BROSSARD — Mercredi après-midi, les pensées de l’entraîneuse-chef Kori Cheverie et de ses joueuses de la Victoire de Montréal étaient tournées vers le duel qui aura lieu vendredi contre le Fleet de Boston à la Place Bell. Toutefois, on pouvait encore percevoir dans l’environnement de l’équipe que les trois points acquis contre le même club samedi soir dernier avaient fait beaucoup de bien.
Après deux défaites en autant de sorties cette saison contre le Fleet, dont une douloureuse à Laval à la mi-mars, la formation montréalaise a pu savourer un important gain de 1-0 dans un match joué devant près de 18 000 spectateurs au TD Garden.
Dans un premier temps, ce triomphe a fait du bien pour la raison qui est sans doute la plus évidente : il procurait à la formation montréalaise un coussin de quatre points sur le Fleet au premier rang du classement.
Aussi, il permettait de faire oublier — si un tel exercice est possible — le revers crève-coeur de 4-3 du 15 mars dernier à la Place Bell lorsque la Victoire a laissé filer une avance de 3-0 en troisième période avant de s’incliner en prolongation.
« J’avais encore … comment dire… une petite épine dans le pied depuis la dernière fois qu’on les a affrontées chez nous », a admis l’attaquante Hayley Scamurra après la séance d’entraînement de mercredi, tenue exceptionnellement à Brossard.
« Et donc j’avais vraiment envie de rectifier ça, surtout pour nos partisans et pour tout le soutien qu’ils nous ont apporté. On voulait vraiment leur offrir un beau match et aller chercher la victoire à Boston », a-t-elle ajouté.
Mais au-delà du résultat final, c’est la manière. Un mot que l’on pourrait changer par « processus », que l’on entend si souvent aujourd’hui dans les cercles du hockey.
Visiblement gonflées à bloc par l’imposante foule dans ce qui est habituellement, le château-fort des Bruins de Boston, les joueuses du Fleet ont amorcé le match de samedi avec autorité et énergie, et ont généreusement distribué les mises en échec, au point d’en totaliser 13 après les 20 premières minutes de jeu.
Mais les joueuses de la Victoire ont montré du caractère et graduellement, on les a vues plus à l’aise sur la glace.
« J’ai l’impression qu’en deuxième période, nous avons trouvé notre rythme un peu plus », a analysé Scamurra. Même en première période, je trouvais qu’on avait fait un bon match, mais on leur a mis un peu plus de pression au deuxième vingt. On a remarqué leur jeu robuste et on ne s’est pas laissées déstabiliser. On allait davantage vers elles et on a fait ça pendant le reste du match. »
Comme l’a fait remarquer Shiann Darkangelo mercredi, les deux formations ont été limitées à 20 tirs et les occasions de marquer n’ont pas été très nombreuses au fil d’un match où les espaces pour manœuvrer étaient restreints.
« Il fallait s’accrocher et faire preuve de cette résilience pour revenir à chaque période, en sachant que, qu’il s’agisse d’un rebond ou d’autre chose, il fallait persévérer et que nous allions finir par envoyer la rondelle au fond de leur filet. Et c’est exactement ce qui s’est passé », a souligné l’attaquante de la Victoire, en faisant allusion au but de Lina Ljungblom en deuxième période.
Si, de son côté, Cheverie avait de bonnes choses à dire de la prestation de ses joueuses immédiatement après le match, l’exercice habituel de revoir la rencontre par le truchement de la vidéo lui a permis de déceler des détails qu’elle a appréciés.
« Ce qui m’a vraiment plu, c’est qu’on ne leur a pas laissé beaucoup d’occasions. En cours de match, la possession de la rondelle peut parfois sembler un peu plus dangereuse qu’elle ne l’est en réalité. On a eu plein d’exemples où on les a cantonnées en périphérie en ne les laissant pas pénétrer dans les zones dangereuses », a mentionné Cheverie.
« C’était un match serré des deux côtés. J’étais contente de notre infériorité numérique, de notre jeu à cinq contre six (en fin de rencontre). Et puis, je pouvais voir la frustration chez les joueuses de Boston. Quand j’ai revu (le match), je l’ai remarqué. Les choses n’allaient pas comme elles le voulaient. Et je l’ai vu dans leur langage corporel. Et donc c’était bon à voir. »
Ce n’est pas nécessairement fréquent, dans la LPHF, qu’un club en affronte un autre deux fois d’affilée. C’est ce qui attend la Victoire vendredi, mais pas le Fleet, qui a rendez-vous avec le Frost du Minnesota mercredi soir avant de se présenter à la Place Bell.
« C’est une bonne chose en termes de préparation », a indiqué Cheverie en parlant de ces deux matchs consécutifs.
« Nous savons à quoi nous attendre. Nous connaissons le niveau auquel nous devons jouer. Nous savons ce qui nous attend de l’autre côté, et maintenant, heureusement, c’est dans notre édifice. »
Le duel de vendredi sera le dernier de la Victoire à domicile en saison régulière. La formation montréalaise complétera son calendrier avec des matchs à Vancouver, mardi prochain, et à Seattle, le samedi 25 avril.
Pour cette ultime partie à la Place Bell avant le début des séries éliminatoires, il serait étonnant que les attaquantes Marie-Philip Poulin et Maureen Murphy effectuent un retour au jeu, même si elles ont patiné sur la glace du Complexe sportif CN pendant une trentaine de minutes avant l’entraînement officiel.
Pour l’instant, les noms de Poulin et de Murphy sont toujours inscrits sur la liste des blessées à long terme.






