ,900 (,908 pour être précis) pour la première fois dans la LHJMQ.

Mais D’Aigle a eu besoin de l’intervention d’un ancien du Canadien de Montréal, Mike Condon, pour relancer sa campagne. Car, durant huit de ses neuf premiers départs, il avait alloué quatre buts ou plus.

« Il est devenu préparateur mental et j’ai travaillé fort avec lui. On a trouvé un moyen de replacé mon jeu et j’ai aussi à éprouver plus de plaisir, ça m’a vraiment aidé », a expliqué le Québécois.

L’idée de solliciter Condon est venue de Marco Raimondo, l’entraîneur des gardiens des Tigres.

« Il est vraiment bon, on se parle chaque semaine depuis novembre. Il a vraiment de belles réflexions. Ça fait du bien d’avoir une voix de l’extérieur qui voit les choses différemment », a décrit le gardien repêché au 84e rang par les Penguins.

L’an dernier, D’Aigle avait bénéficié du support d’une psychologue sportive.

« Cette saison, je pensais que j’aurais été correct, mais finalement j’en avais besoin », a-t-il admis.

« D’Aigle et Fleury ne trichent jamais »

Depuis l’âge de sept ans, D’Aigle est encadré par Stéphane Ménard, le spécialiste des gardiens qui a chapeauté le développement de Fleury.

Ménard a toujours été charmé par son ardeur au travail.

« Gab pourrait passer un message à tous les gardiens du Québec : prenez exemple sur lui. Si tu veux réussir quelque chose dans la vie, ça ne prend pas que du talent. »

—  Stéphane Ménard

Quant aux creux qui ont ponctué son chemin, « c’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Quand c’est trop facile, tu ne peux pas atteindre un haut niveau. J’en rencontre beaucoup des gardiens de talent, mais plusieurs trichent quand ils sont un peu plus vieux. Gab et Marc-André, ils ne trichent jamais. »

D’ailleurs, Ménard s’appuie sur ce dévouement à l’entraînement pour conclure que D’Aigle se frayera un chemin jusque dans la LNH.

« C’est sûr qu’il va réussir s’il garde le même état d’esprit. Pour n’importe qui, si tu triches dans ton travail, ça se passera moins bien. Pour lui aussi, c’est rendu un boulot », a noté le dynamique entraîneur.

On y songe moins souvent, mais le salaire qui accompagne le contrat professionnel est bienvenu pour les parents des joueurs.

« Ses parents l’ont énormément encouragé, ils ont fait beaucoup pour lui. Maintenant, il aura l’esprit plus libre, c’est un soulagement parce que ça exige beaucoup de sous pour les entraînements », a indiqué Ménard en ajoutant que c’est parfois plus facile de progresser en étant entouré de joueurs professionnels.

Avec les sources de motivation de son repêchage, sa saison actuelle et son contrat, D’Aigle croit qu’il atteindra la destination de la LNH.

« Oui, dans ma tête, j’ai des chances de m’y établir, c’est sûr. Si je peux corriger mes plus gros défauts, je serai capable », a mentionné D’Aigle.

En attendant d’entamer sa route professionnelle la saison prochaine, D’Aigle et les Tigres auront un immense défi en première ronde des séries face à l’Armada de Blainville-Boisbriand. Heureusement, D’Aigle est rétabli de sa blessure qui l’a limité à un match depuis le 22 février.