BOSTON — Le rendez-vous de samedi entre la Victoire de Montréal et le Fleet de Boston recelait deux enjeux: un à très court terme et collectif, et l'autre, à connotation plutôt individuelle et dont le dénouement devrait être connu dans environ deux mois. Dans les deux cas, les partisans de la formation montréalaise auront peut-être autant d'occasions de se réjouir.
Lina Ljungblom a marqué son quatrième but de la saison tôt en troisième période, et ce fut suffisant pour procurer à la Victoire un crucial gain de 1-0 devant une salle comble de 17 850 spectateurs pour le tout premier match de la Ligue professionnelle de hockey féminin au TD Garden, le domicile habituel des Bruins de Boston.
Ljungblom a déjoué Aerin Frankel d'un bon tir des poignets dans la partie supérieure gauche, après une belle manoeuvre de Laura Stacey, qui a récolté un point dans un cinquième match d'affilée.
À l'autre extrémité de la patinoire, Ann-Renée Desbiens a stoppé les 20 tirs du Fleet et inscrit son septième blanchissage de la saison.
Elle a réalisé son meilleur arrêt du match contre Abby Newhook, stoppant de sa mitaine un tir de l'enclave avec un peu plus d'une minute à écouler au temps réglementaire alors que Frankel avait été retirée au profit d'une sixième patineuse, avec un peu moins de trois minutes à jouer.
Frankel a terminé la rencontre avec 18 arrêts.
«C’était vraiment un match de séries. On le sentait. Et je pense que plus on vit des moments comme celui-là, plus ça prouve que dans les grands moments, tout le monde peut contribuer, tout le monde peut jouer un rôle», a déclaré l'entraîneuse-chef Kori Cheverie.
«J’étais vraiment fière de nos joueuses. Elles ont tenu le coup pendant près de trois minutes. Jouer à 5 contre 6 pendant trois minutes, c’était énorme pour nous. Et plus on vit ces situations, plus ça devient bénéfique», a ajouté Cheverie.
C'était la première fois cette saison que la Victoire prenait la mesure du Fleet.
La formation montréalaise avait été blanchie 2-0 lors du match inaugural des deux équipes en novembre, au Tsongas Center.
Puis, le 15 mars dernier à la Place Bell, le Fleet avait effacé un déficit de 0-3 en troisième période avant de l'emporter en prolongation, 4-3.
Par ailleurs, la Victoire (16-4-2-5 - 58 points) a inscrit un sixième gain d'affilée et récolté un point au classement dans un 15e match de suite (11-2-2), un record de la ligue.
La formation montréalaise a aussi stoppé à cinq la série de triomphes du Fleet et est devenue la première équipe dans l'histoire de la LPHF à atteindre le plateau des 20 victoires lors d'une même saison. Il y a un an, la Victoire avait gagné 19 matchs.
Enfin et surtout, ce gain de la Victoire en temps réglementaire lui a permis de hausser à quatre points son avance sur le Fleet (14-5-2-5) au premier rang du classement de la LPHF.
Or, même si le Fleet a un match en banque, la Victoire est assurée d'être au premier rang lors du duel retour entre les deux formations, vendredi soir prochain à la Place Bell.
Entre-temps, mercredi, le Fleet accueillera le Frost du Minnesota dans un duel qui permettra aux deux équipes de reprendre le match en main qu'elles ont sur la Victoire.
L'autre enjeu, c'est la course au Trophée Billie-Jean-King remis à la joueuse jugée la plus utile à son équipe.
Grâce à leurs spectaculaires statistiques, Desbiens (17-4-2 - 1,08 - ,956 - 7 JB) et Frankel (17-4-2 - 1,16 - ,954 - 7 JB) ont une longueur d'avance sur toutes les autres joueuses du circuit pour succéder à Marie-Philip Poulin.
Et Desbiens s'est peut-être un peu détachée de Frankel, samedi soir.
Rapidité et intensité
Les joueuses du Fleet et le personnel d'instructeurs de l'équipe avaient peut-être lu et/ou entendu parler des récents débuts de matchs — peu convaincants — de la Victoire. Ça pourrait expliquer la pression soutenue que les joueuses de l'entraîneur-chef Kris Sparre ont décidé d'appliquer sur leurs adversaires dès les premiers instants du match.
Pour le Fleet, il en a résulté plusieurs bonnes mises en échec — le Fleet a d'ailleurs dominé 13-6 à ce chapitre pendant les 20 premières minutes de jeu — mais aucun tir véritablement dangereux sur Desbiens, malgré deux avantages numériques en milieu de période.
En fait, la Victoire a bien terminé le premier vingt, décochant quatre tirs sur Frankel au fil des quatre dernières minutes de l'engagement.
Cette bonne fin de période de la Victoire a eu des suites au deuxième vingt. Sans dire que les joueuses de Kori Cheverie ont dominé le jeu, on les a vues plus souvent en territoire adverse au point de limiter le Fleet à seulement cinq lancers en deuxième période alors qu'elles en ont dirigé neuf sur Frankel.
Un 10e tir, venu de Stacey avec un peu plus de sept minutes à jouer à la période médiane, avait battu Frankel, qui a toutefois été sauvée par sa barre horizontale.
La Victoire a amorcé la troisième période en désavantage numérique à la suite d'une punition pour trop de joueuses sur la patinoire appelée en fin de période médiane, puis durant la quatrième minute de jeu quand Stacey a été prise en défaut pour avoir fait trébucher.
La formation montréalaise a non seulement écoulé ces deux infériorités numériques avec succès, la deuxième a mené au seul but du match.
À sa sortie du banc des punitions, Stacey est restée sur la patinoire et a récupéré près de la ligne centrale une passe lobée de Nicole Gosling.
Stacey a pu se présenter en territoire rival appuyée, à sa droite, par Ljungblom. Une brève hésitation de Stacey devant la défenseuse Riley Brengman a permis à l'attaquante de dégager Ljungblom qui, de l'enclave, a battu Frankel d'un bon tir des poignets à 5:52.
La Presse Canadienne






